VERS LA RÉOUVERTURE DES MAISONS ROSES ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Le projet de création des maisons de naissance est une vraie fausse modernité. Entre sur et sous-médicalisation, nous choisissons la sécurité des mamans !

 

Ces maisons de naissance accueilleraient des accouchements à bas risque en l’absence toutefois de définition consensuelle de la notion de « bas risque ». Elles seraient des structures autonomes, pilotées par des sages-femmes, déconnectées des établissements hospitaliers et non soumises aux règlementations et cahier des charges auquels sont soumises les maternités classiques.

 

Les mamans accueillies dans ces maisons pourront être transférées à tout moment dans une structure hospitalière. Une étude* datant de 2001 démontre que des transferts ont lieu dans environ presque 30% des cas (15,8% aux Etats Unis, 50,2% en Australie, 32% en Suède, 25,6% aux Pays Bas, etc…).

 

Dans ces nombreux cas de transfert, les gynécologues restent nécessaires, les maternités hospitalières publiques et privées également. De surcroît, les coûts de prise en charge sont doublés auxquels s’ajoutent des coûts de transport. Le CNGOF – Collège national des Gynécologues et Obstétriciens Français et la FHP-MCO s’exprimaient contre ce projet de maison de naissance située à distance des salles d’accouchement classiques car elles sous-entendent des transferts fréquents de l’une à l’autre, transferts qui sont connus pour engendrer une plus grande morbidité-mortalité périnatale.

 

Notre gouvernement s’engage à juste titre à dépenser chaque euro si et seulement si l’investissement apporte un réel progrès pour la santé des français. Quel progrès pour la sécurité de la maman et son bébé, quel progrès en terme de qualité des soins, quelle amélioration du confort de la parturiente, apportent ces maisons de naissance ?

 

La pénurie des gynécologues ne doit pas être réglée par les maisons de naissance en prenant en otage les mamans mais par des réponses au dossier d’assurance en responsabilité civile qui freine de jeunes internes ou dissuade des gynécologues affirmés à entrer ou rester dans le métier de l’obstétrique.

 

Une réponse adaptée à l’attente des parturientes
Nombre des 174 maternités privées, à la demande des usagers et de l’équipe de soin, développent une approche « plus naturelle », avec notamment des “salles nature”. L’accouchement est assuré par le gynécologue qui a suivi la maman tout au long de sa grossesse.

 

« Après la classification des maternités en niveau 1, 2 et 3, voici les maisons roses de niveau 0 ! La tendance dans ce pays est-elle de développer une médecine à deux vitesses ?” s’interroge Lamine Gharbi, Président du syndicat national FHP-MCO

 

 

* Résultats publiés dans le J Gynecol Obstet Biol Reprod / Volume 30, n°7, 2001

 

** Position exprimée dans la conclusion du document : Contre la notion de grossesse et d’accouchement à bas risque par B Langer, A Gaudineau, AS Weingertner, E David dans Gynécologie Obstétrique et Fertilité 37 (2009) 200-203

 

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