3 questions à Dr Philippe Cuq, président du syndicat Le Bloc et président de la Société française de chirurgie ambulatoire (SFCA)

3 questions à Dr Philippe Cuq, président du syndicat Le Bloc et président de la Société française de chirurgie ambulatoire (SFCA), fondée en juin 2014, qui tenait samedi dernier son premier colloque.

Quels sont les objectifs de la Société française de chirurgie ambulatoire (SFCA) ? Notre souhait est de mettre les soignants, que ce soient les équipes opératoires ou les équipes travaillant à domicile, au cœur du système. La chirurgie ambulatoire, c’est eux. Aujourd’hui, si l’on souhaite augmenter le périmètre de la chirurgie ambulatoire, il est essentiel de lui accorder des moyens. Moyens humains d’abord, en formant mieux le personnel de soin, les infirmiers, moyens techniques ensuite, en s’assurant de travailler avec des dispositifs à la pointe de la qualité et de la sécurité, et moyens financiers enfin, car il faut que les soignants aient une contrepartie à ce changement de paradigme. Lors du colloque, certains infirmiers ont rapporté qu’un acte à domicile leur était facturé parfois 8 euros, déplacement inclus : c’est inconcevable. Le développement de la chirurgie ambulatoire concerne toutes les parties prenantes du secteur de la santé : les pouvoirs publics, les établissements, les soignants, les patients, l’assurance maladie et les complémentaires santé.

Quelles ont été les principales avancées de votre colloque du 11 octobre dernier ? Au terme de notre colloque, nous avons établi dix propositions pour développer et améliorer la pratique de la chirurgie ambulatoire en France. Pour nous, la création de la SFCA est l’occasion de faire remonter les bonnes pratiques et de collecter les retours d’expériences de nombreuses équipes, qui, parfois, pratiquent déjà des actes lourds en ambulatoire. Nous souhaitons maintenant nous retrouver tous les ans pour faire un bilan, publier des études, amener des supports scientifiques dans le débat, et démontrer que la chirurgie ambulatoire améliore la satisfaction des patients et ne comporte pas plus de risques.

Comment travaillez-vous avec le secteur public ? Aujourd’hui, 43 % des actes sont réalisés en ambulatoire et le privé en assure 70 %. Le secteur public accuse un gros retard en la matière et doit faire des efforts. Dans le privé, nous avons beaucoup travaillé sur l’organisation, et ce qui nous manque vraiment maintenant, ce sont les moyens. Le public doit encore avancer sur l’organisation. Cependant la SFCA accueille aussi de nombreux praticiens exerçant dans le public, car il faut être transversal si nous voulons avancer. La réflexion autour de l’ambulatoire doit englober aussi le juridique, l’organisationnel, le médico-économique… D’autant plus que l’amélioration de l’ambulatoire fait partie des objectifs de la stratégie nationale de santé.

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