Interview de Patrice RICHARD, DGARS Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy

Les problèmes de santé publique en Guadeloupe sont majeurs, liés au diabète et à l’hypertension. Selon vous, la complémentarité public-privé répond-elle de façon satisfaisante à ces problèmes ?

Pas encore, prévention et dépistage sont deux missions que doivent mieux prendre en compte les établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés. Nous avons lancé en 2014 un appel à projets « établissement de santé, promoteur de santé » et reçu des propositions très intéressantes d’établissements privés. Nous avons par ailleurs financé deux coordonnateurs d’éducation thérapeutique pour les trois territoires de santé et abouti mercredi 20 janvier dernier à la présentation d’un document récapitulant tous les programmes d’éducation thérapeutique. Nous proposons aux médecins généralistes un processus d’orientation vers les différents programmes, recueillant ainsi l’assentiment des participants, dont les porteurs de programmes issus des établissements privés. S’agissant des soins, et en particulier des soins de suite, je constate un certain équilibre entre les établissements publics et privés, qu’il s’agisse de la prise en charge des conséquences du diabète et notamment la dialyse (deux cliniques concernées versus le CHU et une association) ou les SSR, ou de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque. Autre sujet, la prise en charge de l’obésité, là aussi des réponses équilibrées entre les secteurs public et privé.

Les établissements de Guadeloupe souffrent plus qu’en métropole de la pénurie de médecins, comment enrayer ce problème ?

La démographie médicale est un problème chronique en Guadeloupe qui nécessite de faire appel à de coûteux médecins intérimaires qui ne se fondent pas dans les équipes médicales des établissements. Nous travaillons dans plusieurs instances en Guadeloupe sur ce sujet :
– Le comité de pilotage du pacte territoire santé que je réunis ce jeudi avec son volet formation universitaire : nous n’avons pas de difficulté pour recevoir des internes aux Antilles Guyane mais ils ne reviennent pas s’installer ensuite. Il nous faut donc travailler avec le doyen et les établissements de santé sur la fidélisation, mais également accroître les réponses en termes de chefs de clinique. L’engagement n°6 du pacte territoire santé II prévoit que le statut de chef de clinique sera élargi aux spécialistes libéraux.
– Le comité régional de l’ONDPS qui travaille sur l’attractivité et doit renforcer ses travaux en lien avec le Comité régional paritaire des PH.

Quel sens prend la loi de santé et la non-intégration des établissements privés qui pratiquent des DP au Service Public Hospitalier, dans la configuration particulière de la Guadeloupe ?

J’ai évoqué récemment ce sujet avec les responsables d’établissements de santé réunis en formation sur la Loi de modernisation du système de santé. Avant toute chose, nous avons convenu qu’il faudra rapidement que la réflexion que les hôpitaux publics vont avoir pour leur projet médical partagé, à finaliser d’ici Juin 2016, associe les établissements privés et les établissements médico-sociaux. Je pense que c’est dans ce cadre que votre question va pouvoir trouver une réponse.

Interview réalisée avec le concours de la FHP Guadeloupe.

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