3 questions à François DEMESMAY, groupe Capio

 François DEMESMAY, directeur des activités médicales du groupe Capio.



Considéré comme inconcevable il y a peu, c’est chose faite : des prothèses de hanche et des prothèses de genou ont été posées en ambulatoire dans deux établissements du groupe Capio. En mars dernier, à la Clinique Sainte Odile d’Haguenau en Alsace, une prothèse de genou a été posée en ambulatoire et au début du mois de septembre, à Bayonne, à la clinique Paulmy, c’est le cas d’une prothèse de hanche. Vers une généralisation de l’ambulatoire pour la pose de PTH et PTG ?

Comment avez-vous eu l’idée de poser les prothèses de hanche et de genou en ambulatoire ?
Il s’agit du résultat d’une recherche sur les techniques de récupération rapide après chirurgie, que nous souhaitons généraliser à l’ensemble des actes chirurgicaux, pour améliorer notamment la prise en charge de la douleur. La première fois que nous avons mis en place cette technique pour la pose d’une prothèse de genou, le chirurgien qui a réalisé l’opération, le Dr. Villeminot, n’a pas trouvé la patiente dans sa chambre au moment de sa visite du soir, mais en train de boire un café à l’accueil de la clinique. Elle lui a dit : « Je vais très bien, je serais même mieux chez moi ! » Et c’est comme ça qu’est née l’idée de la pose de prothèse de genou en ambulatoire, puis de la pose de prothèse de hanche. Si la pose de prothèse de hanche, réalisée par le Dr. Biette à la Clinique Paulmy de Bayonne, a eu plus de retombées médiatiques nationales, les deux prothèses relèvent de la même philosophie et montrent le potentiel de la récupération rapide.

Quels sont les premiers retours des patients ?
Pour le patient, c’est quasi-miraculeux. Au lieu de passer 7 à 10 jours à l’hôpital, comme c’est le cas pour la pose d’une prothèse de hanche « traditionnelle », ils peuvent rentrer le soir même chez eux. Nous avons désormais un recul de 9 mois pour la prothèse de genou, et de trois mois pour la prothèse de hanche. Tous les patients sont enthousiastes. Pour la prothèse de genou, une patiente exerçant une profession qui exige de se tenir debout, a même pu reprendre son activité professionnelle 8 jours après l’intervention !

Quelles évolutions pouvez-vous imaginer ?

Pour le moment, ce qui pénalise la récupération rapide, c’est le remboursement, du fait de l’existence des bornes basses. En effet, pour certains GHS, si les patients restent moins d’un certain temps, on considère que l’on a réalisé qu’une « partie » de la prise en charge et une décote est imputée sur le montant du paiement. Le problème est que la technologie médicale évolue plus vite que les logiques de remboursement des GHS. Dans le cas de la pose de prothèses en ambulatoire, nous espérons faire bouger les lignes et obtenir une reconnaissance pour ce nec plus ultra de la prise en charge. Ce n’est pas évident : le rapport du nombre de jours d’hospitalisation varie de un à dix, il faut être très pédagogue, rappeler que tous les patients ne sont pas éligibles. Il faut que les patients soient d’accord, et qu’ils répondent à certains critères médicaux et sociaux. Capio a validé la technique à double titre. D’abord au niveau médical, en s’appuyant sur ce qui se pratique en Scandinavie et en l’améliorant, et ensuite, en mettant en lumière l’intérêt économique potentiel de cette technique pour la collectivité. Nous espérons que rapidement, la borne basse sautera et que l’on obtiendra au moins la même tarification. Il n’est pas possible que l’avant-garde de la qualité de la prise en charge pour le patient soit pénalisée financièrement sur le long terme. Nous pensons aussi que le privé doit être proactif pour la diffusion de la récupération rapide, comme il a su le faire pour la cœlioscopie et pour la chirurgie ambulatoire.

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