3 questions à Jean-Claude Pitat, président de la FHP Guadeloupe

Un acteur de soins incontournable

Le secteur de l’hospitalisation privée est historiquement fort en Guadeloupe (60 % de l’activité) malgré une forte restructuration du secteur et la fermeture de quelques cliniques ces dernières années. Il assure 75 % de l’activité SSR de l’île et domine également au niveau chirurgical avec une offre de très haut niveau dans toutes les spécialités, ce qui permet de limiter à environ 15 % le taux de fuite des patients vers la métropole, pour les spécialités non disponibles localement. Globalement, le secteur privé a très vite intégré à son fonctionnement des modes de prise en charge alternatifs et complémentaires à l’hospitalisation, si bien que la prise en charge en ambulatoire et la HAD sont assurées en majorité par des acteurs du secteur privé (respectivement 70 et 73 %). Il est par ailleurs leader en cancérologie, chimiothérapie et radiothérapie, dans la prise en charge de l’obésité, de la gériatrie et des soins palliatifs, pour les spécialités de réadaptation fonctionnelle mais aussi et surtout en hémodialyse (93 %).

« Les problématiques que nous avons en Guadeloupe sont similaires à celles de métropole tout en étant spécifiques au fonctionnement d’entités parfois en concurrence sur un petit territoire. Nous subissons les réformes et sommes particulièrement inquiets de celles touchant le SSR. Le secteur privé guadeloupéen a toujours fait preuve d’une excellente souplesse et continuera à le faire à condition que l’hôpital public ne soit pas artificiellement favorisé au détriment des forces en place. La gestion hospitalo-centrée de notre gouvernement nous inquiète bien évidemment. D’autre part, les mouvements sociaux sont particulièrement marqués sur notre île et nous poussent, directeurs d’établissements de santé mais aussi décideurs politiques, à prendre des décisions qui vont au-delà de ce qui pourrait paraître approprié d’un point de vue économique. La FHP Guadeloupe, qui a été quelques temps sans présidence, a bien l’intention de se faire entendre et de défendre la place de l’hospitalisation privée du département. Je pense que globalement nous n’avons pas encore réellement pris conscience de la mesure de notre puissance locale », déclare le Dr Pitat.

Des projets dictés par la démographie

« Les besoins de prise en charge locaux conditionnent notre développement et notre capacité d’adaptation fera le reste. La Guadeloupe sera dans quelques années le département avec la population la plus vieillissante au niveau national et nous détenons également la palme pour notre taux d’obésité et pathologies associées. Donc nous allons orienter notre développement en conséquence. Cependant, un frein réel pour notre développement est le manque de médecins et la difficulté à recruter des spécialistes confirmés surtout en radiologie, oncologie et anesthésie. Nous nous orientons partiellement vers d’autres pays européens pour recruter, comme l’Espagne. Le recrutement des personnels infirmiers fut un problème mais ne l’est plus actuellement heureusement. Nous souhaitons continuer à proposer aux patients de l’île une offre large et de qualité, c’est notre motivation principale et nous ne faisons pas de compromis sur la qualité. »

La FHP région Guadeloupe en chiffres :

140 643 patients pris en charge / an
Plus de 26 000 passages dans l’unique service des urgences
1 accouchement sur 4
93 % des patients dialysés
75 % des Soins de Suite et de Réadaptation
73 % de l’activité de l’Hospitalisation à Domicile
70 % de la chirurgie ambulatoire
66 % du MCO
51 % des interventions chirurgicales
49 % de la chimiothérapie anti-cancéreuse
9 % des hospitalisations psychiatriques

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