Hospitalisation après passage aux urgences

Moins de risques d’être hospitalisé dans le privé

Le taux d’hospitalisation après passage aux urgences des personnes de plus de 15 ans est plus faible pour les établissements privés (15 %) que pour les établissements publics (26 %), révèle une étude de la DREES de février 2017, après analyse des passages de 52 000 patients en 2013. Si la prise en compte de l’état de santé du patient, de son environnement et du contexte de fonctionnement des services a permis de réduire l’écart public/privé lucratif à 4 points, il ne l’annule pas pour autant.

Cette différence s’observe pour tous les groupes d’âges et pour la majorité des motifs de recours avec des différences marquées pour les patients atteints de fièvre (52 % public vs 16 % privé) ; dyspnée (68 % vs 43 %) ; troubles neurologiques (37 % vs 20 %) ; traumatismes crâniens sans perte de connaissance (25 % vs 3 %). Les taux sont approchants pour les douleurs abdominales (34 % public vs 32 % privé), les motifs de gastro-entérologie autres que douleurs abdominales (39 % vs 40 %) et les patients adressés par un autre établissement de santé (55 % vs 56 %). La gynécologie-obstétrique fait exception avec un taux d’hospitalisation nettement supérieur pour le privé (23 % vs 14 %).

Par rapport aux courbes d’âge, les différences les plus marquées correspondent aux taux d’hospitalisation après passage aux urgences des personnes de 85 ans et plus : 46 % pour les établissements privés, 59 % pour les CHU et 62 % pour les CH.

Une hospitalisation post-urgence s’explique aussi par des raisons non-médicales, telles que la distance entre le domicile du patient et la structure d’urgences, ou encore le nombre de lits disponibles dans un établissement de soins. Ainsi, « une fréquence élevée d’appels pour trouver un lit d’hospitalisation » correspondrait à un taux d’hospitalisation moins élevé. De même, les circonstances du recours aux urgences sont également déterminantes. Les personnes arrivées par l’intermédiaire du SMUR ou du SAMU sont respectivement dans 55 % et 56 % des cas gardées en hospitalisation.

Selon la DREES, « deux éléments peuvent êtres avancés » pour tenter d’expliquer les différences public/privé : « les différences de patientèle des établissements publics et privés, d’un point de vue médical et social, et le modèle d’organisation, comme la possibilité d’accès direct dans un service particulier d’un établissement ou la disponibilité d’équipement pour le service des urgences ».

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Combien coûte une journée à l’hôpital ?


L’ATIH vient de publier son référentiel des coûts d’unités d’œuvre sur la base des données nationales issues du retraitement comptable (RTC) 2015. Ces données sont collectées chaque année auprès des établissements hospitaliers publics et privés à but non lucratif.

En ligne et en libre accès sur scansante.fr, il permet de consulter les coûts moyens par unité d’œuvre pour les services de soins et d’hébergement du patient suivant les spécialités, les services médico-techniques et les fonctions transversales de logistique. On y apprend par exemple qu’une journée en hospitalisation complète dans le service de chirurgie revient à en moyenne à 691 €, mais à 924 € en service de chirurgie, contre 582 € en service de médecine et 583 € en service de gynécologie obstétrique.

Pour les établissements privés, ces référentiels sont utiles pour comparer leurs propres coûts à la base constituée. Ils sont également utilisés par les tutelles au niveau régional pour définir certaines dotations hospitalières et objectifs économiques.

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Former les soignants aux violences faites aux femmes

Le 8 mars célèbre les femmes dans le monde. Le chemin de la parité homme/femme au sein des directions des établissements privés MCO est encore long car seules 28 % des directions sont féminines (sondage mars 2013).
Le Cercle Simone, association de femmes manager d’établissements de santé privés, signe un partenariat avec l’organisation Gynécologues sans frontières (GSF), avec le projet commun de lancer en 2017 une campagne de formation auprès des soignants sur la détection de violence faites aux femmes. Seront concernés, les soignants des services d’urgences et des maternités.

Ce projet vient en continuité des précédentes journées du « 8 mars » organisées par la FHP-MCO et le Cercle Simone à destination des femmes managers en santé et de leurs collègues masculins, pour bâtir progressivement une force de réflexion sur leur place et leurs valeurs ajoutées fortes dans le secteur de la santé.