Covid et non-Covid : une gestion territoriale avant tout

Le grand public et les professionnels de santé disposent des chiffres de l’évolution quotidienne de l’épidémie de Covid-19. En revanche, ceux des reports de soins du printemps sont très probablement sous-évalués à ce stade, et ceux des reports à venir sont difficiles à anticiper. Où finit le report de soin et où commence la perte de chance ? Comme nous tous, le corps médical et les associations d’usagers s’inquiètent avec raison.

À un bout de la chaîne, les ARS posent un cadre de déprogrammation au regard de la reprise de l’épidémie, à l’autre bout, les médecins arbitrent la délivrance des soins en accord avec leur serment ordinal. Entre, les établissements de santé s’adaptent. Au final, aucun patient ne doit être oublié. Toutes décisions médicales valent dès lors qu’elles sont prises de façon collégiale à l’échelon pertinent de l’établissement de santé ou de réunions de concertation pluridisciplinaire.

Il s’agira, sans commentaires inutiles, de faire confiance aux décisions des professionnels de santé. Unités Covid, filières non-Covid, établissements de recours, il n’y a pas un scénario mais des scénarii possibles en fonction des configurations territoriales de l’offre de soins et avant tout dans l’intérêt de prises en charge efficientes de tous les patients Covid et non-Covid. Toutes répartitions des soins sur un territoire valent dès lors qu’elles sont prises avec l’accord de l’ensemble des effecteurs du périmètre.

Deux leçons doivent être tirées de la première vague épidémique, l’une concernant le rôle attribué à l’hospitalisation privée et l’autre la prise en charge des patients non-Covid. Si la première a été entendue et a conduit à intégrer notre secteur dans l’organisation des soins Covid dès le début de cette seconde vague, la deuxième appelle la plus grande vigilance de tous, puissance publique, médecins et établissements de santé. Des consignes spécifiques ont été données afin de préserver les activités de cancérologie, de dialyse, de pédiatrie, de prélèvements et de greffes.

L’équilibre des prises en charge Covid / non-Covid ne va pas être simple à trouver dans les semaines à venir, car avant de traiter des pathologies, nous prenons soins d’hommes et de femmes. Les choix faits ne doivent pas être silencieux mais collectifs, organisés, responsables et transparents.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO