Une reprise sécurisée des activités de soins

La nouvelle séquence qui s’ouvre avec la phase de déconfinement sera-t-elle plus simple ? Comment maintenir la capacité de réversibilité en 48h de nos organisations en « mode Covid », et se mettre en ordre de marche pour prendre en charge les patients dont l’état de santé appelle des soins désormais urgents ? Comment inspirer confiance à la population, quand 36 % des Français expriment des craintes à l’idée de retourner dans un établissement de santé, selon le sondage de Viavoice commandé par la FHP ?

Comment maintenir le moral des soignants, qui pour certains sont très éprouvés, alors que l’on peine à planifier les congés d’été, et dans le même temps répondre aux demandes de rattrapage d’activité des équipes médicales ? Comment enfin maintenir en interne l’esprit de solidarité entre ceux qui étaient au front et les autres, et à l’extérieur, celui de la collégialité, clé de réussite sur un territoire ? L’agilité de notre secteur, comme de l’ensemble des acteurs de la santé, est à nouveau mise à l’épreuve.

Il appartient aux ARS de décliner localement la doctrine nationale et d’organiser l’accès aux soins des patients sur leurs territoires. Dès lors, des variantes peuvent exister en raison de la situation de la pandémie au sein de chacune des régions. Le respect des consignes de sécurité transmises dans certaines « zones rouges », notamment celle d’une hospitalisation en chambre seule, et l’approvisionnement encadré des molécules en tension, conduisent à un redémarrage progressif de nos activités. De même, l’application des recommandations des sociétés savantes constitue une donnée majeure pour nos organisations et ralentit de fait la prise en charge des patients.

Mais rappelons que c’est en conjuguant les recommandations, son expérience et l’état de santé du patient que le praticien choisit la thérapeutique adaptée. Ce choix se fonde sur la balance bénéfice/risque à évaluer par le médecin pour chaque acte de prévention, de diagnostic ou de soins. Notre objectif est bien de garantir la reprise sécurisée des prises en charge hors Covid-19 sur l’ensemble des activités, en priorisant les situations de perte de chance. Le dépistage systématique et l’appel de la veille de tous les patients, avant un séjour programmé, peuvent faire partie des éléments de sécurisation tant que le virus continue à circuler.

Enfin, pour ouvrir plus sereinement cette nouvelle séquence, nous vous proposons de clore la précédente particulièrement éprouvante par la lecture du recueil des 27 récits Covid publiés par la FHP-MCO au fil des « 13h » du 13 mars au 11 mai.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

 

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