Actus Santé du 13h du 11/12/2018

Médecin, une profession en tension

Le Conseil national de l’Ordre des médecins vient de publier l’Atlas 2018 de la démographie médicale et note des difficultés persistantes qui s’enracinent dans certains départements et une baisse continue du nombre de médecins en activité régulière.

Plusieurs enseignements peuvent en être tirés : les inégalités entre départements favorisés et défavorisés en termes de démographie médicale se creusent, les fragilités dans l’accès aux soins sont souvent cumulées à d’autres facteurs de fragilité territoriale. « Cela contribue à la remise en question du pacte républicain, dont la santé pour tous est un pilier », déclare le Dr Bouet, président du CNOM. « Notre système de santé exige une réforme en profondeur et cohérente. Cette réforme ne peut se contenter d’ajustements techniques. »

Le nombre de médecins inscrits au tableau de l’Ordre est en augmentation (217 107 au 1er janvier 2018, +2 % par rapport à 2017). Cependant le nombre de médecins en activité régulière est encore en légère baisse (-0,1 %), à 198 081. Depuis 2010, le nombre de médecins en activité régulière a diminué de 10 %.

Cette tendance à la baisse concerne en premier lieu les médecins généralistes. S’ils étaient 94 261 en activité régulière en 2010, ils ne sont plus que 87 801 en 2018, soit une baisse de 7,3 % depuis 2010 (0,4 % depuis 2017).

Les médecins ont par ailleurs une tendance de plus en plus affirmée à opter pour l’exercice salarié : c’est le mode d’exercice choisi par 47 % d’entre eux aujourd’hui, contre 42 % en 2010. La proportion de médecins libéraux a suivi le chemin inverse, passant de 47 % à 42 % sur la même période. L’exercice mixte reste stable, à 11 %.

Si l’exercice salarié est plébiscité par les primo-inscrits, puisque 83 % d’entre eux font ce choix et 16 % le choix du libéral, on note cependant une légère inflexion : en 2010, 88 % des primo-inscrits faisaient le choix du salariat, et 11 % celui du libéral.

L’âge moyen des actifs réguliers en 2018 est de 50,7 ans (moyenne borne basse : 47,5 ; borne haute : 54,7).

La féminisation du corps médical se poursuit : 11 départements ont une majorité de femmes parmi les médecins en activité régulière.

Soigner les soignants

Le quatrième colloque national de l’association SPS (Soins aux professionnels de santé) s’est déroulé le 5 décembre. L’occasion notamment de dévoiler les résultats d’une grande enquête menée auprès des professionnels de santé.

Temps fort du colloque, la présentation des résultats de l’enquêteréalisée par Odoxa pour la Mutuelle nationale des hospitaliers, auprès de plus de 6 000 professionnels médicaux et paramédicaux, dont 506 médecin spécialistes. Ce baromètre Carnet de santé indique que les professionnels de santé déposent deux fois moins de journées d’arrêt de travail que le reste de la population  générale (7,5 jours en moyenne, vs 14 jours). Concernant les médecins spécialistes, 34 % d’entre eux sont plutôt insatisfaits ou très insatisfaits de leur travail, 61 % n’ont pas de médecin référent, et 11 % consomment de l’alcool tous les jours ou presque (ces deux derniers résultats étant les plus élevés, toutes professions de santé confondues).

SPS rassemble un groupe d’experts souhaitant défendre la santé des professionnels de santé. Son objectif : proposer des actions concrètes pour optimiser le parcours des professionnels de santé en souffrance. SPS a donc élaboré un dispositif global qui englobe une plateforme d’écoute (0 805 23 23 36), l’accès facilité à des consultations spécialisées, des formations et des unités d’hospitalisation dédiées pour une prise en charge intensive.

Le colloque avait pour thème « Prendre soin des professionnels de santé et prévenir leur vulnérabilisation – De l’observation à l’action ». Plusieurs actions de prévention soutenues par la région Île-de-France ont été présentées, dont les ateliers organisés le 5 octobre portant notamment sur les techniques de gestion du stress et l’hygiène de vie. À cette occasion, Valérie Pécresse a rappelé l’enjeu pour un territoire de prendre soin de ses soignants, en leur procurant par exemple des logements proches de leur lieu d’exercice.

Parmi les participants figuraient de nombreux représentants des étudiants. Les présidents de l’Isni, l’Isnar-IMG, l’ANEMF et l’UNECD se sont exprimés sur les fortes attentes des futurs professionnels de santé et les actions en cours. SPS met d’ores et déjà ses outils à leur disposition.

La Clinique Le Gouz, 1er  établissement dédié à la prise en charge psychiatrique des professionnels de santé, a ouvert ses portes le 15 octobre. La clinique privilégie l’éloignement géographique et le respect de l’anonymat. Toutes les pathologies relevant de la souffrance psychique sont traitées – en hospitalisation à temps plein ou à temps partiel de jour – dont quatre situations particulièrement fréquentes : l’épuisement professionnel, la prévention de la crise suicidaire, les addictions et les troubles de l’humeur.

SantéCité renouvelle sa présidence

Stéphan de Butler d’Ormond est élu président de SantéCité, Groupe coopératif national de 133 cliniques indépendantes. Il est accompagné d’un comité de direction paritaire de 6 membres.

Stéphan de Butler d’Ormond prend ainsi la suite de Dominique Pon, nommé collaborateur de Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, en qualité de responsable stratégique de la transformation numérique en santé. Le comité de direction est composé de médecins, de dirigeants et de directeurs pour porter les ambitions des établissements coopérateurs de SantéCité : Charles-Antoine Benhamou (Hôpital Privé Nord Parisien – Sarcelles), Dr Jean Canarelli (Groupe Clinisud – Cliniques d’Ajaccio), Claire Grenouillet (Clinique Saint-Exupéry – Toulouse), Béatrice Le Goupil (Polyclinique du Cotentin – Cherbourg), Dr Thierry Morvan (Polyclinique Côte Basque Sud – St Jean de Luz) et Pascale Prost (Clinique Ambroise Paré – Neuilly).

Stéphan de Butler d’Ormond est président du Groupe Santé Victor Pauchet implanté à Amiens dans la région Hauts de France.

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