3 questions au Dr. Jacques Breton

 Dr. Jacques Breton, président de CME de la Clinique Véronique à Cayenne, Guyane. 

Avez-vous l’impression de parler deux langues ?
Plutôt 3 ! Celle de la direction, des médecins, et des tutelles ! La langue de l’ARS, de la réglementation doit coïncider avec les impératifs du soin. Nous sommes dans un département un peu particulier : nous avons l’offre médicale la plus basse de France et en même temps, le taux de natalité le plus élevé (NDLR : 3,98 enfants par femme). Il est donc essentiel d’accueillir des opérateurs hospitaliers ! Je suis à l’origine de l’arrivée du groupe Kapa Santé en Guyane, il y avait un vrai besoin d’infrastructures de maternité et de chirurgie.

Être président de CME, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
J’ai été élu par mes collègues en 2006. Être président de CME, cela veut dire assumer une mission transversale, être un trait d’union entre les spécialités, il existe toujours des micro-conflits entre les spécialités. Le président de CME doit être un facteur d’harmonie et un facilitateur. Sur le plan individuel, il faut savoir défendre ses confrères. Et sur le plan de l’établissement, il faut regarder ce qui peut nous permettre d’augmenter nos capacités. En tant que président de CME, j’effectue au moins 50 réunions par an. C’est du temps. Les lois évoluent sans cesse, nous sommes toujours obligés de nous adapter aux normes. Il faut respecter l’économie sans mettre la qualité de côté. Il y a 10 ou 15 ans, c’était l’affaire du directeur. Maintenant, tout le monde est concerné.

Quelle est votre actualité ?
En ce moment, nous essayons de mettre en place des partenariats public/privé pour des échanges de plateaux techniques. Nous voulons offrir des possibilités de collaboration, sur la chirurgie vasculaire, digestive, et exploration endoscopique, en ophtalmologie et ORL avec un hôpital public situé à 250 kilomètres. Gérer la rareté de l’offre de soins est un défi permanent. Mais même si cela prend du temps, nous avançons ! Un autre chantier qui nous tient à cœur : les possibilités pour les médecins de travailler simultanément dans les deux secteurs tout en étant couvert par une RCP.