Brice TEINTURIER, directeur général délégué d’IPSOS

3 questions à Brice TEINTURIER, directeur général délégué d’IPSOS

Comment estimez-vous la confiance des Français dans leur système de soin ?
D’une façon générale, les études montrent que la qualité perçue du système de soin est très élevée, ce qui est tout à fait remarquable dans l’univers de défiance généralisée qui nous entoure. Reste des peurs, mais liées surtout à des évolutions futures : la crainte d’une dégradation de la qualité des soins, la peur d’un grignotage du système, le sentiment que l’accès aux soins devient plus difficile… On se rend compte aussi que les patients sont très attachés à la coexistence d’un secteur public et d’un secteur privé ainsi qu’à la liberté de choix du praticien. Ils peuvent donc méconnaître une partie des missions de service public prises en charge par le secteur privé mais cela n’obère pas la bonne image globale de la médecine libérale. Le secteur privé n’est donc ni caricaturé, ni diabolisé, contrairement à ce que pensent souvent ses acteurs, très sensibles à des critiques possibles de la part des pouvoirs publics ou des médias mais qui ne reflètent pas la perception de l’immense majorité des Français.

Quels sont les indicateurs pour évaluer la confiance des Français dans leur système de santé à IPSOS ?
Nous utilisons de nombreuses approches, la plus fréquente étant l’enquête par sondage auprès d’échantillons représentatifs mais également, des études qualitatives sous la forme d’entretiens individuels approfondis ou de réunions de groupe. Nous pouvons aussi procéder via des observations non-participantes. Dans ce cas, nous dépêchons des enquêteurs sur le lieu qui fait l’objet de la recherche, par exemple un service d’urgences, et ceux-ci notent, sur la base d’une grille pré-élaborée, toute une série d’indications. Ce peut être des flux, des moments de tensions, des types de pathologies, etc. Enfin, nous organisons aussi des workshops avec le personnel lui-même, qu’il s’agisse des praticiens ou du personnel infirmier, pour savoir quel regard ces personnes portent sur la qualité des soins. Il y a donc de multiples entrées possibles, selon l’objectif précis assigné à l’étude.

Quels leviers pouvez-vous imaginer pour faire évoluer encore la confiance des Français dans leur système de soin ?
Ce qui préoccupe les Français, ce n’est pas l’opposition entre le secteur public et le secteur privé. C’est la désertification, le manque de temps des médecins, le coût des traitements, les dépassements d’honoraires, le reste à charge, le manque de coordination des soins, la difficulté à obtenir un rendez-vous. Les facteurs d’inquiétude sont là. La baisse de pouvoir d’achat des Français et la hausse des tarifs des mutuelles endommagent leur capacité à prendre leur santé en charge et les inquiètent pour l’avenir, tout comme le sentiment d’un accès plus difficile aux soins. C’est vers ces sujets qu’il faut se tourner.

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