Question de confiance

Le plan triennal stratégique de l’hospitalisation privée est le fruit principalement des orientations souhaitées et émises par le comité exécutif de notre fédération et des expertises cumulées des syndicats de spécialités. L’investissement temps des différents acteurs était très utile : nous disposons désormais d’un produit maison d’excellente qualité qui guide la profession pour les trois années à venir. Il est aujourd’hui incontournable. A partir de ce conducteur commun à tous, de ce schéma ambitieux partagé, nous conservons toute notre latitude au MCO pour déployer nos actions « de spécialités ». Ensemble, avec vos élus au bureau et au CA de la FHP-MCO, nous y travaillons pour précisément : comprendre, débattre, décider et agir. Ils vous représentent et seront tous là mercredi prochain à Paris pour la convention de la FHP-MCO. Venez les soutenir et les interpeller ! Mais un autre plan stratégique occupera tous les esprits, celui du ministère qui sera présenté le 17 juin aux professionnels de santé. Les premiers éléments dont nous disposons n’augurent strictement rien de bon mais à n’en point douter le discours sera très calibré. Notre ministre sait qu’elle peut compter sur nous pour garantir les meilleurs soins. Mais nous, quelle confiance sommes-nous prêts à lui accorder ?

 

 

 

 

Lamine GHARBI
Président du syndicat national FHP-MCO

« Je vous attends nombreuses et nombreux à notre convention FHP-MCO les 11 & 12 juin 2014 » – Programme

PMA : un taux de réussite du simple au triple
A l’occasion de la Journée de l’infertilité, Le Parisien publiait les résultats des 101 centres de PMA en France. Les résultats officiels sont en réalité diffusés depuis 2013 par l’Agence de la biomédecine qui prend en compte « quatre variables d’ajustement : l’âge des patientes ; le nombre d’ovocytes obtenus par ponction ; le nombre d’embryons obtenus par ponction ; le nombre d’embryons transférés », détaille le Professeur Dominique Royère, directeur adjoint de l’agence. Selon le classement effectué par Le Parisien, 10 établissements privés sont dans les 23 meilleurs centres : le meilleur et le seul à atteindre plus de 30% (= taux d’accouchements au regard du nombre de ponctions d’ovocytes) est la Polyclinique Francheville à Périgueux ; entre 27,5 et 30%, la clinique du Parc à Saint Saulve (Nord), la clinique du mail à La Rochelle ; entre 25% et 27,5%, la Polyclinique Majorelle à Nancy ; entre 22,5% et 25%, la Polyclinique Jean Vilar à Bruges, la Clinique du Val d’Ouest Vendôme à Ecully, la Polyclinique de Franche Comté à Besançon, la Clinique Saint-Michel à Toulon, la Polyclinique du Bois à Lille, et la Clinique de la Dhuys à Bagnolet.

Soyez bons !
A partir de l’automne prochain, le site Scope Santé diffusera également des informations sur la présence d’un IRM (24h24 et 7j/7) pour les urgences neurologiques et neurovasculaires, ainsi que celles d’unités neurovasculaires pour les AVC. En tout, 20 indicateurs seront renseignés. La DGOS rappelle que notamment concernant la lutte contre les infections nosocomiales ou le dossier patient, une performance supérieure à 80% est « un minimum à atteindre« . Les ARS peuvent en effet fixer des objectifs régionaux plus exigeants. En 2014, 10% des établissements de santé seront contrôlés sur le recueil des indicateurs au niveau de chaque région.

Un coût de l’AME insuffisamment provisionné
Le montant de l’AME a progressé de 25 % entre 2012 et 2013 pour atteindre 744 millions d’euros, un chiffre qui grimpe même à 846 millions d’euros si l’on y inclut les frais avancés par l’assurance maladie en ce qui concerne les soins d’urgence. Les soins de ville ont augmenté de 16,5 %, mais ce sont surtout les frais d’hospitalisation (+ 26 %) qui causent la forte hausse des crédits dépensés. 278.262 personnes étaient bénéficiaires de l’AME à la fin septembre 2013 (+ 10,2 %). Le  rapport de la Cour des comptes sur le budget de l’Etat 2013 et publié la semaine dernière, s’inquiète d’un fort risque « d’insoutenabilité budgétaire » due à la sous-évaluation à 600 millions des crédits votés pour l’AME en 2014.

Multiplier par 2 la HAD d’ici 2018
C’est l’objectif du ministère et c’est ce que Elisabeth Hubert, ancienne ministre de la santé et présidente de la FNEHAD, est venue nous rappeler lors du CA de la FHP-MCO le mois dernier. Les études de satisfaction montrent que les patients aiment. La sécu aussi ! La HAD ne pèse que 1% des dépenses hospitalières aujourd’hui. « Nos tarifs sont une à trois fois et demie moins élevés qu’en hôpital », confirmait-elle. La Cour des comptes s’impatiente et déclare que « L’hospitalisation à domicile pourrait progressivement atteindre en France la part qui est la sienne dans les pays étrangers, quatre fois supérieure à l’objectif fixé par les pouvoirs publics ».

Transports sanitaires : un potentiel d’économies
La Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (MECSS) vient d’entendre les représentants des fédérations hospitalières sur le transport des patients. « Dans le territoire mayennais, deux petits plateaux techniques, effectuant chacun moins de 1 500 interventions à l’année, ont été supprimés. L’un était au nord de Laval, l’autre au sud. Fatalement, les besoins en transports sanitaires dans cette région vont croître », déclarait à Hospimédia Thierry Béchu, délégué général FHP-MCO. Pour mémoire, il y a deux ans, la Cour des comptes identifiait un potentiel d’économies de 450 millions d’euros sur ce poste. Les transports sanitaires pris en charge par l’assurance maladie (3,5 milliards d’euros par an) sont assurés à 37 % par des ambulances, à 31 % par des taxis et à 23 % par des véhicules sanitaires légers (VSL). Hors frais kilométriques, un transport en ambulance coûte 121 euros et un en VSL 28 euros.

Lucentis contre Avastin
Autrement dit Novartis contre Roche. Le Lucentis est apparu dans les années 2000 pour soigner les rétines malades, il coûte 830 euros. Arrive sur le marché un médicament jumeau l’Avastin qui ne dispose pas d’AMM en ophtalmologie, il coûte 25 euros. L’Allemagne autorise la prescription d’Avastin en ophtalmo et l’autorité de la concurrence italienne vient de condamner les deux entreprises suisses pour entente illicite. En France, « la Direction générale de la santé a publié, en juillet 2012, sans concertation avec les professionnels, une instruction pour interdire cette pratique et imposer l’emploi du médicament quarante fois plus coûteux. Coût pour la Sécu : 1 million d’euros par jour » dénoncent deux professeurs de l’AP-HP dans une tribune. « La somme déboursée chaque année pour acquitter la facture du Lucentis suffirait à recruter 10 000 infirmières supplémentaires » ajoutent-ils.

L’OMS définit ses priorités
La 67ème Assemblée mondiale de la Santé s’est tenue récemment en présence de 3500 délégués inscrits. Elle a adopté 20 résolutions sur des questions de santé publique d’importance mondiale notamment autour des points suivants :  la résistance aux antimicrobiens, les conséquences de l’exposition au mercure et aux composés du mercure, la violence, en particulier à l’égard des femmes et des filles, la santé du nouveau-né, l’accès aux médicaments essentiels, le renforcement des systèmes de réglementation pharmaceutique.


Résidus médicamenteux : toujours rien de concret
Le C2DS déplore l’inefficacité des mesures prises pour encadrer le traitement des résidus médicamenteux, malgré de nombreuses alertes. Le PNRM, le Plan national sur les résidus médicamenteux, lancé en 2011, reste abstrait alors que des solutions existent : le classement des médicaments dès leur prescription, selon un indice qui définit leur bioaccumulation, leur persistance et leur toxicité pour l’environnement (indice PBT), l’équipement des stations d’épuration de centrales de traitements spécifiques aux effluents hospitaliers et enfin, l’extension de la filière cyclamed, qui retraite les médicaments des mènages, aux établissements de santé. Autre urgence : l’interdiction de l’épandage des boues de stations d’épuration si les résidus médicamenteux n’y sont pas mesurés. Selon Olivier Toma, président du C2DS, « on épand dans les champs des boues qui contiennent des médicaments« .

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