Emmanuelle Prada Bordenave, Directrice générale de l’Agence de la biomédecine

Quels sont les chiffres du don d’organe en France ?

En 2012, pour la première fois, le seuil des 5 000 greffes a été franchi, 5 023 greffes d’organes ont été réalisées en France. C’est un résultat très encourageant pour les malades. Cependant, de plus en plus de malades sont inscrits chaque année sur la liste nationale d’attente. En effet, le succès de cette thérapeutique et le vieillissement de la population entraînent un recours toujours plus fréquent à la greffe d’organes par les médecins. Ainsi, en 2012, 17 627 malades ont eu besoin d’une greffe. Plus de 88 000 patients ont été greffés en France depuis 1991. Plus de 50 000 personnes étaient porteuses d’un greffon fonctionnel en 2012. Le plan greffe 2012-2016 affirme la volonté du Gouvernement, relayée par les directions des ARS, que la greffe devienne une priorité au sein de l’hôpital. Pour cela, l’Agence de la biomédecine est au service de tous pour faciliter la mise en œuvre de ce nouveau plan greffe. Voici un aperçu des axes stratégiques de développement de la greffe :
– Inscrire la greffe dans une filière de soins.
– Développer toutes les possibilités de prélèvement.
– Renforcer les systèmes de qualité et de sécurité sanitaire.
– Augmenter la diversité génétique des donneurs de cellules souches hématopoïétiques.

Pourquoi est-ce important de transmettre sa position à ses proches ? Quand et comment peut-on le faire ?

En France, selon la loi, nous sommes tous considérés comme donneurs d’organes potentiels, à moins d’avoir exprimé notre opposition. C’est ce que l’on appelle le consentement présumé. Conformément à la loi, quand une personne décède à l’hôpital et que le prélèvement d’organes est possible, l’équipe médicale consulte obligatoirement le Registre national des refus tenu par l’Agence de la biomédecine. Si le nom du défunt n’y figure pas, la loi impose à l’équipe médicale d’interroger la famille pour vérifier que leur proche n’était pas opposé au don d’organes. Les médecins ne vont jamais à l’encontre de l’expression d’une opposition par ses proches. Ne pas communiquer son choix pour le don de ses organes à ses proches, c’est les exposer au risque d’une décision difficile, dans un moment de deuil déjà très douloureux. Bien que 81 % de la population française soit favorable aux dons d’organes, seuls 49 % transmettent effectivement leur position à leurs proches (Sondage Ipsos, mars 2012).

Jusqu’à quel âge peut-on donner un organe ? Y a-t-il une limite d’âge ?

Tout le monde peut être amené à recevoir, un jour, une greffe d’organe. Tout le monde peut également être amené à donner ses organes : jeune ou âgé, contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de contre-indication au don en lien avec l’âge avancé. Le prélèvement sur personnes décédées peut être envisagé même si celles-ci étaient sous traitement médical ou avaient des antécédents médicaux lourds. Les médecins sont seuls juges, au cas par cas, de l’opportunité du prélèvement au moment du décès et de la qualité de chacun des organes. Aujourd’hui, le prélèvement est possible à tout âge. C’est à tort que les personnes de plus de 60 ans pensent souvent être exclues du don d’organe et de la greffe du fait de leur âge. En effet, la moyenne d’âge des donneurs prélevés est passée de 40 ans en 1999 à 54,5 ans en 2012. 32,6 % des donneurs ont plus de 65 ans en 2012. Il est possible de recevoir un organe jusqu’à plus de 70 ans.

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