Une cellule souche

La fronde des entrepreneurs français à l’encontre du gouvernement s’étale dans tous les journaux. Certains établissements qui se sont engagés dans la campagne Octobre Rose en faveur du dépistage du cancer du sein, se revêtent de rose pour masquer temporairement un cancer, celui aussi qui gangrène l’économie de notre secteur. Ces chefs d’entreprise en colère, c’est nous ; cette grogne, c’est la nôtre ! Toutes les raisons de leur colère nous sont familières : dilapidation et laxisme d’un côté, suicide lent et silencieux de l’autre. Emboîtons leur le pas et grossissons leurs rangs. La période attentiste nécessaire à la prise de connaissance avec nos nouvelles tutelles est derrière nous. Nous occupons notre chaise à toutes les réunions et négociations mais nous n’entrerons pas dans la religion qui nous est proposée. Sans se prendre pour des « Nobels », nous verrions bien une reprogrammation génétique de l’hospitalisation publique avec une cellule souche de l’hospitalisation privée !

Lamine GHARBI
Président du syndicat national FHP-MCO

« Les médecins ne sont pas des pigeons« 
En quelques jours seulement, presque 36 000 personnes se sont inscrites sur l’espace Facebook « Les médecins ne sont pas des pigeons » ! La lecture des contributions est préoccupante tant la colère est grande et le désenchantement des jeunes, fort. Hier le Quotidien du Médecin titrait : « pendant que les séniors négocient, les internes manifestent » ! Ils appellent également à cesser toute activité au bloc opératoire le 12 novembre prochain. Concernant les dépassements d’honoraires la séance conclusive du 17 octobre n’a pas abouti, aucun accord n’a été trouvé. Une séance extraordinaire et finale est prévue lundi prochain. A suive dans nos dépêches et prochain13h.

Accès à la médecine de ville
Sur les dépassements d’honoraires, UFC-Que choisir a décidé de frapper fort avec la sortie mardi d’une étude sur l’ampleur du phénomène. Selon l’UFC, 80 % des Français habitent dans une zone où l’accès à un gynécologue ou un ophtalmologue qui respecte le tarif de la Sécu est compliqué, comme pour 58 % des Français qui vivent dans une zone déficitaire en pédiatres qui ne facturent pas de dépassements. Pour les généralistes, le taux descend à 27 % et concerne 17,3 millions de personnes. Pour ce faire, les données disponibles sur Ameli.fr ont été replacées sur une carte géographique. Sont absents de cette étude les médecins des centres de santé, obligatoirement au tarif de la Sécu car ils n’apparaissent pas sur le site Ameli-direct. « Notre étude montre qu’il y a clairement une fracture entre ceux qui peuvent se soigner au tarif de la Sécu et ceux qui subissent les dépassements« , estime l’UFC-Que choisir. « Il est temps de mettre fin au laisser-faire bienveillant des pouvoirs publics alors que les tarifs des médecins ont été revalorisés plus rapidement que l’inflation depuis trente ans« . Les médecins apprécieront…

FHP : des nouveaux statuts
Une validation des nouveaux statuts a été votée majoritairement hier mercredi. Après une gestation de 18 mois, a été actée notamment la création d’un comité exécutif se substituant au Conseil d’Administration et au Bureau fédéral avec comme objectifs tout à la fois la simplification et le renforcement du pouvoir exécutif. C’est une équipe renforcée de 21 membres qui verra le jour, composée de : le président fédéral, 6 présidents de région, 6 représentants de spécialité, 6 présidents de groupe nationaux, et les présidents de la FHP-dialyse et de l’UNHPC. L’Assemblée permanente de syndicats constituée des membres du Comité Exécutif, des représentants des syndicats nationaux de spécialité (y compris FHP Dialyse et UNHPC) et des syndicats régionaux est réintroduite afin de disposer d’un espace privilégié d’échanges et de concertation pour assurer une cohérence politique.

Chaque Français habite à 15 minutes d’un généraliste (rapport INSEE) 
Mais 56 % seulement des Français prennent rendez-vous avec le médecin généraliste le plus proche et 80 % des consultations avec des spécialistes ne sont pas effectuées dans la commune la plus proche dotée. Plusieurs explications : les patients consultent sur le chemin de retour ou sur leur lieu de travail ou peut-être se rendent-ils chez un praticien mieux équipé ou de meilleure réputation, évoque l’étude. Le fait que certains patients puissent éviter des médecins pratiquant des dépassements d’honoraires est également probable, même s’il n’est pas mentionné dans l’étude. Les contours de déserts médicaux concernant les spécialistes se dessinent ainsi plus précisément. De plus, «certaines communes proches de professionnels pâtissent d’un déséquilibre entre le nombre de praticiens pouvant desservir ces communes et le nombre de patients potentiels, d’où un risque de file d’attente», jugent les auteurs du rapport. Les départs en retraite vont accélérer le phénomène : selon l’Ordre des médecins, les plus de 55 ans représentaient 42,9 % des praticiens en 2011.

Urgences : des idées mais aucun engagement
La Ministre de la Santé a annoncé mardi, au cours d’une réunion à laquelle assistait la FHP-MCO, que des structures pour favoriser l’accès aux services d’urgence seraient implantées dans les territoires isolés à partir du début de l’année prochaine, afin que «personne en France ne se trouve à plus de trente minutes de soins d’urgence ». Plusieurs pistes sont explorées : instauration de « médecins correspondants des urgences » ou de « services médicaux d’urgence territorialisés » mais aussi « mieux organiser le travail » dans les services d’urgences hospitalières avec notamment la mise en place de personnes pour orienter les patients. Enfin, des « médecins de proximité » pourraient voir le jour pour accueillir des malades qui n’ont pas besoin d’aller aux urgences. Au final, aucun engagement pris par la tutelle et peu de volonté de s’attaquer au cœur du sujet, à savoir la réorganisation profonde des services d’urgence actuels.

Marisol Touraine veut « briser » l’hospitalo-centrisme du plan Douleur
Il y a un an, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) avait rendu un rapport assez critique sur le troisième Plan Douleur 2006-2010, notamment en raison de son hospitalo-centrisme. Aujourd’hui, trois priorités ministérielles. Un « renforcement de l’évaluation » : L’usage des réglettes d’évaluation de la douleur pourrait par exemple être généralisé au domicile des patients ; la formation : « Trop de services, trop d’intervenants ne sont pas formés à la prise en charge de la douleur et ne savent pas où s’adresser pour être formés.  » Un répertoire des structures de formation à la prise en charge de la douleur va donc être publié par le ministère de la Santé ; enfin, une « meilleure coordination entre les différents intervenants : médecins, hôpital, aidants et associations« , afin de permettre aux patients de pouvoir rester le plus longtemps possible à domicile.

Evolution de la convention collective de la FEHAP : possible reprise des négociations
Les organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO) ont appelé les salariés des ESPIC à demander la réouverture des négociations de leur Convention collective nationale du travail sous l’arbitrage de Marisol Touraine, qui s’est déclarée « favorable à la reprise du dialogue social dans un cadre permettant aux parties prenantes de se remettre autour de la table« . Pour mémoire les négociations s’étaient closes le 3 septembre sans accord. De son côté, la FEHAP demande que les négociations reprennent sous la forme d’une commission mixte paritaire encadrée par le ministère du Travail. Une solution qui semble de plus en plus probable.

Un gel
La Ministre Marisol Touraine a annoncé mardi un gel des tarifs hospitaliers pour 2013. Auditionnée par la commission des affaires sociales du Sénat sur le PLFSS 2013, elle a indiqué que la mise en réserve des dépenses de 545 millions d’euros entrant dans le champ de l’Ondam passerait notamment par un gel des tarifs hospitaliers, sans préciser si ce gel concernerait tout ou partie des tarifs, mais ne concernerait pas les MIGAC.

Un « crash sanitaire« 
Médecins du Monde (MdM) constate une détérioration de la santé des plus exclus, et demande au gouvernement des « mesures exceptionnelles » pour améliorer leur accès aux soins, dans son rapport annuel rendu public mardi. « Dans un contexte de crise, dont les effets se font ressentir encore plus durement pour les plus précaires, les indicateurs de santé ne font que se dégrader« , souligne MdM, qui parlait déjà en 2011 de « crash sanitaire« . En 2011, les 21 centres de soins de l’ONG en France ont accueilli 29 466 personnes et effectué 40 627 consultations (+ 5,2 % depuis 2010 et + 22 % depuis 2008). Parmi ces patients, 99 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, 72 % vivent à la rue ou dans un logement précaire, 92 % sont des migrants, souvent en situation irrégulière, et 12 % sont mineurs. Dans les centres de soins, les files d’attente s’allongent.

Des sorties…mais des entrées
Le PLFSS 2013 prévoit 3,4 milliards d’euros de nouvelles recettes affectées à la Sécurité sociale. Il prévoit en particulier une importante réforme des cotisations sociales personnelles des non salariés, gérants de sociétés y compris. Elle représente 1,3 milliard d’euros de cotisations supplémentaires. Selon le gouvernement, 850 000 non salariés (hors autoentrepreneurs) supporteront une hausse de leurs cotisations sociales et 450 000 autres bénéficieront d’une baisse.

Question écrite à Mme la Ministre

Le Sénateur Raymond COUDERC a posé une question écrite à Mme la ministre en charge de la santé pour « connaître les mesures que le Gouvernement entend prendre pour améliorer la gestion du traitement des déchets de médicaments hospitaliers tout en réduisant les coûts engendrés par celui-ci sur les établissements médicaux, par ailleurs déjà soumis à de fortes contraintes financières ». L’idée est notamment d’élargir le périmètre d’action de Cyclamed aux déchets de médicaments de l’ensemble des établissements sanitaires et sociaux.

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