Actus Santé du 13h N°633

Les médecins libéraux s’adressent aux Français

C’est une première ! Tous les syndicats de médecins libéraux s’expriment d’une seule voix pour expliquer les raisons des difficultés d’accès aux soins et alertent à l’approche de l’été. « Réagir, c’est actionner tous les leviers possibles. »

« Cet état de fait est l’héritage des politiques publiques qui, depuis 40 ans, ont conduit à réduire le nombre de médecins en formation et entraîné un manque d’attractivité du métier de soignant », indiquent-ils.

Les syndicats dressent un état des lieux. Être médecin libéral, c’est :

  • travailler en moyenne 54 h par semaine dont 44 h sont consacrées aux soins.
  • participer à la permanence des soins en ambulatoire. Les périodes de nuit – de 20h à minuit – sont assurées dans 95 % des territoires et le week-end pour 96 % d’entre eux.
  • reprendre son activité habituelle au lendemain de sa garde de régulation ou de son astreinte sans aucun repos compensateur.
  • assurer plus de 85 % des consultations quotidiennes, 60 % de l’activité chirurgicale, 80 % de la radiologie.
  • assurer plus des 2/3 des activités médico-techniques.
  • représenter 12 % du produit intérieur brut (PIB).

Ils ajoutent : « les hôpitaux publics, malgré le Ségur de la Santé, sont en grande souffrance. Les établissements privés pourtant accompagnés dans le cadre du ‘quoi qu’il en coûte’ sont soumis à des tensions financières inédites et des déprogrammations inhabituelles. Les fermetures de lits d’hospitalisation sont nombreuses, faute de soignants. La médecine libérale, bien moins accompagnée dans le cadre de la crise COVID, n’est pas épargnée. »

Sans préciser dans leur communiqué les initiatives à mettre en œuvre en urgence, ils prônent le renouveau d’un dialogue et ils dénoncent certaines propositions avancées.

« Imposer des installations dans des territoires où les services ont disparu (écoles, crèches, commerces) est une illusion qui ne ferait que réduire encore l’attractivité d’un secteur qui en manque cruellement. L’installation d’un médecin libéral ne se conçoit pas sans une politique globale d’aménagement du territoire. À nos yeux, il est urgent de définir un nouveau contrat social qui ne peut pas concerner seulement la médecine libérale. C’est dans cet état d’esprit que les syndicats de médecins libéraux ont entamé un dialogue avec leurs confrères hospitaliers. »

Les académies alertent sur une pénurie des DM

Les académies nationales de médecine, pharmacie et chirurgie alertent ensemble sur un risque réel de pénurie de DM et DMI en raison des difficultés de mise en application du nouveau règlement européen.

L’application de ce règlement européen (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux (NRDM) « entraîne un goulot d’étranglement qui bloque actuellement le processus du double fait de l’impossibilité de leur certification et de l’arrêt de leur commercialisation (au 26 mai 2024) ».

Selon les trois académies nationales, les raisons sont :

  • Les exigences de base de cette validation (nouvelle certification en vue du marquage CE) ne tiennent pas compte du caractère connu et de l’utilité établie, souvent depuis de plusieurs années, de nombreux dispositifs médicaux, notamment implantables ;
  • Les organismes notifiés sont en nombre insuffisant ;
  • Le nombre de dossiers est en forte augmentation ;
  • Le nombre d’experts est très insuffisant.

Elles souhaitent discuter des modalités et délais d’application, considérant « le système actuel comme le soulignait le dernier rapport parlementaire, ‘entre deux eaux réglementaires’ ».

Les académies proposent :

  • Une prolongation d’au minimum deux ans de la période transitoire de la mise en application du règlement afin d’éviter un effondrement de l’ensemble du système des DM et des DMI en Europe (organismes de notification et entreprises), et les pertes de chance qui en résulteraient pour les malades ;
  • Une réelle évaluation du risque, pour certains patients, d’être privés de DM et/ou DMI essentiels.

Accélération de la circulation du SARS-CoV-2

Santé publique France indique un taux d’incidence en forte progression (+53 %) dans toutes les classes d’âge, et le taux de positivité. Une légère augmentation des hospitalisations est observée. Voir aussi l’analyse de risque variants du 18.05.2022.

L’incidence des EIG a drastiquement diminué

L’étude Eneis 3 sur les événements indésirables graves entre 2009 et 2019 montre une réduction mais appelle à la vigilance. Les EIG étaient en 2019 de 4,4 pour 1 000 jours d’hospitalisation. 34 % des 123 EIG étudiés étaient évitables.

Les EIG ont causé 2,6 % des séjours dont 53 % étaient évitables. « La densité d’incidence des événements indésirables graves évitables survenus pendant l’hospitalisation a drastiquement diminué statistiquement entre 2009 et 2019 », indiquent les auteurs de l’étude Eneis.

« En médecine, une tendance à la baisse dans toutes les spécialités, sauf en soins critiques a été observée. En chirurgie, la densité d’incidence n’a diminué de manière statistiquement significative que dans les CHU. »

Cette enquête nationale longitudinale et prospective d’une incidence sur une population ouverte de séjours de patients hospitalisés à temps complet et suivis pendant une période de 7 jours à partir d’un échantillon tiré au sort d’établissements de santé publics et privés.

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