La gestion d’un hôpital public par un opérateur privé est-elle possible en France ?

En Grande-Bretagne, pour la 1ere fois un hôpital public est désormais géré par une société privée. Les salariés resteront, eux, payés par l’Etat.
Cet exemple de nos voisins européens, peut-il s’appliquer en France ? Quels sont les avantages ?

Une solution en adéquation avec la réforme du NHS

La société britannique Circle (opérateur privé d’établissements hospitaliers) gère depuis le 1er février dernier la totalité d’un hôpital public au Royaume-Uni. Selon le NHS, il s’agit « nouvelle forme de gestion révolutionnaire ».

Pour autant, pour le NHS, « il n’est pas question d’une privatisation. Le personnel et les biens (de cet établissement) resteront au sein du NHS ».

L’annonce en juillet 2011 de la fermeture progressive de Southern Cross, qui gérait 750 établissements, avait relancé le débat sur la pertinence de confier au privé des services publics.

Et en France ? Cette situation est-elle envisageable ?

Une sous-traitance claire pour une meilleure productivité

Le groupe privé Capio dispose d’une longue expérience de gestion d’hôpitaux publics, notamment en Suède.

Dans ces établissements, ils ont pu fournir une qualité de soins optimale pour un coût inférieur aux tarifs des autres hôpitaux publics tout en conservant la satisfaction du personnel hospitalier.

Pour Sveneric Svensson, Directeur Général du groupe, pour qu’une telle collaboration fonctionne, « il est très important que les règles de ce contrat soient claires. Le contrat doit bien sûr constituer un accord positif pour les ARS leur garantissant un meilleur prix pour un volume et une qualité équivalents à ceux fournis par un prestataire public. Le contrat doit également porter sur une période suffisamment longue pour que le changement puisse intervenir […] D’autre part le prestataire privé doit avoir une souplesse managériale avec les équipes médicales afin de développer la productivité et la qualité souhaitées. Les contrats doivent inciter les médecins à être motivés et à prendre part au processus de changement ».

Aujourd’hui, il n’existe pas d’hôpitaux publics gérés par un prestataire privé en France. Les GCS sont des contrats de coopération entre les prestataires publics et privés et Capio est impliqué dans l’un d’eux à Bayonne. Ces contrats sont toutefois encore trop complexes et ne sont donc, pas en mesure d’atteindre le plein potentiel de l’amélioration de la productivité et la qualité de la prestation des soins aux patients desservis par l’hôpital public.

« Je pense que les hôpitaux français ont besoin d’idées nouvelles sur la façon de fournir des soins permettant une plus grande productivité. C’est ce qu’un prestataire privé peut offrir au système public. Il y a un besoin général de mise en œuvre de médecine moderne, de plus d’information aux patients permettant un rétablissement plus rapide, des séjours plus courts et donc par conséquent une productivité plus élevée.
Je recommande donc une sous-traitance claire de la prestation des soins de grâce à un contrat à durée déterminée » conclut Sverenic Svensson.

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