Pour une concurrence saine

Des propositions émises par la FHF aux candidats des élections présidentielles, nous n’en n’avons entendu qu’une : celle d’annexer les cliniques aux hôpitaux. Le bon élève au service du mauvais, en quelque sorte. Fallait-il ignorer et laisser s’écouler la campagne comme un long fleuve tranquille ou frapper fort*, faire sortir les candidats du bois et porter le dossier hospitalier sur la place publique ? La période n’est pas propice aux finesses et nous n’avons pas la maîtrise du jeu. Que chacun comprenne bien : la riposte du syndicat ne vise en rien des professionnels de santé, ce sont nos partenaires sur le terrain, mais bien la gouvernance et le financement de notre secteur dont il faut réviser les fondements même. La FHP-MCO a élaboré 10 propositions constructives que nous diffusons très largement. Pour l’heure, Bercy semble nous porter un regard attentionné, le ministère de la Santé s’est doté de lunettes à verres fumés et les candidats à la présidentielle, de longues vues. Quant aux patients, ils observent nos établissements au microscope et restent extrêmement satisfaits !

*voir le « 13h » de la semaine dernière et la Plateforme : « Sortir des déficits, préparer l’avenir » de la FHP-MCO

Lamine GHARBI
Président du syndicat national FHP-MCO

Un tour de piste des « propositions santé » des candidats aux élections présidentielles
François Hollande propose de réformer la T2A pour « mettre fin à l’assimilation de l’hôpital avec les établissements privés« , arrêter la convergence tarifaire pour élaborer un nouveau mécanisme de financement fondé sur l’activité, la structure de soins et les missions de service public. Il vise une meilleure répartition des médecins par la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire accompagnée d’une hausse de la part forfaitaire de la rémunération des généralistes. Un délai de 30 minutes d’attente sera fixé aux services d’urgence. Enfin, il mettra un coup d’arrêt au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Dans le programme de l’UMP nous pouvons retenir : des ajustements sur la T2A, un renforcement de la règlementation sur les dispositifs médicaux, une nouvelle loi sur les droits des patients, la disparition des examens et prescriptions inutiles, la création d’une « carte sociale sécurisée », sur le modèle de la Carte Vitale, pour lutter contre la fraude sociale, une individualisation des parcours de soins, « dans le respect du principe de liberté d’installation des médecins« , « un nouveau contrat de santé » pour les professionnels et patients afin de « renforcer l’accessibilité géographique et financière des soins« . L’UMP liste 5 autres priorités : la santé mentale, la prévention des troubles du comportement alimentaire et des toxicomanies, la santé environnementale et la vaccination. Enfin, un 3e plan Cancer et un 2e plan Alzheimer seront conduits. Côté Modem : une révision de la formation des médecins, une incitation à poursuivre en médecine générale et une modification des règles de l’internat, une lutte contre la désertification rurale et urbaine avec le développement de maisons de santé pluri-professionnelles, un renforcement de la régionalisation des ARS via les ORDAM, la prévention des maladies chroniques et le 5e risque.

Secteur optionnel : personne n’y trouve son compte
Nouveau tour de table le 27 janvier dernier au cours duquel l’UNCAM a évoqué la possibilité d’une revalorisation des honoraires des chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes de secteur 1 et de ceux qui choisiraient le secteur optionnel, d’une progression possible de 4 % par an pendant trois ans. Par ailleurs, l’assurance maladie va renforcer les sanctions à l’encontre des médecins pratiquant des tarifs jugés excessifs qui pourraient désormais aller jusqu’au « déconventionnement partiel ou définitif» : 250 dossiers de médecins sont déjà en ligne de mire dont la moitié sont des spécialistes et 28 des médecins hospitaliers exerçant une activité libérale à l’hôpital. Malgré cette nouvelle mouture, les mutuelles s’opposent toujours au secteur optionnel et aucun syndicat de médecins n’y trouve son compte. Pas de prochaine date de négociation prévue alors qu’un ultimatum expire le 23 mars.

PDS : nouveau découpage horaire
La nuit est désormais découpée en deux tranches : un début de nuit 20 h-minuit, 79 euros pour une garde, 50 euros pour une astreinte, et une période de nuit profonde minuit-8 h, 150 euros pour une garde, 100 euros pour une astreinte. Le texte précise qu’« aucun prélèvement, de quelque nature que ce soit, ne peut être effectué sur ces indemnités forfaitaires par l’établissement de santé», les montants des astreintes seront ainsi versés directement sur le compte bancaire du praticien.

Le CNGOF très critique à l’égard du programme Prado
La société savante des gynécologues fustige l’incohérence du dispositif et les dépenses supplémentaires générées. Absence de concertation avec les professionnels concernés, absence de prise en compte des organisations déjà mises en place à la sortie de maternité, déstructuration de l’organisation actuelle sur certains des sites expérimentés, « notamment en imposant des réseaux de sages-femmes libérales qui ne sont pas bien coordonnés avec les maternités« , incohérence d’avoir choisi d’impliquer « directement et uniquement les sages-femmes libérales dont le nombre et la répartition sur le territoire national obère la possibilité d’assurer le service annoncé à grand fracas de publicité« . Leur collège estime que ces coûts supplémentaires seraient mieux affectés à des priorités telles que la prévention des risques en cours de grossesse.

Manger équilibré
Deux décrets publiés mardi au JO (en vigueur le 1er juillet 2013) fixent les principes que doivent respecter les services de restauration des établissements de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux pour assurer une qualité nutritionnelle suffisante des repas : quatre à cinq plats à chaque déjeuner ou dîner, respect d’exigences minimales de variété des plats servis ainsi que le respect d’exigences en matière de taille des portions et de fréquence des repas. Les établissements devront proposer des plats « aux goûts et à l’état de santé des patients ».

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