3 questions à Thierry BÉCHU, Délégué Général de la FHP-MCO.

Thierry BÉCHU, Délégué Général de la FHP-MCO.

Quels sont les enjeux du PLFSS 2013 ? 
L’un des premiers enjeux est évidemment de déterminer les ressources allouées chaque année à la santé, que ce soit pour la médecine de ville ou pour le secteur hospitalier. C’est le moment où la nation évalue les ressources qu’elle est prête à mettre à disposition pour les soins de ses citoyens.
Un deuxième enjeu tient à la façon dont ces ressources sont allouées : des mesures sont prises par le gouvernement pour donner des orientations dans la conduite de la politique hospitalière, sur des dossiers, par exemple cette année, la convergence tarifaire ou le report de la facturation dans les hôpitaux publics.
Enfin, le PLFSS est aussi l’occasion pour les décideurs politiques de réfléchir à la question du financement de la Sécurité sociale, comme le montre la volonté de modification de la taxe sur les salaires. Comment pérenniser notre système de protection sociale en garantissant les grands équilibres macro-économiques ? C’est également ces enjeux que le PLFSS porte.

Cette année, à quoi les établissements doivent-ils s’attendre? 

Exception faite de la fin de la convergence, au jour d’aujourd’hui, nous avons encore peu d’éléments sur la déclinaison du PLFSS. Le nouveau Cabinet du ministre a pris en compte les dossiers, mais n’a pas encore arrêté ses arbitrages. Quelques dossiers techniques ont cependant été lancés, comme l’évolution de la classification des GHM, incluant l’épineux dossier de la facturation des valves aortiques percutanées (TAVI), ou encore, comme le projet d’incitation financière à la qualité, auquel les établissements privés ont répondu massivement, avec près de 200 dossiers de candidature. Sur les 200 établissements retenus, 78 appartiennent au secteur privé. Au-delà de ces changements, nous n’attendons pas de révolution : les tendances impulsées l’année dernière devraient se confirmer. Les grands changements sont attendus pour 2014. L’évolution tarifaire au 1er mars 2013 prendra en compte des éléments de l’étude nationale des coûts, confirmant très probablement une tendance à la baisse pour des secteurs comme la cataracte, voir d’autres activités, mais aussi à la hausse, pour certaines activités médicales, par exemple.

Comment la FHP-MCO intervient-elle de manière efficace pour peser sur les négociations ? 

Tout d’abord, en montant des dossiers techniques et argumentés. Sans données, point d’écoute ! Il faut arriver avec des choses à présenter et à remettre pour laisser une trace, c’est une condition nécessaire. Par exemple, tous les ans, à la fin de l’été, après validation par les instances de la FHP-MCO, nous présentons un document relatif à nos préoccupations et nos positions sur la campagne tarifaire à venir (voir ici). Ensuite, il faut assumer un travail pédagogique : expliquer et répéter, infatigablement, particulièrement pendant les périodes de changement d’équipes ministérielles. Je remarque aussi que l’on a plus de chance d’être écouté si les Fédérations Hospitalières (FHF, FEHAP, UNICANCER, FHP/FHP-MCO) s’expriment d’une seule voix, comme cela a été le cas autour de la modification de la réglementation sur les contrôles T2A en 2011. Cette victoire a été le fruit d’un travail collectif, imputable aux quatre Fédérations.

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