Trois questions à Gilles Vormelker

Gilles vormelker, Directeur de la Policlinique Saint-Claude à Saint-Quentin (02), groupe Vitalia

 

Récemment quelle est votre plus belle réussite?

Rares sont les directeurs d’établissement qui peuvent citer une belle réussite. Dans une carrière, un certain nombre de réalisations peuvent nous rendre satisfaits de nos actions. Pour ce qui me concerne, je crois avoir beaucoup travaillé à changer l’image régionale de l’établissement que je dirige depuis septembre 1998, mais aussi l’image de l’hospitalisation privée, qui n’est pas forcément flatteuse aux yeux de nos amis du public. Face à l’un des plus gros CHG de France, Saint Claude n’a pas de complexe d’infériorité puisque nous visons à être un pôle d’excellence grâce à notre plateau d’imagerie, notre activité en cancérologie (chirurgie digestive et viscérale, chirurgie urologique, chirurgie du sein, chimiothérapie) et à la création d’un centre de l’appareil locomoteur regroupant la chirurgie orthopédique et la rhumatologie, bientôt complété par l’ouverture d’un centre de SSR avec balnéothérapie en 2012. La participation de l’établissement que je dirigeais par le passé à l’accueil de civils bosniaques amputés lors de la guerre en ex-Yougoslavie me procure également le sentiment d’avoir rempli la mission pour laquelle nous œuvrons.

Quel est votre échec le plus cuisant ?
Je considère les difficultés de recrutement que l’on rencontre depuis quelques années comme une forme d’échec. Nous subissons en France, du fait de la vision comptable déjà ancienne de la politique de santé, une limitation du nombre de médecins qui, dans notre ville, se surajoute au manque d’attrait de celle-ci qui n’est pas une ville universitaire. Paradoxalement, de nombreux médecins étrangers sont autorisés à travailler dans certains hôpitaux de notre région, cherchez l’erreur ! La région Picardie est dans le peloton de tête pour les maladies cardio-vasculaires ainsi que pour les maladies du cancer. L’hospitalisation privée y est très présente et fait jeu égal avec l’hospitalisation publique. A terme, je crains que la pénurie de médecins ne perturbe cet équilibre, tout en fragilisant l’offre de soins et l’hospitalisation privée. À ce jour, à Saint Claude, 30 médecins sur 64 ont plus de 55 ans – dont 13 ont plus de 60 ans.

Quelle est la question d’actualité qui vous interpelle ?
Essentiellement le manque de représentativité de l’hospitalisation privée dans les instances mises en place par les ARS. À titre d’exemple, en Picardie, 2 représentants du privé – dont 1 Président de CME – sur 96 membres de la CRSA ! Dans le territoire de santé de la clinique, sur 52 membres de la conférence de santé du territoire, je suis le seul représentant du privé – même mon suppléant est de l’hospitalisation publique! Puis le silence sur la convergence des tarifs public-privé qui constituait pourtant un engagement de nos dirigeants.

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