Trois questions à Sébastien Tournebize

 

Sébastien Tournebize, Directeur de la Clinique de Choisy et du Centre Médical Renée Lacrosse à Gosier (97), Guadeloupe

Quelles sont vos plus belles expériences ?

Suite à un DEA de Santé Publique, une mission sous forme de vatariat à l’INSERM U357 et U359 (recherche en Économie de la Santé et drépanocytose) m’a permis de découvrir la Guadeloupe et de rencontrer le Dr Philippe Lacrosse, visionnaire et précurseur dans bien des domaines, qui m’a proposé de poursuivre mon activité sur la Guadeloupe pour notamment travailler à la restructuration de ses 2 cliniques, il y a plus de 12 ans. Mon plus beau succès est certainement le transfert de la Clinique de Choisy sur un ancien hôtel entièrement restructuré en 2005 qui s’est accompagné de la réintégration d’une dizaine d’ex-salariés de l’hôtel. Cela a été pour moi un moment magique et un geste récompensé chaque jour par l’engagement de notre équipe accueillante et mobilisée, c’est notre Force. J’aimerais citer la mobilisation du personnel lors de la venue début mars de l’artiste slameur « Grand Corps Malade » avec qui nous avons organisé un atelier « Slam-Ka ». D’autre part, nous avons beaucoup misé sur l’extension de notre activité avec l’ouverture en 2006 de l’HAD, qui répond à un vrai besoin de Santé Publique, et notre activité de dialyse qui prend en charge 200 des 400 patients de l’île. Enfin, notre clinique a fait office d’établissement laboratoire dans la mise en place du dossier médical informatisé CORIANIS et cela nous a permis de réfléchir au développement d’autres nouveaux outils de management et de mesure de la performance. Je peux dire que ce métier, la population de l’île et les challenges à défier tous les jours, font de moi un homme très motivé et heureux.

Quels sont vos plus gros échecs?
Nous avons mis en place des consultations pré-dialyse avec un infirmier référent, un psychologue et un diététicien afin de pouvoir préparer les patients non encore dialysés et éviter les traumatismes qui accompagnent souvent les premières dialyses. Bien que la Clinique étant référente sur ce dossier, il est toujours alarmant de constater qu’aucun financement, aucune subvention dans le cadre du MIGAC ne sont prévus pour ce service de Santé Publique rendu.

Quelles réflexions vous inspire l’actualité ?
Je pense qu’avec la politique de santé actuelle il n’est pas toujours facile de mettre en commun les moyens. Sur une île, on apprend à être dépendant de l’autre et complémentaire et je pense que la politique sanitaire doit motiver les acteurs à rechercher cette complémentarité. Notre métier est devenu très technique mais je note une diminution sensible et favorable des barrières entre les acteurs administratifs et médicaux qui sont obligés de travailler ensemble de manière coordonnée, plus particulièrement dans le cadre de la Certification, des CPOM.

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