Fil Bleu du 12 mars 2019

 

Journée bleue
Hôpital privé de Versailles – Clinique des Franciscaines, Versailles (78)

Journée d’action le 5 mars, en partenariat avec deux associations locales qui ont tenu un stand de sensibilisation à proximité du service des admissions. Une initiative annoncée sur la page facebook de l’établissement.

Le 5 mars, les bénévoles de l’ADMY – l’Association de Dépistage de Masse organisé des cancers du sein et du cancer colorectal dans les Yvelines -,  et de la Ligue contre le cancer ont échangé avec une quarantaine de personnes. Les professionnels de l’établissement ont été particulièrement sensibles à cette démarche, puisqu’une vingtaine d’entre eux se sont rendus sur le stand.

La règle de trois
CHP Brest, Brest (29)

3 journées bleues, dans 3 établissements du CHP unis pour un même engagement. L’occasion de sensibiliser le grand public mais aussi de faire se rencontrer les soignants qui interviennent à des temps différents de la prise en charge.

Ouverture du bal à la clinique Pasteur le 5 mars, puis mobilisation sur les sites de Keraudren le 7 et enfin du Grand Large ce 8 mars. Le scénario est bien rodé. Les personnels du Dispositif d’accompagnement concerté – infirmiers, psychologue, diététicienne, assistante sociale, etc. – sont à la disposition des visiteurs pour les sensibiliser à l’importance du dépistage. À leurs côtés, la Ligue contre le cancer et l’Association pour le DÉpistage des Cancers dans le Finistère (ADEC29) proposent une immersion en 3D au cœur d’un côlon grâce au matériel mis à disposition par un partenaire, le temps d’une chasse aux polypes. Équipés d’un masque de réalité virtuelle augmentée et d’un joystick, les visiteurs « tirent » sur les polypes qui au fur et à mesure deviennent plus résistants et plus nombreux. À Keraudren, des ateliers étaient réservés aux professionnels du CHPB. Puisque les 3 sites prennent en charge les patients atteints de cancer à des moments différents de leurs parcours, il est essentiel que chaque soignant connaisse le rôle et les gestes de ses collègues : pose de PAC et de Piccline, préparation de chimiothérapie, soins de stomie, etc. Un coach sportif spécialisé en activité physique adaptée était présent  pour expliquer son travail, ainsi qu’une aide-soignante de Keraudren – formée à la réflexologie plantaire – qui a offert un moment de détente fort apprécié.

Mars Bleu n’attend pas !
Polyclinique de Navarre, Pau (64)

En ce début de mois, il y avait beaucoup d’animation dans l’établissement qui, à l’occasion d’une réorganisation, accueille de nouveaux services de chirurgie. Une actualité chargée qui n’occulte pas l’engagement pour Mars Bleu.

Une fois de plus, le programme est d’envergure. Façade déjà bleutée, repas bleu le 12 mars, suivi d’un « café bleu » offert le 14 en partenariat avec la CPAM et la Ligue contre le cancer. Tout le mois, des brochures et bracelets bleus seront à disposition du public dans le hall pendant que sera diffusé en boucle sur les écrans vidéo de la polyclinique un clip de prévention. Un stand d’information sur la prévention du cancer colorectal et la nutrition sera animé le 22 mars par une infirmière du dispositif d’annonce et une diététicienne. Autant d’actions annoncées et relayées sur les réseaux sociaux. Pour que tombent les tabous, les usagers peuvent dès à présent déposer leurs questions sur le cancer colorectal dans la boîte bleue installée dans le hall. Réponses des médecins, sur le site de l’établissement, à la fin du mois !

En route pour un madison 
Clinique Anne d’Artois, Béthune (62)

Une flashmob : la manière idéale de rappeler le rôle de l’activité physique en prévention du cancer colorectal… et la nécessité de se mettre en mouvement, tous ensemble, pour promouvoir le dépistage.

Une collègue a d’abord installé discrètement la sono. Et puis… Tous en piste ! Quarante membres du personnel esquissent soudain en plein milieu du hall les pas du madison. Entraînés par l’équipe d’organisation – une dizaine de personnes vêtues de bleu et surmotivées – ils prennent peu à peu confiance sous le regard d’abord surpris puis enthousiaste des patients et visiteurs. Soignants, administratifs, personnels techniques… Tous ont joué le jeu, y compris plusieurs médecins et Didier Godec, le directeur. Forcément, après une telle démonstration, les visiteurs ont afflué sur le stand de l’association AIRE Cancers (Accueil, Information, Rencontre et Écoutes sur les cancers).

Si cet événement initié par la DSI Mme Bernard a connu un tel succès, c’est grâce à l’implication des cadres de soins qui ont su motiver leurs équipes et les encourager à faire… le premier pas !

 

Dr Emmanuel Ricard,
Délégué à la prévention et promotion des dépistages pour la Ligue contre le cancer

Quel est le dispositif de la Ligue contre le cancer pour Mars Bleu ?
De longue date, la Ligue s’est impliquée fortement autour d’Octobre Rose. Mais Mars Bleu est longtemps resté le parent pauvre de la prévention, et quand je suis arrivé il y a 8 ans la Ligue proposait peu d’actions spécifiques. Pour lancer la mobilisation et favoriser des partenariats entre nos comités locaux et des acteurs publics et privés de leur territoire, nous avons alors lancé le Côlon Tour avec la Société française d’endoscopie digestive et la fondation Arcad (Aide et Recherche en Cancérologie Digestive). Quatre structures gonflables « tournent » toute l’année partout en France, à l’invitation des communes, des établissements de santé, des centres commerciaux, avec un pic de demandes en mars-avril. L’objectif est d’expliquer simplement la cancérisation des polypes. C’est aussi l’occasion d’aborder les questions de prévention car à côté de la structure sont installés des panneaux d’affichage relatifs aux facteurs de risque : sédentarité, consommation d’alcool et de tabac, déséquilibres alimentaires, etc. Nous avons ensuite financé les études qui ont permis en 2015 le passage du test Hémoccult au test immunologique, actuellement en service et beaucoup plus efficace. L’an dernier, Mars Bleu, ce furent 102 journées d’action pour les comités départementaux et 89 villes étapes pour le Côlon Tour (103 jours sont déjà programmés pour 2019).

Vous innovez cette année avec #parlonsfesses…
Nous avons voulu « titiller » les hommes car la population masculine est moins encline à se faire dépister. Ce hashtag #parlonsfesses est en rupture avec les messages habituels, plus policés, qui s’adressent à des personnes à l’aise avec le langage médical, les termes « côlon » et « polype » par exemple. Nous voulions nous adresser à tous, dans un registre de langage plus commun. La génération concernée par le dépistage systématique est désormais plus présente sur les réseaux sociaux. Nous devons investir ce champ. Au sein de la Ligue, nous avons une personne dédiée qui poste sur les réseaux sociaux, répond aux questions, etc. Nous disposerons prochainement d’un motion design sur le dépistage du cancer colorectal, que nous diffuserons largement. L’INCa et Amélie relaient les campagnes institutionnelles. Nous avons pour notre part plus de liberté de ton pour interpeller la population. Nous sommes complémentaires, et devons parler à tout le monde pour faire enfin décoller le chiffre de la participation au dépistage organisé.

Qu’attendez-vous spécifiquement de l’hospitalisation privée ?
Outre l’engagement des établissements qui proposent des actions de sensibilisation aux côtés des chargés de prévention et bénévoles de nos comités locaux, nous comptons sur une implication grandissante des médecins.

La loi de santé publique met l’accent sur la prévention, mais dans ce domaine nous avons un gros effort à faire au moment des consultations. Quel que soit son statut, le praticien devrait désormais aborder systématiquement la question de la prévention. « Est-ce que vous fumez ? Est-ce que vous buvez ? Est-ce qu’on vous a fait des propositions pour vous aider à arrêter ? Est-ce qu’on vous a proposé des dépistages ? Qu’en est-il de vos vaccinations ? » Si on commence à faire ça, on installera enfin la question de la prévention dans l’esprit de la population, et cela nous donnera de la légitimité lorsque nous proposerons des programmes de dépistages.

Les acteurs de santé disent souvent « Ce n’est pas à nous de le faire, nous sommes débordés par les soins ». C’est compréhensible. Mais si on n’opère pas ce déplacement, si on continue à cliver avec les soins d’un côté et des actions ponctuelles de prévention de l’autre, nous ne serons pas efficaces. Le tabac et l’alcool, on pense généralement que ça concerne les gastro-entérologues et les pneumologues. Mais ces facteurs sont sous-évalués en neurologie, en urologie, en cardiologie, etc. Le facteur alcool est par exemple fortement impliqué pour l’hypertension artérielle, les AVC, et les myocardiopathies. Il y a de gros progrès à faire, car quasiment toutes les spécialités sont concernées. Dans l’opinion publique, plus le médecin est spécialisé, plus son discours est crédible. Dans l’organisation de la consultation, la place de la prévention doit donc être essentielle.

 

Crédits photos : Hôpital privé de Versailles – Clinique des Franciscaines, CHP Brest, Polyclinique de Navarre, Clinique Anne d’Artois, Ligue contre le cancer