Bernard Brincat, PDG de la Clinque Saint-Georges, Nice

Nous avons été alertés par twitter ! 

Comment les évènements se sont-ils déroulés ?

Tous les professionnels de santé à Nice ont fait preuve d’un grand professionnalisme.Ici aussi nos médecins et soignants ont été nombreux à se présenter spontanément à la clinique. À minuit, nous étions beaucoup.

Ce sont des membres du personnel qui, connectés à twitter, ont donné l’alerte chez nous. J’étais sur le pont dès 22h50 et le plan blanc a été immédiatement déclenché : urgentistes présents tout d’abord, cellule de crise mise en place, appel de médecins et soignants dans l’ordre séquentiel, etc. Toute la procédure a été respectée à la lettre.

Combien de patients avez-vous accueillis ?

Le premier patient est arrivé en taxi mais très vite les pompiers nous ont amené des patients lourds. Nous avons pris en charge dans la nuit une vingtaine de personnes dont beaucoup d’étrangers. Nous avons procédé en urgence aux opérations en digestif puis les opérations en traumatologie le vendredi matin. Nous avons dû gérer des situations extrêmement douloureuses. En parallèle, nous avons pris en charge beaucoup de personnes vraiment très choquées. Notre psychologue a travaillé toute la nuit.

Puis il y a eu une réplique le vendredi où nous avons accueilli presque une quinzaine de patients supplémentaires qui, soit par civisme, ne voulant pas embouteiller les urgences, soit sous le choc, ne s’étaient pas manifestés. Ils souffrent de chocs traumatique et psychologique.

Au moment où nous parlons (vendredi soir) l’urgence est aux soins, mais quels constats faites-vous déjà ?

Je suis choqué de constater que nous n’avons reçu aucune alerte de la part des tutelles. Nous avions il y a peu participé à des réunions « alerte attentat » organisées par la préfecture. Nous nous étions dotés à leur demande d’une boîte e-mail dédiée, nous avions participé à des simulations. Mais jeudi soir, personne n’a contacté notre établissement de soins.

Par ailleurs le système de centralisation des informations d’identité des victimes (ORSAN) n’a pas permis une coordination de l’information pour les familles. Les proches des disparus ont tourné d’établissement en établissement sans pouvoir apaiser leurs inquiétudes, induisant également une surcharge émotionnelle pour les soignants.

Enfin, aucune force de protection publique n’a pris position aux entrées de l’établissement et nous avons dû assurer seuls la sécurité de l’établissement. Des enseignements devront être tirés de cette situation.

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