Les antibiotiques en milieu hospitalier

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Le 18 novembre dernier s’est tenue la Journée européenne d’information sur les antibiotiques. L’occasion de revenir sur les enjeux de la surconsommation des antibiotiques.

Le danger de la surconsommation

On connait tous  le célèbre slogan de la campagne de l’Assurance Maladie « les antibiotiques, c’est pas automatique ». Si cette campagne a permis pendant un temps de réduire la consommation d’antibiotiques, la tendance est de nouveau à la hausse. Et la nouvelle campagne qui se veut plus pédagogique en expliquant que « si on les consomme à tort, ils deviendront moins forts » ne semble pas avoir régler le problème, pour l’instant : la France est le troisième plus gros prescripteur d’antibiotiques en Europe.
Le médicament miracle  qui a révolutionné la médecine moderne, est désormais en danger à cause de son mésusage. Pour offrir une durée de vie plus importante aux antibiotiques, il faudrait réduire leur consommation de 30%.

La surconsommation d’antibiotiques est devenue un véritable enjeu de santé publique. Comment soigner des infections devenues multi-résistantes aux antibiotiques ?

En Europe, 25 000 personnes meurent chaque année d’infections devenues impossibles à soigner. En cause : les bactéries multi résistantes (BMR) et la surconsommation d’antibiotiques.

4 patients sur 10 sous antibiotiques à l’hôpital

En France, c’est la médecine de ville qui représente le plus de prescriptions d’antibiotiques avec 90% de la consommation contre 10% dans le milieu hospitalier.

« Pourtant si en valeur absolue, la consommation d’antibiotiques est beaucoup plus élevée en ville qu’à l’hôpital, en valeur relative, le rapport s’inverse », selon un rapport de l’Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Ainsi, plus de 4 patients hospitalisés sur 10 ont reçu en 2010 une dose d’antibiotique, alors qu’en vile ce taux est inférieur à 30 personnes sur 1000.

L’exposition aux antibiotiques est donc majeure en milieu hospitalier.

On estime à 40% le pourcentage de prescriptions inutiles (en cas d’angine virale par exemple) en milieu hospitalier (60% en ville).

A l’hôpital comme en ville, les pénicillines représentent la classe d’antibiotiques la plus utilisée.

L’augmentation de la résistance bactérienne aux antibiotiques se traduit dans la pratique hospitalière par une augmentation de la morbidité, de la mortalité, des coûts d’hospitalisation et par l’apparition de micro-organismes résistants à l’ensemble des antibiotiques disponibles, véritable  réminiscence de l’ère pré-antibiotique. En médecine de ville et à  l’hôpital la résistance entraîne de fréquents échecs thérapeutiques lors  des traitements de première intention. Les causes de l’émergence et de la dissémination de la résistance bactérienne sont multiples.

Toutefois, l’usage excessif ou inapproprié des antibiotiques en est le déterminant essentiel. La résistance bactérienne est un phénomène complexe et son contrôle nécessite une politique concertée et une vigilance permanente et durable de l’ensemble des prescripteurs.

L’un des autres moyens de réduire la consommation  antibiotique, en milieu hospitalier, est la prévention des infections.

En adoptant, notamment, des mesures d’hygiène qui permettent de réduire la transmission croisée. Le  développement de la vaccination est aussi un des moyens de réduire l’occurrence de pathologies infectieuses. Enfin, la limitation dans leurs indications et dans leurs durées, des dispositifs invasifs favorisant  la survenue des infections, représente également une des voies d’amélioration possible.

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