Une pilule amère

L’anticipation est un atout majeur du manager. Il faut le savoir, les nouvelles ne seraient pas bonnes. Les tarifs augmenteraient de 0,4% et, nouveauté 2013, seraient assortis d’un coefficient « prudentiel » de 0,5%. En effet, pour respecter l’ONDAM, le ministère de la santé déciderait que ce coefficient pourrait recalculer nos tarifs soit de façon aveugle pour tous, soit de façon ciblée sur les établissements qui dépasseront le volume d’activité autorisé. Jusqu’alors les seules MIGAC servaient de variable d’ajustement (et plus précisément les AC) – elles étaient gelées ou financées – mais c’était sans compter la vision hospitalo-centrée qui pointe l’inéquité du système lorsque seuls les hôpitaux publics supportent l’effort national. Nous touchons du doigt l’absurdité du système. Puisque nous ne pouvons pas être pénalisés sur les subventions qui nous sont refusées, c’est le coeur de l’activité, à savoir les tarifs, qui serait impacté ! L’aveu de notre ministre quant à l’opacité d’attribution de ces dotations, et ce par écrit dans une lettre du 13 décembre*, ne restreint en rien sa générosité si l’on en juge encore cette semaine par la distribution de 148,72 millions d’euros de MIGAC.
Le pacte de compétitivité issu du rapport Gallois cherchant quant à lui à insuffler un peu de bon sens dans ce désordre avec notamment la proposition d’un allègement des charges de 6% ou de 4%, faisait naître un peu d’espoir. Toutefois, nous restons extrêmement prudents et vigilants car l’éligibilité de nos établissements au dispositif CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) est aujourd’hui dans les mains des parlementaires. L’hospitalisation privée pourrait-elle être exclue de ce dispositif au motif d’une équité de traitement avec le secteur public qui n’en bénéficierait pas ? Au moment où les parlementaires entérinent la fin de la convergence tarifaire malgré un écart toujours injustifiable par quiconque de 22% entre les tarifs publics et privés, la pilule serait très amère et nos réactions ne se feraient pas attendre. Nous écouterons tous avec beaucoup d’attention les messages que notre ministre viendra nous délivrer à Lyon à l’occasion de notre congrès le 6 décembre. Vivement la semaine prochaine !

Lamine GHARBI
Président du syndicat national FHP-MCO

* »En termes de pilotage national, il me semble largement plus cohérent de réguler le coeur de l’activité, à savoir les tarifs, qu’une masse de dotations dont les contours et les modalités d’attribution, comme l’indiquent tous les récents rapports sur ce sujet, ne sont pas totalement limpides. »

Mobilisation dimanche 2 décembre
Lamine Gharbi représentera la FHP-MCO au sein du cortège des médecins qui défileront dans les rues de Paris à partir de 14h à l’appel de l’UCDF et de nombreuses autres organisations. Deux objectifs : l’annulation de l’avenant n°8 et la suppression du projet de loi visant à créer des réseaux de mutuelles. Soutenons nos médecins !
Par ailleurs, la régulation du secteur privé au sein des hôpitaux publics qui a fait l’objet d’atermoiements ces dernières semaines, est reportée à l’été prochain.

Les biologistes ont gagné… du temps
La diminution des tarifs a accéléré la concentration importante de laboratoires et a rendu difficile l’accès sur le marché libéral pour les jeunes biologistes. « Le monde de la biologie a besoin d’être rassuré », a déclaré Marisol Touraine. Un nouveau texte sur la biologie médicale devrait ainsi être déposé dès le mois de janvier.

Une enveloppe unique
Après les brillantes interventions des Dr Jean Paul Garassus, et Maître Thierry Dugast pour éclairer les membres du Conseil d’administration, des points de vue économiques et juridiques, avant d’échanger sur le maintien d’une enveloppe unique public/privé de financement, et malgré le signal d’ouverture donné par la ministre sur ce sujet, les administrateurs ont acté le maintien de la situation actuelle.

Le coût du travail
C’est la DGOS sur la base d’une étude DRESS qui le dit : un revenu net de 100 euros, coûte 207 euros aux ESPIC, 203 aux centres de lutte contre le cancer, 202 à nos cliniques, 189 euros aux hôpitaux publics si le salarié est titulaire et 193 euros s’il est contractuel.

Paray le Monial
29 jours que la clinique chirurgicale de Paray le Monial s’est vu retirer son autorisation et que ses portes demeurent fermées. « C’est une spoliation d’actif » déclare Lamine Gharbi.

Un tableau de bord, 2ème génération
La semaine de la sécurité des patients s’est ouverte ce lundi 26 novembre avec la diffusion, sur le site Platines, des résultats de 16 indicateurs de qualité et de sécurité des soins (données 2011). Les résultats sont jugés « satisfaisants » déclare la HAS. À partir de 2013, les indicateurs de pratique clinique et de 2014, les recueils d’indicateurs transversaux, seront publiés. De nouveaux indicateurs seront opposables en 2013 concernant la prise en charge des AVC et la prévention des hémorragies du post-partum en obstétrique. Une version 2 de l’indicateur sur le bon usage des antibiotiques sera quant à elle testée sur les activités 2013 pour une diffusion publique en 2014.

Un pilotage politique des ARS
« Les ARS doivent pouvoir définir de manière concertée des plans d’action précis sur chacun de nos territoires et je souhaite d’ailleurs que l’élaboration de ces plans d’action marque un changement de l’approche qu’ont les ARS des questions territoriales », a indiqué Marisol Touraine. « Elles doivent passer de la mise en œuvre de mesures administratives à un véritable pilotage politique afin de répondre aux besoins de santé, avec la volonté que chacun de nos concitoyens puisse bénéficier de la même qualité d’accès aux soins partout sur le territoire ».


Ca déborde
La Semaine Européenne de Réduction des Déchets 2012 vient de se terminer. En 2013, un établissement de santé en France va toujours générer en moyenne 40 types de déchets, l’équivalent de plus d’une tonne de déchets par lit et place. Au-delà du respect des impératifs indiscutables en matière d’hygiène et de qualité de soins, les établissements de santé peuvent mieux maîtriser l’impact humain, environnemental et économique de leur activité et les déchets qui en découlent. Le groupe de travail Réduction des déchets du C2DS vous propose un fascicule pratique, créé par des professionnels de santé pour leurs pairs. Contact : wiebke.winkler@c2ds.eu

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