ESP, vous connaissez ?

C’est vous ! Nos établissements privés à but lucratif n’existent plus dans les textes officiels. Ou plutôt, ils sont par défaut ce que ne sont pas les autres. Difficile ainsi d’imposer sa personnalité ! Le conseil d’administration, réuni en séminaire stratégique à Lyon les 4 et 5 avril a choisi l’appellation efficace et lisible par tous « d’établissement de santé privé » : nous sommes des établissements, dans la santé et nous revendiquons enfin notre statut privé. Exit le « lucre » et exit toutes sortes de justifications superflues et péjoratives… Ce séminaire est bien plus qu’un exercice obligatoire de la vie démocratique syndicale. C’est une juxtaposition d’expertises et de talents individuels au service d’une prise de parole commune. Un très bel exercice collectif. L’incertitude liée aux élections présidentielles a freiné notre réflexion. Par exemple, priorise-t-on toujours la convergence si elle doit être stoppée ? De l’avis général : on sera traité comme hier, en plus ou moins pire ! Des échanges vifs toutefois à propos d’une tarification indexée sur des indicateurs qualité, ou encore un échange d’idées sur la pertinence d’un tarif unique public/privé ou enfin sur la confiance à donner à la coopération avec l’hôpital. Certains sont repartis avec des devoirs à faire comme celui de produire un compte rendu précis. Pour les autres, je vous souhaite d’excellentes vacances de Pâques !

Lamine GHARBI
Président du syndicat national FHP-MCO

 

40 millions d’euros ! 
C’est le montant de la subvention attribuée au privé associatif. Ces crédits, distribués sous forme de dotations AC (aides à la contractualisation) sont censés représenter, selon le ministère, une compensation « partielle » des surcoûts liés aux charges salariales. « Ce saupoudrage se fait au mépris le plus total de l’égalité de traitement entre les différents secteurs du monde hospitalier et sans la moindre transparence. Pourquoi compenser un secteur et pas l’autre ? », dénonce Lamine Gharbi, président de la FHP-MCO.

Internat : le nombre de postes restés vacants est passé sous les 10%.
Le bilan annuel des affectations en troisième cycle des études médicales de la Drees montre que seulement 685 postes d’interne sur 7.626 sont restés vacants. Cet infléchissement s’explique notamment par un meilleur taux d’affectation des internes en médecine générale (84%), bien que la spécialité concentre l’essentiel des postes vacants (633), devant la médecine du travail (40) et la santé publique (12). La première spécialité à pourvoir tous ses postes est l’ophtalmologie (111 postes), devant la dermatologie (80), la cardiologie (164), le radio-diagnostic (184), la médecine nucléaire (33), l’oto-rhino-laryngologie (80), la rhumatologie (74) et l’anesthésie-réanimation (383).

Enfin une (relative) bonne nouvelle !
Avec deux mois d’avance sur la traditionnelle Commission des comptes de la Sécurité sociale, le gouvernement a annoncé ce mardi les résultats «encore provisoires» du régime général pour 2011. Le déficit atteint 17,4 milliards d’euros, soit 3,5 milliards de moins que budgété et 600 millions de mieux que prévu à l’automne. Ce «trou» reste le troisième plus élevé de l’histoire de la Sécu, après les records de 2009 et 2010. L’amélioration s’explique par les dépenses et les recettes de la branche maladie.

La médecine à l’heure du tweet
Les agences gouvernementales estiment que Twitter est un moyen de communication de masse pour des alertes sanitaires et les instituts de recherche y voient une voie de recrutement pour des essais cliniques. Jacques Lucas, secrétaire général du Conseil national de l’ordre des médecins est sur twitter depuis un an, c’est dit-il parce qu’«il faut rendre compte de son mandat et utiliser les moyens modernes.» Il est satisfait d’avoir 760 twittos abonnés. Lui-même en suit 200. À manier toutefois avec précaution !

T2A: le modèle français présente « plusieurs inconvénients », estime une directrice de recherche à l’Irdes 
D’après Zeynep Or, directrice de recherche à l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), lors de son audition par la Mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) du Sénat à la fin du mois de mars. Zeynep Or a estimé que les résultats du système français de la T2A, assez différent de ceux adoptés par d’autres pays, apparaissaient « mitigés ». « Avec 2.318 GHM [groupes homogènes de malades], la France a adopté une classification médico-économique très complexe, source de difficultés de pilotage et d’insuffisante lisibilité », a-t-elle déclaré en précisant que l’Angleterre ne compte que 1.389 GHM, l’Allemagne 1.200, les Etats-Unis 1.100 et la Suède 983.
Pour Zeynep Or, la France se distingue également « par l’absence de contrat volume-prix au niveau de chaque établissement », seule une régulation macro-économique existant.
Parmi les autres « inconvénients » du système français, elle a cité l’absence de « distinction entre les différentes activités réalisées, alors que certaines sont plus faciles que d’autres à développer » et la non-prise en compte de « l’effort individuel des établissements ».

Ils font aussi la santé !
Terra Nova, Fondapol, l’Institut Montaigne… Absents du paysage français il y a dix ans, les think tank profitent de la présidentielle pour repenser le paysage sanitaire. Certaines idées iconoclastes émergent: l’institut Montaigne propose de transformer les hôpitaux déficitaires en établissements privés non lucratifs. Aucun candidat n’a repris l’idée à son compte. L’Institut Montaigne appelle aussi à la mise en concurrence de l’assurance-maladie avec les assureurs privés.

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