3 questions à François Demesmay, Directeur Général délégué Capio France

François Demesmay, Directeur Général délégué Capio France.

Quels sont les enjeux de la chirurgie ambulatoire ? Le premier de nos enjeux est avant tout de proposer la meilleure qualité de soins à nos patients. La chirurgie ambulatoire y est tout particulièrement propice puisqu’elle combine prise en compte des attentes « sociétales » des patients (anticipation des étapes, réduction du temps d’attente, retour à la maison dès que possible) et demande de soins de qualité (gestion de la douleur, réduction du risque nosocomial, du risque de complication thromboembolique, etc.) Nous pouvons encore gagner en sécurité et en qualité via des protocoles qui intègrent systématiquement la gestion et la prévention des risques. Le second de nos enjeux est de proposer cette prise en charge pour tous les patients éligibles puisque des comparatifs européens objectivent que nous pouvons faire mieux en la matière.
En fait, c’est bien l’hospitalisation complète qui doit devenir l’exception dans nos réflexions et conceptions de nos organisations. Même s’il est évident que tous les patients ne pourront pas se faire opérer en ambulatoire, ce travail de sécurisation des pratiques et de gestion des flux bénéficie à tous. Enfin, le troisième enjeu est celui de la maîtrise de nos charges dans un environnement économique très contraint et l’ambulatoire permet justement de concilier qualité de prise en charge et réduction des coûts, notamment hôteliers.

Qu’avez-vous mis en place au sein du groupe Capio ? Nous avons utilisé les techniques de récupération rapide après chirurgie pour progresser dans nos offres en ambulatoire comme en hospitalisation complète. Cette démarche systématique vient bousculer les habitudes, nous amène à revoir toutes nos organisations et, par ricochet, nos architectures, mais nous ouvre aussi et surtout des horizons prometteurs sur ce que sera la prise en charge de demain. Nous avons créé une dynamique avec nos équipes et nos praticiens qui découvrent ensemble cette nouvelle façon de soigner toujours mieux, ce qui est leur vocation première.

Quels ont été les aspects positifs et négatifs rencontrés lors de ce travail ? Parmi les points positifs nous avons d’abord le très haut niveau de satisfaction des patients. L’ambulatoire et les DMS courtes sont plébiscitées quand elles reposent sur des bases saines à savoir une organisation rigoureuse, étayées par des données de médecine factuelle. Cela nous a aussi permis de réaliser de nombreuses percées médicales en quelques mois (PTH, Hémicolectomies, hystérectomies élargies, hernies discales…) en ambulatoire ou avec des DMS très courtes qui correspondent à notre conception de l’état de la science en chirurgie. Parmi les difficultés, il faut mentionner également que cela repose avant tout sur des hommes ou femmes et que parfois certains blocages psychologiques peuvent priver les patients de ces innovations. Compte tenu de cette dynamique positive, notre plus grosse difficulté à ce jour est cependant liée aux inepties de rémunération. Les bornes basses pénalisent l’innovation et doivent impérativement être révisées car il est inconcevable que le meilleur service rendu au patient soit pénalisé de la sorte (jusqu’à 75 % sur le tarif de niveau 1). Dans un autre registre, la rémunération assise sur la chambre particulière est elle aussi dépassée.
Puisque nous avons su innover dans nos prises en charge médico-chirurgicales, il nous faut à présent trouver de nouvelles modalités de rémunération (au résultat, à l’épisode de soins, à la bonne pratique…) Le Groupe Capio se veut aussi force de proposition sur le sujet et nous sommes confiants compte tenu de l’accueil de ces propositions auprès de nos partenaires économiques.

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