3 questions à Dominique Coudreau

Dominique Coudreau est Délégué général de la Fédération de l’hospitalisation privée depuis le 25 janvier 2012


Vous êtes à la tête d’une longue carrière, avec un parcours extrêmement diversifié : directeur de la CNAM, directeur d’ARH, conseiller pour le groupe Générale de santé… Quelle a été votre motivation pour reprendre le poste de délégué général à la FHP ?
Et en général, je reste longtemps dans les fonctions que j’ai occupées ! 10 ans à la CNAM, 6 ans à l’ARH et à GDS… Ma motivation principale, aujourd’hui, c’est qu’il y a un effort à faire pour redonner de la lisibilité à la politique du syndicat, redonner de la clarté à la Fédération au sens large, au-delà des chapelles. Depuis longtemps, je suis proche de la FHP, par mes fonctions au sein de Générale de santé. Dans les réunions avec les principaux groupes de cliniques privées, nous réfléchissions aux meilleurs moyens de travailler en harmonie. Depuis quelque temps, il y a eu perte d’harmonie. Il faut trouver des solutions, vite. Je connais bien le sujet.

Au cours de votre mandat, quelles sont les grandes orientations que vous souhaitez défendre ?
Pour moi, un sujet se détache des autres: réaffirmer clairement que notre priorité est à la fois le service aux patients et l’efficience de la production de soins. Il faut être mesure de toujours faire comprendre, à tous les niveaux, dans tous nos discours, dans tous nos documents, dans toutes nos interviews, qu’en étant de bons gestionnaires, nous sommes d’abord au service des patients. Ce n’est pas un message qui doit être imposé par le haut : je crois à la pédagogie de la discussion, pas à l’anathème. C’est le seul moyen de conserver son sens à nos métiers. Les professionnels de santé que nous sommes sont des gens de sens. Nous avons tous un credo… Le problème est de ne pas oublier de le remettre au premier plan, parmi tous les effets d’annonces. Dans des périodes de crise comme celle que nous traversons, il est essentiel de rappeler des vérités simples.

La tâche paraît importante. En juin, un nouveau délégué général devrait être appointé. 9 mois pour accomplir ce programme, n’est-ce pas un peu court?
Le cadre de notre action va rester en suspens jusqu’aux résultats des deux élections, en juin. Il faudra nécessairement repositionner nos options à la lumière des débats et des premières décisions gouvernementales de l’été. Une partie de mon mandat est justement d’aider à définir le profil de poste du futur délégué général. Il faut rechercher des qualités, et un profil. Pas facile de faire coïncider les deux, et il est bon d’en débattre à plusieurs pour y parvenir. Le futur délégué général devra être armé pour la suite et apprendre à préparer des compromis : les pouvoirs publics vont devoir affronter des défis importants, comme l’équilibre des comptes sociaux ; il nous faudra être force de propositions et apte à négocier avec réalisme. Quant à moi, l’expérience m’a appris que la première condition de la réussite c’est la confiance. Confiance, entre les adhérents, les élus, les permanents et les responsables. J’espère réussir à instaurer une vraie confiance avec tous les adhérents, d’ici le mois de juin. Si cela ne marche pas, ce sera un constat d’échec ; si cela marche, il sera toujours temps de trouver une solution pour mon rôle, car le jeune homme ou la jeune femme à ce poste hautement politique ne manquera pas d’avoir besoin de conseils avisés.

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