La dépression post-partum

La naissance d’un bébé peut déclencher des émotions puissantes, allant de l’excitation à la joie et de la peur à l’anxiété. Mais dans certains cas, cela peut aussi entraîner un état inattendu : la dépression post-partum.

Dans les deux à trois premiers jours suivant l’accouchement, beaucoup de nouvelles mamans souffrent d’une petite période de déprime : le «baby blues». Il  comprend généralement des sautes d’humeur, des crises de larmes, de l’anxiété et des difficultés à dormir. Le baby blues peut durer de quelques heures à quelques jours.

Cependant, certaines nouvelles mamans souffrent d’une forme de dépression plus grave et durable connue sous le nom de dépression post-partum. Comment en identifier les symptômes, la prévenir et la traiter ?

Des mesures pour dépister la dépression au plus tôt

Occasionnellement, un trouble de l’humeur appelé psychose post-partum peut également se développer après l’accouchement.

Il est important de souligner le fait que la dépression post-partum n’est pas un défaut de caractère ou une faiblesse. Parfois, cet état est simplement lié à une complication observée pendant l’accouchement. La dépression post-partum toucherait 15 à 30% des mères en 2022. C’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire d’effectuer un bon diagnostic afin qu’il ne s’étende pas à un état plus grave.

Dans ce but, le secrétaire d’État à l’enfance, Adrien Taquet avait déclaré lors des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie qu’un « entretien systématique autour de la cinquième semaine après l’accouchement » serait instauré au début de l’année 2022 pour repérer les dépressions post-partum.

Cet entretien sera effectué par des professionnels de santé (médecins ou sage-femme) sensibilisés à identifier les cas de dépressions post partum.

Si une femme est diagnostiquée à risque, il sera suivi d’un second entretien autour de la douzième semaine, a ajouté M. Taquet.

Une autre mesure de dépistage a été mise en place en 2022 visant à accompagner les familles dans les premiers temps de la naissance d’un enfant, notamment la mesure « 1 000 premiers jours » qui fournit des informations aux parents ou futurs parents.

Prévention et recommandations de l’OMS

Dès le 30 mars 2022, les recommandations de l’OMS sont très claires : il devient urgent de prodiguer des soins de qualité aux femmes et aux nouveau-nés au cours des premières semaines décisives suivant l’accouchement. L’objectif consiste à apporter un soutien à la santé physique et mentale durant la période postnatale et résoudre ainsi les problèmes de santé immédiats.

Au total, les nouvelles mesures comportent une soixantaine de recommandations visant à aider les femmes, les nouveau-nés et les familles à avoir une expérience postnatale positive :

  • soins de qualité dans des établissements de santé pendant au moins 24 heures après la naissance pour l’ensemble des femmes et des nouveau-nés
  • encouragements pour le partenaire à assister à des consultations pour soutenir sa compagne.

Il est également précisé par l’OMS que la durée minimale du séjour à l’hôpital après la naissance dépendra de plusieurs critères parmi lesquels le contexte social, le déroulement de l’accouchement et de la présence éventuelle de problèmes de santé.

Si des risques pour la santé sont identifiés, des consultations supplémentaires sont proposées, et une possibilité de traitement peut être instauré bien au-delà des six premières semaines.

Les taux de dépression post-partum en hausse pendant la pandémie covid 19

Selon une étude publiée par l’Université du Michigan en 2022, les taux de dépression post-partum ont triplé pour les nouvelles mamans pendant la pandémie. La dépression majeure et les pensées d’automutilation ont également progressé.

Cette étude s’appuie sur les données récoltées auprès de 670 nouvelles mamans qui ont effectué un dépistage en ligne entre février et juillet 2020. Un tiers s’est révélé positif pour la dépression post-partum et 20 % présentaient des symptômes de dépression majeure.

Avant la pandémie, environ 1 nouvelle mère sur 8 souffrait de dépression post-partum et entre 5 % et 7 % souffraient de dépression majeure, selon les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis.

« Nous avons également constaté que près de 1 participante sur 5 testée positive pour la dépression post-partum a déclaré avoir des pensées autodestructrices », a déclaré l’auteur principal Clayton Schuman, professeur adjoint de sciences infirmières à l’Université du Michigan.

« C’est très préoccupant étant donné qu’avant la pandémie, [une étude précédente] a révélé que le taux de suicide chez les patientes prénatales et post-partum était en augmentation aux États-Unis », a déclaré Schuman dans un communiqué de presse universitaire.

Selon l’étude, les nouvelles mères qui nourrissaient leurs nourrissons avec du lait maternisé étaient 92 % plus susceptibles d’avoir un dépistage positif de la dépression post-partum. 73 % d’entres elles sont plus susceptibles d’être dépistées pour une dépression majeure que celles qui ont allaité ou nourri au biberon avec leur propre lait.

Les mères dont les nourrissons étaient dans des unités de soins intensifs néonatals avaient un risque 74% plus élevé de dépression post-partum. De leur coté,  les mères qui craignaient de contracter la COVID-19 avaient une probabilité accrue de 71% d’être dépistées positives pour la dépression post-partum, selon l’étude.

Sources: