Réduire nos tarifs, c’est réduire l’emploi…

Sortez vos calculettes… Les premiers éléments de la campagne tarifaire viennent de nous être communiqués. Les arbitrages politiques ne sont pas encore terminés et ces chiffres ne nous indiquent que des tendances, mais qui dessinent les contours d’une catastrophe annoncée. Jugez par vous-mêmes, et pour l’essentiel : en 2014, ce seront, non pas un mais deux huitièmes qui seront récupérés au titre du CICE, équivalant à une baisse de tarif de 0,49 %. Le coefficient prudentiel à 0,35 % est maintenu. Notre volume prévisionnel d’activité est fixé arbitrairement à 2 % sans tenir compte de la réalité de 2013 qui raisonnablement devrait être de 0,5 % sur 2014. 15 millions d’euros d’économies sont prévues et préemptées sur la chirurgie ambulatoire.
30 millions seront redistribués au sein de notre branche au détriment, une nouvelle fois encore, de la tarification de la cataracte. Et si ce n’était pas suffisant, le ministère hésite entre quatre scénarios de mise en œuvre de la dégressivité des tarifs : globale MCO en taux d’évolution, ciblée sur certaines activités en taux d’évolution, ciblée sur certaines activités en nombre de séjours, identification des racines les plus contributrices à la croissance; le décret d’application est attendu fin février. La mesure de la variation d’activité portera vraisemblablement sur la différence entre 2014 sur 2013 (les progressions de CA de plus de 4 % seront ciblées… Soit, selon les scenarios, de 45 à 163 établissements seraient concernés et pour lesquels la baisse pourra être de 0,5 % supplémentaire… Les quatre directions de cabinet qui se sont succédé en deux ans au ministère de la Santé ont-elles relevé que nous existions et qu’un jour sans nous serait le pire de leur cauchemar ?
À notre main tendue, et quel que soit le registre sanitaire, économique, social invoqué, c’est le coup de règle qui nous attend. Entre lucidité et pessimisme, nous choisissons de nous battre ! La lutte s’organise et le mouvement de contestation avec toutes les composantes de la FHP va être puissant, structuré et organisé.Surtout restez connectés à vos e-mails et sms…

A suivre dans les tout prochains jours…

Lamine GHARBI
Président du syndicat national FHP-MCO 

Nous voulons + 2,75 % d’augmentation de tarifs
La FHP-MCO demandait le 23 janvier dernier au gouvernement de mettre en place un rattrapage tarifaire conséquent en 2014, d’au moins 2,75 %, au vu de la parfaite maîtrise, par le secteur privé MCO de ses objectifs de dépenses depuis deux ans. « Le secteur MCO n’a pas utilisé toute l’enveloppe budgétaire qui lui était allouée, avec une sous-exécution de 234 millions d’euros en deux ans (137 M€ en 2013, 97 M€ en 2012), soit l’équivalent de 2,75 % de nos tarifs. Nous avons donc pris de façon responsable notre part des efforts. C’est pourquoi nous ne comprendrions pas que le secteur privé soit pénalisé une nouvelle fois cette année, alors qu’il est le bon élève en matière de dépenses d’assurance maladie » soulignait Lamine Gharbi dans un communiqué de presse.

400 millions d’euros de déficit
La FHF annonce un déficit des hôpitaux publics de 400 millions d’euros pour 2013. Les difficultés des hôpitaux en 2013 « viennent d’un décalage entre nos autorisations de dépenses (+2,4 %) et l’évolution de nos charges (+ 3,6 % à 3,8 %) », expliquait son président. Pour Bernard Cazeneuve, ministre du Budget, et Marisol Touraine, ministre de la Santé, aucune donnée, à ce jour, ne permet de confirmer ou d’anticiper une dégradation de leurs résultats. Les chiffres seront consolidés en mars.

Les bornes basses de certains séjours chirurgicaux seront supprimées
La progression de la part en ambulatoire augmente (41% en moyenne en France) mais reste insuffisante selon le ministère pour qui elle constitue un axe stratégique fort. Des propositions étaient avancées par le directeur de la DGOS afin de favoriser le développement de la chirurgie ambulatoire : supprimer les bornes basses de certains séjours (sujet porté et défendu par la FHP-MCO depuis toujours), élargir le périmètre de certaines prises en charge vers des gestes plus complexes et à l’ensemble des patients éligibles, développer des indicateurs de qualité spécifiques à la chirurgie ambulatoire, poursuivre le dispositif de mise sous accord préalable et l’élargir à de nouveaux gestes et de nouveaux établissements.

Les réseaux de soins, c’est parti !
Le Conseil constitutionnel a validé dans son intégralité la loi Le Roux relative aux modalités de mise en œuvre des réseaux de soins des complémentaires santé. Les députés UMP, qui avaient saisi le Conseil constitutionnel, estimaient que le législateur avait excédé sa compétence en confiant aux mutuelles un rôle de régulation de certains secteurs de soins, « sans prévoir dans le même temps un encadrement suffisant qui préserve l’accès aux soins des patients et la liberté du patient de choisir son professionnel de santé », résume le juge suprême dans sa décision. Ils invoquaient également une rupture du principe d’égalité devant la loi et une atteinte à la liberté d’entreprendre, dans la mesure où elle pose le principe de réseaux ouverts sauf pour les opticiens-lunetiers. Si la modulation du niveau de prise en charge est autorisée, elle demeure interdite pour les actes et prestations assurés par les médecins.

Lutte contre les bactéries résistantes
La DGS et la DGOS demandent aux établissements d’appliquer les recommandations relatives à la prévention de la transmission des bactéries hautement résistantes aux antibiotiques émergentes, selon le HCSP. Depuis 2000, le nombre des infections dues à des entérobactéries porteuses d’une bêta-lactamase à spectre étendu (EBLSE) progresse de façon continue en milieu hospitalier. Cette augmentation expose au risque d’émergence des entérobactéries productrices de carbapénèmases (EPC). Voir le guide dédié de la HCSP Instruction n°DGOS/PF2/DGS/RI1/2014/08 du 14 janvier 2014 relative aux recommandations pour la prévention de la transmission croisée des bactéries hautement résistantes aux antibiotiques émergentes

Burn-out des directeurs d’hôpitaux
Plusieurs organisations dont l’Association des directeurs d’hôpital (ADH) se penchaient sur le sujet peu abordé des risques psychosociaux des directeurs. Un point commun émerge : la solitude du directeur… dans un contexte où le travail d’équipe est majeur. Les causes évoquées sont connues : le harcèlement des ARS ou textuel de l’administration en général, la multiplicité des contrôles, les incohérences du système, des propos racistes ou sexistes. Et si nous parlions du burn-out des directeurs de cliniques ?

Ondes électromagnétiques : le compromis

À l’initiative de l’écologiste Laurence Abeille, une loi permettant de réguler l’exposition aux ondes électromagnétiques a été votée par les députés le 23 janvier. S’il n’est plus question d’un abaissement des seuils à 0,6 volt par mètre (V/m) comme le suggérait la première version, le nouveau texte adopté vise à modérer l’exposition. Il prévoit l’adoption d’un décret fixant les valeurs « que ne doivent pas dépasser les champs électromagnétiques émis par les équipements radioélectriques ». Les opérateurs devront également réduire les « points atypiques », c’est-à-dire les endroits en France où l’exposition aux ondes est « sensiblement plus élevée que la moyenne ». Les députés ont également interdit l’installation de boîtiers Wi-fi dans les crèches et garderies, mais pas dans les écoles maternelles. Ce texte qui doit désormais être examiné par le Sénat, loin de satisfaire pleinement les riverains d’antennes, utilisateurs de portables et électro-hypersensibles, est une première avancée et comble le vide réglementaire sur le sujet.

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