Trois questions à Olivier Toma

olivier toma, Président du c2ds, Comité pour le développement durable en santé


Retour sur la dernière JT c2ds/FHP-MCO du 7 octobre 2010 : Quelles nouvelles réglementations relatives au développement durable entreront demain en vigueur dans vos établissements de santé ?

Quels sont les principaux enjeux des 4 grands plans présentés le 7 octobre?
Les nouvelles réglementations sont définies par le Grenelle 2, le PNSE 2 (Plan National Santé Environnement), le PST 2 (Plan Santé au Travail), la SNDD (Stratégie Nationale de Développement Durable). La SNDD définit une stratégie politique pour l’ensemble de la nation et des indicateurs. Les autres plans déclinent dans la pratique tous les thèmes importants du développement durable tels la gestion des déchets, les politiques d’achat, l’éco-construction/conception, le bien-être au travail, la gouvernance et tout ce qui est relatif au climat et au réchauffement de la planète. Tous ces thèmes sont traités dans ces quatre plans. Les établissements de santé doivent s’en emparer. Ils ont le choix de subir ces nouvelles obligations ou bien décider d’en faire un atout, de les anticiper et d’en tirer un réel avantage.

Pourquoi une réflexion de fond autour du bien être au travail est-elle majeure ?
Le calcul est très simple, l’hospitalisation privée représente plus de 1.100 établissements pour 140.000 salariés. Toute action autour du bien-être au travail a un impact social et sociétal très important. Le rôle premier du manager en santé est de préserver le capital santé de ses propres collaborateurs. Il est surprenant de voir qu’en France, le secteur économique le plus exposé aux risques psycho-sociaux, aux risques suicidaires, est le secteur de la santé ! À noter également que les troubles musculo-squelettiques augmentent de 18% par an et représentent environ 25% des arrêts de travail dans notre secteur. La profession doit définir des plans et des accords de branche notamment au niveau de la prévention des risques psycho-sociaux et ceux liés à l’exposition (environ 13% des salariés) à des substances cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques (CMR). Le PST2 est un cadre facilitateur pour cela. Une réflexion de fond est primordiale.

Comment développer une démarche de DD avec des tarifs qui au mieux stagnent ?
Développer une démarche DD demande bien évidemment des moyens et impose une grande vigilance sur la durabilité économique (un des 3 piliers du DD) de nos structures. C’est un des objectifs par exemple de l’ISH soutenue par l’ensemble des fédérations et 56 députés à ce jour, outil qui permet de faire évoluer les tarifs en fonction de l’évolution des charges. Il faut également œuvrer à la création d’accords de branche avec l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) et ses antennes régionales afin d’obtenir des financements de formation, avec l’Ademe, etc… Au-delà des aspects financiers, c’est l’ensemble du secteur qui a intérêt à s’engager dans une telle démarche, qui améliore l’image et la notoriété des acteurs. Le développement durable est avant tout un levier social. Il permet aux salariés d’appliquer sur leur lieu de travail ce que beaucoup font déjà chez eux, du bon sens donc.

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