Mesurer la pertinence des soins

Publication du 1er Atlas des variations de pratiques médicales

La DGOS, la CNAMTS et l’IRDES viennent de publier ce premier Atlas 2016 pour « inciter les professionnels de santé à re-questionner leurs pratiques », apporter aux usagers « des informations transparentes » et « alimenter la réflexion » des institutions de santé et des chercheurs.

À partir de recommandations existantes de la HAS,  les 10 interventions chirurgicales suivantes ont été tout d’abord observées sur les 33 thématiques sélectionnées : ablation des amygdales, de la vésicule biliaire, de l’utérus, de la thyroïde, appendicite, césarienne, chirurgie de l’obésité, de la prostate, du canal carpien, prothèse totale du genou. Des variations du simple au double, au triple et voire au décuple sont constatées entre les régions et parfois entre les départements d’une même région. Les données sont basées sur le lieu de résidence et non l’établissement.

La pertinence des soins est « un enjeu clé pour satisfaire aux préférences  et aux besoins de santé de tous les citoyens français tout en limitant l’augmentation des dépenses de santé », rappelle le ministère. Ce premier Atlas en appelle donc d’autres sur les examens d’imagerie, la prescription de médicaments, les parcours de soins, ou les orientations en SSR.

Rappel : le décret d’application de l’article 58 de la LFSS 2015 publié en novembre 2015 prévoit l’élaboration d’un Plan d’action régional pluriannuel de la pertinence des soins (PAPRAPS) concerté entre l’ARS et l’Assurance maladie et son suivi par une instance ad hoc réunissant notamment les professionnels, les fédérations et les usagers (IRAPS).

« Désétatiser » la santé

François Fillon, gagnant de la primaire de la droite et du centre souhaite « réformer profondément le système de santé » ,  le « désétatiser », « redonner de l’autonomie aux établissements de santé » et « remettre les médecins libéraux et les généralistes au cœur du système ». Il propose de « focaliser l’assurance publique universelle, notamment sur les affections graves ou de longue durée, le panier de soins solidaire, et l’assurance privée sur le reste, le panier de soins individuel ».

Rififi… La ministre Marisol Touraine réagissait déjà sur Twitter jeudi soir : « Les mutuelles sont des organismes privés ! Vous proposez la privatisation de la santé. Assumez-le ! » Les réseaux sociaux s’enflammaient alors pour rappeler que la ministre avait déclaré en 2012 au congrès de la Mutualité française «  38 millions de Français accèdent au système de santé grâce à vous. Sans mutuelle, la Sécurité sociale ne suffit plus » et le Président de la République François Hollande lançait alors sa proposition  « de généraliser à l’horizon 2017 une couverture complémentaire de qualité ».  Depuis le 1er janvier, une complémentaire santé est obligatoire pour tous les salariés.

62 % des Français n’ont jamais entendu parler de la nouvelle loi sur la fin de vie

Les Français s’intéressent-ils vraiment à la question de la fin de vie ? Les résultats du sondage Ifop commandé par la Fondation Adréa montrent pour le moins qu’ils sont désinformés, malgré les trois ans et demi de débats sur le sujet. La loi sur la fin de vie votée en février dernier instaure un droit à une sédation profonde et continue (53 % des Français pensent qu’elle n’est pas autorisée). Les Français ignorent le cadre légal de la fin de vie et des possibilités pour apaiser les souffrances et refuser l’acharnement thérapeutique ou juste faire connaître sa position plus tôt dans sa vie (44 % ont déjà entendu parler de cette possibilité dont 12 % l’ont écrite).

Par ailleurs, 76 % des répondants jugent les soins palliatifs efficaces pour apaiser les souffrances et 85 % souhaitent finir leur vie à domicile.

487 places supplémentaires ouvertes en 2e année de médecine 

Le gouvernement a annoncé une augmentation du numerus clausus de 6,2 %. 8154 places seront ouvertes cette année, contre 7676 l’année dernière. Une démarche insatisfaisante pour les syndicats de médecins. « Un numerus clausus relevé aujourd’hui ne produira pas d’effets avant une dizaine d’années. Les déserts médicaux, c’est maintenant » twittait le Dr Ortiz, président de la CSMF.

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