Retex crise : chacun dans son rôle

Le tour de France des situations de terrain réalisé au conseil d’administration du 12 mai l’a montré clairement : la gestion concomitante de l’épidémie et de l’activité usuelle est performante dès lors que la confiance, en leur compétence et leur sens de la responsabilité, est accordée aux acteurs de terrain.

Dé-programmation, re-programmation, sous-programmation, chacun a son menu. Ici, l’ARS impose 100 % de déprogrammation jusqu’au 21 mai alors que les Français fréquenteront les terrasses dès le 19, là, les acteurs de terrain publics et privés accordent leur activité de soin sur 2 simples indicateurs – le nombre de lits de réanimation et de médecine Covid disponibles et le nombre armables sous 24 à 48h -, ou encore là, les professionnels de santé s’accordent sur un écrit co-rédigé par les trois fédérations hospitalières. Devinez où l’offre de soin assure la double garantie : faire face à l’épidémie et assurer les prises en charge qui ne peuvent attendre ?

Souhaitons que la territorialisation des soins et son corollaire, la responsabilité populationnelle, accélérées par l’épidémie, trouveront des modalités d’application pragmatiques dans l’après crise, à commencer par le renforcement du rôle des délégués départementaux des ARS, comme souhaité par le ministre lui-même. La clé du succès réside toutefois dans une condition essentielle : la confiance accordée aux acteurs, reconnus et chacun à leur place.

La FHP-MCO vient de répondre à une sollicitation de l’IGAS dans le dossier des soins critiques mais il y a une position qui vaut en général. Chaque acteur doit être le garant de sa fonction : l’Etat est en charge de la définition de la politique sanitaire, de ses priorités, et de la solidarité nationale, la tutelle régionale-territoriale est régulatrice, facilitatrice et fédératrice, et les acteurs de terrain force de propositions sont en charge de la mise en œuvre des organisations sanitaires territoriales au service de la population. Ainsi, nous pourrons avancer et relever ensemble des défis sanitaires.

Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO