Dr Antoine Virat, Président de l’Association des réanimateurs du secteur privé (ARDSP)

Qu’est ce que l’ARDSP ?

L’ARDSP est l’ « Association des réanimateurs du secteur privé » (loi 1901), fondée le 29 mai 1985, créée au départ par un besoin d’entraide confraternelle lié aux difficultés d’exercice. Elle unit les réanimateurs du secteur privé qui veulent y adhérer, dans un esprit collégial et d’entraide confraternelle. Dès lors, l’association qui n’est pas un syndicat, ni une société savante, est devenue un groupe de réflexion, qui se veut indépendant de ceux-ci, laissant le libre choix à ses adhérents de s’y affilier ou non. Représentant l’exercice de la réanimation au sein d’établissements privés, cette association a donc pris sa place comme interlocuteur auprès des sociétés savantes, des syndicats, des instances tutélaires gouvernementales. Son point de vue et son pragmatisme ont permis, aidé par la FHP, l’intégration aux SROS, la participation à l’élaboration de la Loi 2002 concernant la réanimation et le maintien des ressources financières nécessaires à sa survie (Nomenclature, CCAM, PDS).

Comment voyez-vous l’avenir de la « filière de soins critiques » dans le secteur privé ?

Les médecins réanimateurs du secteur privé sont conscients des enjeux de la politique actuelle de santé. Ils s’inquiètent de ce que cette politique semble menacer l’existence même de services de réanimation dans le secteur privé, comme en témoigne les fermetures récentes de certaines réanimations offrant pourtant des soins de qualité.

Le service public met tout en œuvre, par la mainmise sur la régulation des soins, la législation, la création de GHT et les changements tarifaires, pour mener une politique de santé cherchant à recentrer les pathologies les plus lourdes sur les établissements publics et ne tenant pas compte des qualités inhérentes au secteur privé.

Pour espérer continuer à faire bénéficier au patient du savoir-faire des 54 équipes de réanimations du secteur privé, nous croyons à 2 principes :

– Le premier consiste à poursuivre ce que les médecins réanimateurs du secteur privé ont toujours fait : offrir des soins de qualité, s’appuyant sur les recommandations scientifiques en vigueur, sur des équipes motivées et sur un plateau technique performant. Ceci permet actuellement aux réanimations du secteur privé d’accueillir 12 % des patients hospitalisés en réanimation, pour un nombre de lits représentant 10 % du nombre de lits de réanimation sur notre territoire. Ces patients ont une gravité, un niveau de prise en charge et un devenir identiques à ceux des patients du secteur public.

– Le second cherche à structurer les différentes spécialités MCO autour de filières de soins critiques, des urgences à la réanimation et jusqu’au centre de réadaptation, pour sécuriser les patients les plus graves. Structurer ces filières de soins doit permettre d’attirer de surcroît de jeunes praticiens et leur permettre de déployer leurs talents au service des patients, dans l’intérêt de la population.

Selon vous quel est déjà, ou sera l’impact des GHT sur l’activité des établissements de santé privés (et leurs autorisations) ?

Les médecins du secteur privé ressentent dans leur exercice, la montée d’une compétitivité sur le thème des soins critiques entre le privé et le public, bâtie sur un mode asymétrique puisque c’est le public qui dispose des moyens de régulation des patients critiques, via la prise en charge par les SAMU entre-autres. Nous voyons là une vraie distorsion de concurrence sous couvert d’un argument de sécurité sanitaire, qui a comme conséquence depuis quelques années, de voir les patients qui souhaiteraient aller en réanimation dans le secteur privé, être orientés vers le secteur public.

Pour cette raison, les réanimateurs du secteur privé pensent qu’il faut organiser, à l’instar de ce que le secteur public a mis en place, un réseau de soins de type GHT entre établissements privés. En structurant les filières de soins, en apportant l’organisation et la qualité des soins, aidés par les qualités propres du secteur privé, les médecins privés entendent ainsi répondre aux exigences de la médecine actuelle et être attractifs.

C’est par cette volonté d’excellence et d’organisation que l’impact des GHT sur l’activité des établissements privés sera réduit au minimum.

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