Dr Patrick Gasser, Président de l’UMESPE

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à créer un nouveau syndicat « Avenir Spé » ?

Les médecins spécialistes n’ont pas eu leur place dans les deux dernières conventions et les trois dernières lois de santé qui ont dicté l’organisation de la santé en France. Je n’ai fait qu’accompagner des baisses, très rarement des augmentations tarifaires, si bien que nous sommes de plus en plus dans la difficulté d’exercice, et nous avons perdu toute reconnaissance alors que nous réalisons 80 % des diagnostics. En créant Avenir Spé, mon objectif est de fédérer et de parler d’une seule voix. Il y a des bonnes volontés partout. Avenir Spé est un syndicat qui appartient à tout le monde et dans le même temps, n’appartient à personne.

Quelle est la place que vous revendiquez au côté des généralistes ?

Nous prônons un renforcement des liens entre la médecine générale et celle spécialisée et nous devons recréer une réelle dynamique constructive entre nous. Depuis cette nouvelle place indépendante que nous offre Avenir Spé, nous pourrons reprendre le dialogue. Nous disposons désormais d’une voix autonome pour construire une offre de santé d’experts dans toutes les spécialités, accessibles à tous, dans tous les territoires. Nous avons une spécificité que nous revendiquons : nous sommes les médecins de l’expertise, de l’innovation. La médecine spécialisée aujourd’hui doit organiser le parcours des patients en accord avec le médecin traitant.

Quels sont vos objectifs ?

Le médecin généraliste n’arrive pas à tout faire, et il sait dès le matin à 8h que son planning ne lui permettra pas de prendre en charge de nouveaux patients. Les patients aux urgences veulent très vite avoir accès à des examens et des spécialistes. Ce sont les cardiologues et les équipes de cardiologie par exemple qui vont assurer sur le territoire la prise en charge des patients atteints de pathologies cardiaques. C’est la raison pour laquelle nous avons porté les équipes de soins spécialisés. Les CPTS ne répondent pas obligatoirement à cette problématique là. Le rôle du médecin généraliste demeure fondamental dans la prise en charge et la coordination autour du patient.

Je veux porter l’innovation en médecine, qu’elle soit plus accessible aux patients. Soyons aussi innovants dans nos propres organisations et coordination. Nous sommes et voulons rester des entrepreneurs, nous sommes des médecins libéraux. Évidemment, nous avons bousculé les murs… Mais il faut un syndicalisme de service, par exemple, accompagner nos confrères dans la structuration de leur propre société. Nous voulons fédérer tous les médecins spécialistes de France au travers d’une seule bannière.

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