La santé connectée modifie la prise en charge

La e-santé est perçue comme un moyen efficace pour améliorer sa santé et celle du système de santé : 81 %* des Français interrogés pensent qu’elle améliore la coordination des professionnels de santé, 75 % qu’elle limite les coûts liés au transport sanitaire, 63 % qu’elle aide à lutter contre les déserts médicaux. Toutefois pour 43 %, les répondants ont des craintes sur la confidentialité des données mais 82 % sont d’accord pour transmettre leurs données et favoriser ainsi la médecine prédictive.

Les data sont précisément la matière indispensable aux intelligences artificielles (IA) développées par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Google vient de signer avec la NHS un partenariat – pas sans éveiller de nombreuses oppositions – pour accéder aux données médicales des patients qui seront analysées par DeepMind, l’IA qui vient de gagner contre les meilleurs champions de jeu de Go. « L’IA forte serait capable d’éprouver une réelle conscience de soi et d’avoir une compréhension de ses raisonnements. L’IA faible vise à construire des systèmes autonomes, des algorythmes capables de résoudre des problèmes techniques en simulant l’intelligence. Nous ne sommes pas certains de disposer d’une IA forte d’ici 2050 mais l’IA faible est déjà capable de réaliser beaucoup de tâches mieux que des cerveaux humains (…) Watson d’IBM peut analyser en quelques instants des centaines de milliers de travaux scientifiques pour comprendre une mutation cancéreuse là où il faudrait 38 ans au cancérologue. C’est plus que l’espérance de vie du patient, et de l’oncologue », déclare le Dr Laurent Alexandre dans le magazine What’s up doc ? Le programme Watson est déjà utilisé par une dizaine d’établissements américains pour aider au traitement de patients atteints de cancer. Il propose des diagnostics en quelques minutes, là où un médecin peut passer des semaines à analyser des séquences ADN.

Ces nouveaux outils seraient-ils créés sans que les professionnels de santé ne soient consultés comme l’affirme le Dr Guillaume Marchand, président de DMD qui propose une approche collaborative de l’évaluation des applications mobiles ? Pour l’essentiel, oui, toutefois, des établissements se lancent dans l’aventure de la e-santé, comme le groupe Confluent de Nantes (Nouvelles Cliniques Nantaises et Centre Catherine de Sienne).

« La première étape a été de prendre une participation dans Kiplin, entreprise qui s‘est spécialisée dans les challenges connectés et qui va s’orienter vers des parcours patient. Les patients pourraient à l’aide de solutions connectées bénéficier d’une aide à la reprise d’activité par exemple. Des programmes personnalisés pourraient donc permettre de les suivre à l’extérieur de l’établissement après la phase aiguë de prise en charge. Le Confluent participe financièrement parce qu’il y a une synergie de compétences et d’objectifs avec Kiplin, qui est la première entreprise qui viendra s’installer chez nous en juillet 2016. D’autres entreprises innovantes du territoire devraient rejoindre l’éco-système d’entreprises innovantes. Les entreprises sont accueillies au sein de la clinique afin que la dynamique entre le soin/le patient et le digital soit optimale. L’objectif est d’étendre les murs de la clinique, afin que le patient soit suivi avant sa venue et après », explique Fanny Séguin-Loisance, directrice marketing et relation client du groupe Confluent.

*Sondage Deloitte, mai 2016.

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