3 questions au Dr Paul Garassus, nouveau président de l’Union européenne de l’hospitalisation privée

Dr Paul Garassus, nouveau président de l’Union européenne de l’hospitalisation privée (UEHP).

Vous êtes le nouveau président de l’UEHP, en quoi concrètement l’UEHP peut-elle être utile aux établissements de santé privés français ?
De multiples façons, mais par exemple nous souhaitons faire de l’UEHP un guichet préférentiel. C’est-à-dire que nous voulons être en capacité de répondre aux établissements de santé sur les financements européens à leur disposition, et ils sont nombreux concernant la formation professionnelle ou bien d’autres sujets. Nous disposons de ces informations, et notre mission est de les partager et d’être un facilitateur d’accès. Plus largement, l’UEHP produit un travail coopératif que chaque fédération peut ensuite décliner nationalement. J’en veux pour preuve le dossier juridique concernant les aides d’État. L’Allemagne, la Belgique, mais aussi la Grèce, ont contesté les mêmes irrégularités que nous en France. Il y a un très fort sentiment communautaire et une même volonté de transparence, d’équité de traitement et de refus d’un regard asymétrique public/privé.

Quelle est votre feuille de route ?
Je souhaite une nouvelle impulsion pour l’avenir. Outre le dossier des aides d’État, nous avons des axes prioritaires de travail : celui de la liberté de choix des patients qui est un argument promu par la Commission européenne elle-même, celui des investissements productifs, c’est-à-dire comment dépenser à bon escient au sein d’une régulation optimisée, comment amener une lecture médico-économique ? Ou encore celui de l’innovation des acteurs au sein d’une coopération utile. Il va sans dire que l’UEHP est au service des fédérations nationales et à l’écoute de leurs besoins dans un secteur en forte mutation. Il s’agira de mutualiser nos meilleures pratiques et d’être créatifs et prospectifs. Nous sommes là pour accompagner le changement, voire l’anticiper.

Comment un neurologue devient-il président de l’UEHP ?
J’ai toujours voulu comprendre ! Tout d’abord la boîte noire qu’est le système nerveux, puis le fonctionnement du système de santé. Comment en tant que médecin, pouvais-je interagir avec le système ? C’est ainsi que de la recherche en neurologie, je suis passé à une mission de préparation à la T2A. Mon élection à la présidence de l’UEHP est ensuite le fruit d’une conjonction : d’une part, une forte volonté politique de la FHP et de son président Lamine Gharbi, que je tiens à remercier, qui souhaitait que la France prenne le lead en Europe, et d’autre part, la reconnaissance de dix ans d’expertise et donc de l’adéquation de mon profil au poste. Il s’agit d’une présidence tournante de deux ans. Sur les 28 pays européens, 17 sont représentés au sein de l’UEHP, car seuls sont membres les états disposant d’un secteur privé sociabilisé. Ainsi des pays comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou le Danemark sont absents. Il faut retenir que l’hospitalisation privée française est leader en Europe, suivie par l’Allemagne avec laquelle nous représentons les deux principaux contributeurs de l’UEHP, sans oublier l’Italie et l’Espagne qui disposent également d’une très belle offre d’établissements de santé privés.

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