Urgences : une gestion éloignée des réalités du terrain

La FHP-MCO déplore une gestion régionalisée des urgences trop souvent technocratique et éloignée des réalités du terrain et des vrais besoins des patients. Elle demande une remise à plat des ressources financières et sanitaires afin d’optimiser la prise en charge des patients.

« A quoi cela sert-il de pouvoir disposer d’un service d’urgences à moins de 30 minutes de chez soi – comme l’as promis le président de la République, si, une fois sur place, on doit y attendre quatre heures avant d’être pris en charge ? », interroge Lamine Gharbi, président du syndicat des cliniques et hôpitaux privés spécialisés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédération de l’hospitalisation privée.

La FHP-MCO estime nécessaire de revoir certains schémas régionaux « urgences » (les SROS Urgences) parfois trop théoriques face aux besoins réels de la population, avec des disparités régionales inquiétantes.

« Il est évident que si l’on veut trouver des solutions à l’engorgement chronique des urgences et améliorer les capacités et la qualité de l’accueil des patients, il manque sur l’ensemble du territoire au moins une quarantaine à une cinquantaine de structures. Avec leur maillage du territoire, les cliniques et hôpitaux privés, qui assument déjà cette mission de service public, sont prêts à s’investir encore davantage », affirme le président de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 établissements.

« Il faut revoir aussi les conditions d’adressage des patients par les SMUR et les pompiers, qui, dans une grande majorité des cas, privilégient systématiquement l’hôpital public au détriment des services d’urgences privés, même lorsque ces derniers peuvent répondre aux besoins et sont plus proches », souligne Lamine Gharbi.

La FHP-MCO souligne que des dizaines de demandes d’ouverture de services d’urgences privés sont en souffrance, alors que plus de deux millions de Français restent à plus de 30 minutes d’accès à une structure d’urgences.

« Nous souhaitons une organisation concertée et coordonnée entre les acteurs du secteur afin de surmonter les difficultés d’accueil qui pénalisent au premier chef la population mais aussi les personnels qui travaillent dans des conditions difficiles, d’où les nombreuses démissions ou menaces de démission collective récentes », poursuit Lamine Gharbi.

Aujourd’hui, 132 services d’urgences privés accueillent 2,2 millions de passage chaque année, avec dans certains centres les plus importants un nombre de passages pouvant dépasser les 50.000 par an. Les services d’urgences des cliniques et hôpitaux privés représentent souvent la seule offre de proximité dans des banlieues défavorisées, comme c’est le cas à Sarcelles, Trappes, Vénissieux.

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