Hypertension: un pacemaker en traitement ?

La France compte plus de 14 millions de personnes atteintes d’hypertension artérielle (HTA). Entre 5 et 10% d’entre elles seraient résistantes aux traitements. Une nouvelle alternative thérapeutique mise au point à Lyon pourrait bien être la solution.

Une première en France

Pour la première fois en France, l’implantation d’un pacemaker pour réguler la tension artérielle s’est déroulée à l’hôpital de la Croix-Rousse, le 12 juillet dernier.
L’opération a consisté à implanter un simulateur sur les artères carotides d’un patient de 72 ans, afin d’en  moduler la tension.

L’intervention a été réalisée par trois praticiens des Hospices Civils de Lyon : le Pr Pierre Lantelme (hypertensiologue), le Pr Patrick Feugier (Chirurgien implanteur) et le Dr Stéphane Workineh (anesthésiste).

L’intervention a duré 2 h sous anesthésie générale. Une baisse immédiate de tension a pu être observée avec une chute 17 à 12 pendant les essais réalisés lors de l’opération. Le patient est resté hospitalisé 3 jours. Le stimulateur n’a été activé que 2 semaines plus tard pour respecter la phase de cicatrisation. La tension pourra alors être mesurée sur le long cours. Les études nous indiquent qu’elle devrait être en moyenne inférieure de 3 points. On donc peut espérer que le patient implanté, qui malgré 7 traitements avait une pression moyenne à 17/11, tombe à 14/9. On envisage d’autre part un allègement de son traitement médicamenteux.

Tout d’un pacemaker

Le dispositif se présente comme un carré de 5 cm de côtés et de 1 cm d’épaisseur et ressemble à un stimulateur cardiaque. Placé sous la peau, vers le pectoral, l’appareil est connecté à une batterie dont la pile doit être changée entre 3 et 5 ans, l’intervention beaucoup plus légère s’effectue alors sous anesthésie locale.

Les barorécepteurs stabilisent et adaptent en permanence la pression artérielle aux changements brusques d’activité ou de position. Situés dans la carotide, ils mesurent la pression artérielle et envoient ces informations au système nerveux sympathique qui joue un rôle de régulateur notamment du rythme cardiaque. Ce système de contrôle doit s’adapter aux variations de pression. En freinant leur activité, le nouveau capteur arrive à diminuer la tension artérielle.

Une alternative prometteuse

L’hypertension artérielle (HTA) touche 14 millions de personnes en France. Elle est un facteur majeur de survenue de maladies cardiovasculaires, incluant les AVC, l’insuffisance cardiaque et les maladies coronaires ; ces maladies cardiovasculaires représentent la 2ème cause de décès en France. 5 à 10 % des patients sont résistants c’est-à-dire qu’ils n’arrivent pas à avoir une tension artérielle à moins de 14/9 malgré la prise de médicaments adaptés.

Cet appareil novateur représente un nouvel espoir pour des patients dont l’hypertension très sévère n’est pas maitrisable par les traitements médicamenteux.

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