3 questions à Dr Paul Garassus, président du conseil scientifique BAQIMEHP

3 questions à Dr Paul Garassus, président du conseil scientifique du BAQIMEHP, vice président de la Société française d’économie de santé et membre de l’UEHP.

La première phase de recherche opérationnelle autour de l’IFAQ se termine et l’IFAQ entre dans la Loi de financement de la Sécurité sociale 2015. Aujourd’hui, où en est-on ? L’Incitation financière à l’amélioration de la qualité (IFAQ) est vraiment née d’un travail de collaboration entre le Ministère, la Haute-Autorité de santé et les fédérations hospitalières. Nous avons été associés dès le départ à cette méthodologie. Au fondement de cette incitation, on trouve la nécessité de passer d’un financement quantitatif à un financement qualitatif. A partir de là, nous nous sommes demandé : selon quels critères peut-on définir la qualité, et de quelle incitation financière parle-t-on ? Nous sommes arrivés à une première étape de ce processus évolutif, et nous allons continuer de participer activement à l’IFAQ 2, et même à l’avenir peut-être à l’IFAQ 3. Le chemin est encore long ! L’organisme porteur du projet, COMPAQH, a mis l’accent sur un processus collaboratif avec un échéancier renouvelé dans la durée.

Comment s’est déroulée cette collaboration ? Au début, nous avons avancé très lentement, il pouvait y avoir une certaine prudence collective liée surtout au fait que nous étions dans l’impossibilité à ce stade de prévoir les réels enjeux d’IFAQ. Les recueils d’indicateurs étaient tirés des manuels de certification, et personne ne voulait s’engager dans une démarche couperet. Aujourd’hui au contraire, tout le monde se connaît bien, il y a un véritable esprit d’équipe pour faire évoluer l’incitation financière à la qualité. Nous avons compris qu’il fallait être exigeant et placer la barre haut pour vraiment tirer profit de ce mode de financement complémentaire. Grâce à cette culture de travail collectif, nous sommes plus rapides et les débats sont plus riches. Pour autant, nous sommes et restons porteurs d’opinions, nous ne cautionnons pas tout ce qu’avance nos tutelles. Outre la méthode il est aussi important d’assurer la communication, et au sein des établissements nous avons identifié plusieurs relais pour diffuser IFAQ : tout d’abord, les directeurs d’établissements, les principaux moteurs, mais aussi les présidents de CME et les responsables qualité.

Pourquoi engager les établissements du secteur privé dans une démarche d’IFAQ ? Même si le secteur privé se positionne positivement dans les démarches qualité, tous les établissements doivent avancer de façon concertée. Il n’y a pas de différence majeure ni de positionnement sectoriel. Pour nous, il est important de rappeler qu’IFAQ n’est pas une enveloppe de plus mais un processus d’engagement sur le long terme. Ce doit être un principe dynamique et évolutif, et Il nous faut être militant pour s’aventurer dans cette voie. Certes, en période de crise, un financement complémentaire est toujours bon à prendre. Mais au-delà de l’enveloppe budgétaire, IFAQ représente aussi un véritable levier de management en mesurant et valorisant à la fois la performance et l’effort. Ce projet permet de se positionner, de connaître ses points forts et ses points faibles et donc d’optimiser ses résultats en interne. Nous pourrions résumer ainsi sa finalité ultime : faisons des efforts en faveur de la qualité hospitalière, nous serons tous récompensés.

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