Dr Albert Birynczyk, Président du Syndicat national des urgentistes de l’hospitalisation privée (SNUHP)

Quels sont les enjeux actuels pour votre syndicat ?
Les 110 services d’urgence privés accueillent environ 3 millions de personnes chaque année, soit 15 % des admissions de ce type. Sur certains territoires, ils constituent le seul recours. Il existe même un Smur rattaché à un établissement privé. Partout ailleurs nous renforçons l’hôpital public, avec lequel nous travaillons en réseau. Nous sommes complémentaires, soumis aux mêmes contraintes règlementaires, et sans nos services d’urgence privés le système ne fonctionnerait pas. Le SNUHP est représenté au Conseil national de l’urgence hospitalière et participe à toutes les négociations avec les tutelles, l’Assurance maladie, etc. avec lesquelles nous entretenons de très bonnes relations. Nos arguments sont écoutés. Actuellement le SNUHP est très investi pour défendre, aux côtés de notre partenaire la FHP-MCO, les autorisations des services d’urgence. De même que les établissements privés ont besoin des médecins urgentistes libéraux, de même nos médecins ont besoin de services performants labélisés par le ministère. Nous avons montré depuis vingt ans notre performance, le syndicat attend de la FHP-MCO et du ministère qu’ils nous permettent de continuer à exister demain.

Quels sont les atouts des services d’urgence privés ?
Nous sommes convaincus que l’exercice libéral est particulièrement adapté à l’organisation et au fonctionnement de l’accueil des urgences. Nous somme très efficients car très réactifs, capables de mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires pour faire face à l’afflux par nature irrégulier de patients. Notre rémunération à l’acte, libre de postes hospitaliers, nous permet de repenser et adapter rapidement notre fonctionnement. Libéraux comme eux, nous travaillons avec nos médecins spécialistes avec le même souci de qualité des soins et de satisfaction des patients. Ces mêmes objectifs permettent à nos équipes d’assurer leur mission au mieux avec leurs établissements de manière optimale.

L’exercice mixte a le vent en poupe. Est-ce une opportunité pour votre spécialité ?
Dans un contexte où notre spécialité est en difficulté, nous voulons absolument promouvoir l’exercice libéral. Nos équipes sont opérationnelles, prêtes à être renforcées. L’exercice mixte, c’est un excellent moyen pour attirer de jeunes urgentistes qui voudraient découvrir le secteur privé tout en conservant leur activité Smur-Urgences. Il permet donc de maintenir les urgentistes sur un territoire, et d’améliorer encore la cohésion entre confrères de tous secteurs, point auquel nous sommes fortement attachés. C’est pourquoi nous avons défendu ce type d’exercice auprès du ministère. Les médecins urgentistes qui « franchissent le pas » apprécient un exercice mixte, qui ne peut qu’être enrichissant pour les deux parties. La Médecine d’Urgence est la même, le fonctionnement différent. Le SNUHP a récemment diffusé un sondage auprès de 300 urgentistes libéraux. L’exploitation fine des résultats est en cours, mais un chiffre est marquant : 95 % d’entre eux se réinvestiraient dans un service privé si c’était à refaire. Cela témoigne de la qualité de nos conditions d’exercice, et contraste avec le sentiment de désarroi qui semble prévaloir chez nos collègues du public.

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