Christian Anastasy, directeur général de l’ANAP

3 questions à Christian Anastasy, directeur général de l’ANAP.
Vous revenez tout juste de votre université d’été, quelles sont les principales thématiques que vous avez abordées ? Le fil conducteur de la manifestation « comment mobiliser les professionnels pour réussir le changement » a été décliné selon plusieurs axes. Les intervenants ont évidemment mis l’accent sur la dimension managériale de ce thème. En effet, Gilles Herreros, sociologue au centre Max Weber de Lyon, a souligné d’emblée la tension qui existe entre le vécu des professionnels au quotidien et le cap du changement que tentent de tenir les gestionnaires des organisations de santé. Il a été prolongé dans son propos par Patrick Légeron, psychiatre à Sainte-Anne, qui en tant que spécialiste des risques psychosociaux (RPS), a mis en exergue les leviers managériaux et organisationnels que les cadres pouvaient mobiliser dans un objectif de prévention des RPS. Enfin, au cours d’une table ronde de haut niveau, ont été évoquées successivement l’efficacité du dialogue social dans le secteur sanitaire et social (Frédéric Boiron/Jacky Bontems), l’organisation de la médecine de premier recours (Pierre de Haas/Bernard Huynh) et enfin les conditions de réussite de la mise en œuvre des parcours de santé (Frédéric Van Roekeghem/Jean-Yves Grall). Vous pouvez retrouver le programme complet, les vidéos et les interventions sur www.performance-en-sante.fr.
Quels enseignements avez-vous pu en tirer ? Sur un plan global, nous retenons que l’intérêt du thème a permis de rassembler plus de 500 professionnels un vendredi et un samedi au mois d’août ! Par ailleurs, les retours des participants nous consolident dans notre volonté de décloisonnement entre le secteur sanitaire et le secteur médico-social, entre l’hôpital et la ville, entre les gestionnaires et les soignants. Vos lecteurs pourront cependant regretter la relative sous-représentation du secteur privé. Je les invite donc à se montrer attentifs à nos sollicitations car de nombreuses initiatives remarquables proviennent des cliniques et mériteraient d’être valorisées au cours d’un tel évènement. Sur le fond, les débats ont souligné l’impérieuse nécessité de donner du sens aux réformes et de faire participer l’ensemble des professionnels. L’adhésion à un projet ne se décrète pas, elle s’établit progressivement dans le cadre d’un contrat de confiance. Il faut mesurer que dans la situation de notre système de santé, il est absolument nécessaire de retrouver des marges de manœuvre que seules des organisations revues en profondeur sont susceptibles de nous donner.
À quoi les établissements MCO devront-ils être particulièrement attentifs ces prochaines années ?
La problématique de la cohérence de notre système de santé dans toute sa diversité devra faire l’objet d’une attention de l’ensemble des acteurs, y compris ceux exerçant dans les cliniques MCO. En effet, l’exigence de complémentarité, de coordination, voire de coopération, finira forcément par s’imposer à tous les offreurs de soins. Les usagers, de mieux en mieux informés, libres de leur choix ou orientés par leurs assureurs, vont sans doute avoir tendance à privilégier une offre intégrée de services (des soins aigus à la réadaptation, du court séjour à la prise en charge chronique). En définitive, la capacité d’adaptation (voire d’anticipation) est et restera l’un des déterminants essentiels du succès des établissements MCO dans les prochaines années.

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