Une heure en direct avec la députée Madame Valérie BOYER

3e chat politique, mardi 28 juin 2011 de 18h à 19h.

Valérie BOYER est députée UMP de la 8ème circonscription des Bouches-du-Rhône et adjointe au maire de la ville de Marseille.



Elle est rapporteure de la proposition de loi visant à modifier la loi HPST. Elle s’est engagée dans les dossiers relatifs à la santé et l’équilibre nutritionnel (prévention de l’obésité), la couverture d’assurance responsabilité civile professionnelle médicale, la santé de la femme, etc…

http://www.valerie-boyer.fr/

Vous avez l’occasion d’exprimer vos attentes, votre mécontentement, votre incompréhension du système de santé, votre inquiétude sur l’avenir du système de protection sociale, auprès d’un parlementaire investi dans les questions de santé.

Vos questions peuvent être liées à l’actualité ou concerner l’évolution du système hospitalier.

Utilisons ensemble cette plateforme pour parfaire la connaissance des parlementaires de notre secteur et, à l’inverse, comprendre les moyens d’exercer le meilleur lobbying.

Exprimez-vous en direct le mardi 28 juin ou postez dès à présent en ligne vos questions (www.fhp-mco.fr).

Restant à votre écoute

Lamine GHARBI
Président du syndicat national FHP-MCO

(41) commentaires

  1. En ce qui concerne l’obésité, tout le monde plaide aujourd’hui pour une politique de prévention active qui permettra d’enrayer ce problème de santé publique que certains qualifient « d’épidémie ».

    Nous pouvons tous nous retrouver sur cet objectif. Cependant « l’épidémie est là ».

    Certains centres proposent aujourd’hui de la chirurgie dans les cas les plus difficiles. Qu’en pensez vous ? Quelle est votre position sur la labellisation de ces centres ?

    1. J’étais pour la labellisation des centres et les réseaux, sur des centres de références sur l’obésité. Personnellement, pour aller vite, j’imagine deux situations. La personne a une obésité morbide, et doit avoir de la chirurgie bariatrique. Je suis pour une prise en charge sur 5 ans, avant pendant et après. Le parcours extrêmement douloureux des personnes nécessite une prise en charge. C’est une maladie invalidante, avec des augmentations de cancer, un surmortalité suite à l’épidémie d’obésité aux Etats-Unis. J’espère et j’attends du plan obésité, et du PNSE III un espace pour les prises en charges innovantes. Une prise en charge qui irait jusqu’à la chirurgie réparatrice, globale.
      Aujourd’hui, la chirurgie réparatrice est très importante. Souvent, dans le système publique, on leur refait uen partie du corps. Les obsèses qui ont subit ce traitement sont couvert de cicatrices. Il faut prendre tout le corps en charge.

    2. Sur le plan de la prévention, elle doit être globale et n’appartient au système de santé tout seul. La cuisine nutritionnelle doit être une obligation. Chaque foyer est différent, mais la cuisine est aussi un moment d’éducation. Pendant le temps cantine, je soutiens des associations qui font de l’accompagnement sur la nutrition. Comment on fait ses courses, comment on lit les étiquettes… Aujourd’hui, on observe une stagnation de l’épidémie d’obésité, mais une augmentation chez les couches les plus défavorisées. Il faut aussi un accompagnement psychologique.

    3. Avant on cherchait la satiété, puis l’hygiène et aujourd’hui, on recherche l’équilibre. La satiété et la sécurité sanitaire sont assurées. Mais il faut l’équilibre. Aujourd’hui, les enfants ont mangé à 4 ans autant de sucre que son grand -père dans toute sa vie.

  2. « L’assurance-maladie n’a pas été excédentaire depuis 1988. De nombreux plans se sont succédés mais notre système d’assurance maladie continue d’accumuler des déficits colossaux.
    Et le phénomène semble « s’emballer » : près de 120 milliards d’euros cumulés depuis 1988.
    Sur les cinq dernières années, y compris la prévision 2011, on annonce 42 milliards d’euros de déficit.

    Pendant combien de temps notre système d’assurance maladie pourra tenir sans reporter la dette aux générations futures ? »

    1. La date jusqu’à laquelle on pourra tenir, je ne l’ai pas… La santé est un des rares postes de dépenses publique qui continue d’augmenter. On évalue mal ce que la santé rapporte. C’est important de voir les secteurs qui apportent des ressources, aussi. Le PIB n’est pas le seul indicateur. L’espérance de vie augmente, le recours aux soins ne diminue pas, les molécules sont devenues rares et chère… Je ne peux pas transférer les dépenses en richesses, mais c’est vrai qu’on ne peut pas parler de l’un sans l’autre.

    2. L’effort pour la santé est considérable. Il faut parler de richesse et santé. Je suis contre le numérus clausus, parce que je pense qu’on pourrait gagner des richesses en ouvrant les universités. Je crois que l’Allemagne l’a fait, et ils gagnent de l’argent! Tout ce système est un peu fou. On a tellement de rigidité dans notre pays. C’est dommage qu’on exporte pas le savoir faire de la médecine française.

    3. Je trouve que le système n’est pas assez bien régulé. Il y a parfois une mauvaise gestion du système. On l’organise pour qu’il ne soit ni lisible, ni contrôlé. Il y a l’abus de soin, l’errance médicale… C’est parfois difficile de trouver un mode de fonctionnment satisfaisant.
      La santé est un des facteur qui cristallise les gens sur des situations sociales qui ne sont pas sources de richesse et de développement. Certaines personnes préfèrent garder la CMUC pour être couvert à 100%. La frontière entre le social et le médical ne se passe pas très bien…

  3. Ne serait-il pas temps de confier à des opérateurs privés la gestion de quelques hôpitaux, comme cela se fait dans d’autres pays européens ?

    Une expérimentation dans ce sens permettrait au moins de savoir si les pouvoirs publics sont moins laxistes dans une telle configuration.

    Qu’en pensez-vous ?

    1. Je pense que depuis que je m’intéresse aux questions de santé, je suis lasse de la balle que se renvoient le public et le privé. Tout ça, c’est de l’argent public, qui est pris sur les salariés, sur les impôts, et qu’on a décidé de consacrer à la santé. L’essentiel, c’est d’accorder une offre de qualité. Les moyens ne sont pas les mêmes, la recherche n’est pas la même… Avec la T2A on a fait des progrès pour équilibrer le système.
      Récemment, on a voté les lois de bioéthique. J’ai plaidé pour que le recueil des ovocytes, la conservation et l’implantation puisse être pris en charge par des établissements privés. On me l’a refusé, au motif de la marchandisation. Cela m’a beaucoup choqué. Je crois qu’un praticien a une relation privilégiée avec son patient. Ce qui compte, c’est le patient. Je trouve qu’au moins le reccueil des ovocytes devrait être autorisé, surtout dans cette situation de pénurie d’ovocyte.

    2. Aujourd’hui, on manque de donneuse parce que l’on ne s’est pas organisé. De la même façon, on manque de donneur ! Dans certains départements, on tourne à dix donneurs de sperme.
      Il faut rester dans le PLFSS. En première lecture, ça a été refusé.
      Je suis aussi pour les maisons de naissances, si elles sont adossées à un établissement de santé. Etre enceinte et accoucher n’est pas une maladie, mais bon. D’autant plus qu’aujourd’hui, on a de plus en plus de grossesse tardive. C’est aussi une raison de plus pour expliquer le manque d’ovocyte. L’horloge biologique n’a pas changée. Et pour plein de raison, on ne le dit pas aux femmes. On leur fait croire que c’est une possibilité technique et médicale. Mais ce n’est pas vrai .

  4. La priorité des équipements lourds a toujours été en faveur des hôpitaux, la seconde implantation était pour le privé.

    Est-ce une nouvelle politique que d’accorder le second à l’hôpital, laissant ainsi le privé en position de sous équipement?

    Ce modus operandi est-il conçu pour diminuer le pourcentage du déficit des hôpitaux ou pour discréditer les soins dans le privé ?

  5. Notre pays est confronté à un problème majeur de démographie médicale.
    A cela s’ajoute la désafection des médecins pour l’exercice libéral : seulement 1 sur 10 choisit actuellement de s’installer en libéral.

    Cela pose déjà des problèmes majeurs dans bon nombre d’établissements et dans certaines zones. Sachant que la médecine libérale est indispensable à l’équilibre de notre système de santé, que comptez-vous faire, dans l’immédiat, (et pas pour la sortie des actuels étudiants de 1ère année qui se fera dans une dizaine d’années…) pour rétablir cet équilibre, indispensable à l’avenir de notre pays ??

    1. Un sur dix choisit de s’installer en libéral est faux. C’est à l’issu de la première année d’études. L’installation en libéral est différée.

    2. Je partage cet engagement pour la médecine libérale. Nous n’avons pas un problème de démographie, mais de répartition. Aujourd’hui, on a jamais eu autant de médecins, mais ils sont inégalement répartis. Leur mode de fonctionnement a changé. Les 35 heures ont modifié la relation qu’on avait avec le travail. On a fait le choix politique aujourd’hui de laisser la liberté d’installation. Pour moi, c’est plus courageux qu’une politique socialisée, de laisser un peu de liberté. Comment peut on faire pour avoir un système contraignant dans une situation de pénurie ?
      Aujourd’hui, on a pas envie de contraindre les médecins. C’est une question de justice par rapport à eux, par rapport à leur contrat moral.

    3. Le choix que nous avons fait est celui d’une répartition par l’internat. Ce n’est pas trop contraignant, car c’est tout au début de la carrière. La ressource médicale est rare. On ne peut pas mettre de la contrainte. Il faut une conjonction de plusieurs mesures… quotas paramédicaux, rééquilibrer le numérus clausus, régionaliser, proposer des postes d’internes par diplômes d’Etat spécialisé.

    4. Le contrat d’engagement de service public, 1200 euros jusqu’à la fin de leurs études, pour un engagement à exercer dans une zone défavorisée… De telles mesures, incitatives, sont efficaces.

    5. la revalorisation de la médecine générale. Aujourd’hui, les ars travaillent differement pour mettre en place ces mesures. Je crois beaucoup à cet exercice regroupé. Il y a aussi toutes les mesures dans l’exercice quotidien du médecin, sur la simplification par exemple.

    6. Le DMP. Je suis très porté là dessus. C’est une urgence.

      Les nouveaux modes de rémunération pour s’adapter à une demande de prise en charge de nouvelles missions, comme l’éducation thérapeutique.

    7. Quand une communauté de communes décident d’avoir un cabinet médical, ce n’est pas toujours pertinent; parfois les communes pensent les projets comme des projets immobiliers.
      On a aussi beaucoup travaillé sur le statut des SISA. Ce sont des mesures concrètes et incitatives.

  6. Comment expliquez-vous que les 3% d’évolution des dépenses d’assurance-maladie votés chaque année par le parlement se traduisent depuis 3 ans par 0% d’augmentation des tarifs des séjours ?

    1. D’abord, ce n’est pas tout à fait 3%, c’est 2,9 et 2,8. Cela fait longtemps que je n’ai pas réfléchi à ça. Le nombre de séjour augmente mécaniquement. C’est la régulation par l’effet volume.

    2. Je remarque qu’en France, on est un des rares pays à ne pas avoir baissé les retraites, pas les prestations, pas d’augmentation d’impôt… Notre système social est un régulateur de crise. Quand on voit ce qui se passe en Europe. Il est un peu juste aux entournures, mais il tient. 70% des dépenses de santé est pris en charge par la sphère publique.

    1. Je me suis surtout intéressée, il y a deux ans, en 2009, à tous les sujets de santé publique. J’ai porté une trentaine d’amendement( incitation à l’extrême maigreur, obésité,plomb radon amiante, modification du code de la santé publique: un livre sur les troubles du comportement alimentaire a été ouvert, avec 4 titres, et un décret vient de paraître.)

      Beaucoup de choses concernant l’allaitement ont été modifiées, pour la promotion de l’allaitement maternel.
      La possibilité d’acheter des fruits et légumes avec des tickets restaurants, adopté par l’assemblée nationale. Le Sénat l’a conservée. Il y avait une trentaine d’amendement adoptés.

    2. Faire en sorte qu’il y ait moins de perdu de vue dans les test de dépistage du sida. On propose un accompagnement… Jusqu’ici, il y a30% de perdu de vue : de personnes qui ne viennent pas chercher le résultat ou qui n’en tiennent pas compte. Un dispositif qui doit permettre de sauver des vies. Un amendement qui résoud un problème majeur de santé publique. C’est une mesure que je considère comme essentielle, mais qui n’a pas été repris par les médias. Le faire, c’est bien, le dire, c’est mieux.

    3. Sur la loi Fourcade… Pourquoi il y a cette révision de la loi HPST il y a deux ans… Il faut rendre ce texte beaucoup plus pragmatique, parce que de nombreuses mesures n’arrivaient pas à s’appliquer. M. Fourcade a pris des dispositions enrichies à l’Assemblée nationale.
      L’adoption des sisa, qui permettent aux professionels de santé de partager l’exercice.
      C’est la fin de l’obligation pour les médecins de déclarer leurs congés.
      L’amélioration de la transparence sur le coût de l’acte prothétique avec l’élaboration d’un devis type, qui précisera le coût, l’origine et la traçabilité de la prothèse.
      (Clairement, les chirurgiens dentistes -bac+8, le prothésiste fait le moule et c’est tout) ce texte a permis de faire se rencontrer dentistes et prothèsistes, et on est arrivé à l’amendement Malherbes, qui décrit l’acte précisément.) Jusqu’ici, le dentiste ne détaillait jamais les prix. On est arrivé à quelque chose de bien. La situation est dédramatisée et apaisée.

    4. Il y aussi la prise en charge du transport dans les MECS.
      Autre sujet complexe, les biologistes. Nous sommes arrivés à un accord consensuel: l’ordonnance Malraux. Les biologistes ont 50 situations différentes, comme les pharmaciens. Ils ont failli, ces dernières années, perdre leur statut de professionnels de santé. Il y a des situations différentes entre les petits labos, les gros labos, ceux qui travaillent en réseaux, les médecins biologistes et les biologistes.
      L’instauration de la pratique du dépistage systèmatique précoce de la surdité du nouveau né.
      On a un débat sur les remboursement différenciés avec le smutuelles, pour préserver la liberté de choix. C’est l’article 22. Aujourd’hui les mutuelles souhaitent pouvoir adopter un remboursement différencié.

    5. Et le plus important, c’est la RCP. C’est une proposition que j’ai moi même déposé en tant que Rapporteur de la loi Fourcade. Pour moi, c’était un amendement d’ouverture, mais je ne voulais pas revenir sur la fin des actions récursoires. Que les professionnels de santé les plus exposés n’aient pas cette malédiction biblique sur leurs générations futures… Et ce n’est pas normal que l’assurance maladie prenne en charge l’assurance des médecins…

    6. On essaye de mettre fin à l’inflation et d’instaurer une équité sur le plan national sur le traitement des affaires médicales
      En France, on a 8 juridictions pluridisciplinaires, avec une nomenclature pour l’ensemble des juridictions.
      Le texte est pragmatique ! Je pense que la situation évolue en permanence, donc il faut s’adapter et travailler avec les professionnels de santé et les patients.

  7. Vous vous êtes engagée dans une campagne contre l’obésité. Concrètement, comment les cliniques peuvent-elles vous aider à gagner cette bataille ?

    1. Quand le plan obésité sera dévoilé, les ars devront le mettre en oeuvre et les cliniques pourront développer ce genre de programme. Elles pourront s’inscrire dans cette logique préventive, curative et post opératoire.

  8. Les questions de genre font l’actualité cette semaine: Laurence Parisot faisait la une du parisien lundi sur le sexisme, le monde daté d’aujourd’hui sort une double page sur les inégalités entre les hommes et les femmes… En ce qui concerne leur santé, qu’est ce que les cliniques peuvent améliorer dans leur situation ?

    1. le dépassements d’honoraires je ne sais pas si on peut poser cette question
      D’abord, pourquoi il y a des dépassements d’honoraires. Ils ont une utilité de coût par rapport au service fourni.

    2. Il ne faut pas voir le système de façon caricaturale. Régulièrement, les négociations conventionnelles évoquent ce problème, et il peut être réglé de façon conventionnelle. Un étudiant qui sort de centrale va chercher du boulot. Un étudiant en médecine a 15 proposition. On a installé la pénurie.

    3. Le problème est souvent vu sur le mode de la médecine à deux vitesses, mais c’est beaucoup plus compliqué. Qu’est ce qu’on prend en charge dans l’acte… Il faut des modes de rémunération innovant.

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