Trois questions à Patrick Charlot

patrick charlot, Directeur de la Clinique Saint Martin à Vesoul (70)

Quelles sont vos plus belles expériences ?
Je suis issu comme certains de mes confrères de la filière hôtellerie et comme je suis d’avis que nous dirigeons des hôtels de santé, je pense que mes fonctions actuelles ne m’éloignent pas beaucoup de ma formation de départ. J’ai pris la direction de la Clinique Saint Martin en 2007, à une période peu propice car elle était au bord du dépôt de bilan. J’ai entrepris alors un gros travail de restructuration et de communication avec les personnels qui ont bien voulu jouer le jeu. Nous avons optimisé toutes les procédures, externalisé certaines tâches pour pouvoir nous recentrer sur les soins, créé de nouvelles fiches de postes et opté pour une optimisation des tâches des personnels de soins. Malgré l’équilibre retrouvé, je reste très prudent car nous sommes un petit établissement indépendant de 70 lits et places et l’avenir reste somme toute assez incertain.

Quels sont vos plus gros échecs?
L’hôpital public a inauguré ses nouveaux locaux en octobre 2009 à 100 mètres de notre établissement. Nous lui avons tendu la perche à plusieurs reprises afin de mettre en place une coopération, voire intégrer leurs locaux, mais sans la volonté des hommes, de l’administration et des politiques aucun projet ne peut voir le jour. L’Hôpital avec qui nous sommes en concurrence sur certaines activités, semble maintenant dans de meilleures dispositions à notre égard mais, entre temps, nous aussi avons pris les nôtres ! Personnellement je regrette qu’un sain rapprochement ne se soit pas fait. Je pense tout simplement qu’on ne parle pas le même langage. Dans un autre domaine, l’attribution d’une autorisation en cancérologie s’est soldée par un échec. J’aimerais pointer du doigt les distorsions que nous rencontrons dans les modalités d’attribution de ces autorisations lorsqu’un médecin arrive ou quitte un établissement. Dans notre cas, l’activité du médecin dernièrement venu n’a pas été comptabilisée pour le calcul de notre seuil, ce qui a engendré un refus d’autorisation, alors que l’établissement qu’il venait de quitter a pu la comptabiliser ! C’est un grand regret pour nous, surtout pour nos médecins.

Quelles réflexions vous inspire l’actualité ?
Gérer nos entreprises revient à conduire en plein brouillard avec des cônes à éviter et des arbres couchés en bord de route. On nous fait courber l’échine toujours plus bas. Il est nécessaire d’avoir une vraie présence sur le terrain et communiquer. Dans ce domaine, il y a encore beaucoup de travail à faire avec la population mais aussi avec nos employés. Je fais un gros travail de communication avec mes personnels depuis trois ans. J’ai passé énormément de temps à leur faire des cours d’économie, à leur expliquer comment notre entreprise fonctionne, pourquoi on ne fait plus de cancérologie, pourquoi nous n’avons plus de service d’urgences, pourquoi les dépassements d’honoraires, etc… Cela dit, la totalité de nos praticiens sont en secteur 1 et à Vesoul, la pratique des dépassements d’honoraires est plutôt celle de l’hôpital, comme quoi, il faut se méfier des idées reçues !

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