L’absence de décision est la pire des décisions

Il est des situations ubuesques qui pourraient nous faire rire… si elles ne nous concernaient pas. Nous sommes le 5 mars et toujours aucune nouvelle des tarifs applicables au 1er mars. Dans un contexte économique difficile, nous avons besoin de dirigeants politiques qui prennent leurs responsabilités et assument leurs décisions, même si elles sont impopulaires. Publier les tarifs dans les délais fixés par la législation, c’est aussi faire preuve de respect envers les professionnels que nous sommes ! L’absence de décision est une fois de plus la preuve du peu de considération accordée à notre profession.

Quels sont les arbitrages ultimes qui retardent la publication des tarifs ? Une situation historique, inacceptable ! Si le gouvernement a le sens de la dramaturgie, nos banquiers ne l’ont pas du tout ! Oublié l’amour porté aux entreprises créatrices d’emplois, envolée la confiance témoignée aux entrepreneurs porteurs d’espoir pour notre pays. Comme nous l’a rappelé le Conseil d’État récemment, la ministre a les pleins pouvoirs sur nos tarifs… et leur publication, et elle s’en sert. Quand de mauvais chiffres économiques pour notre pays s’ajoutent aux précédents, les rangs se resserrent et chaque corporation use de tous les arguments même mensongers pour exister. Pourtant il n’y a qu’un algorithme qui vaille, celui du dépenser mieux et de façon équitable.

L’hospitalisation privée soigne très bien tous les Français pour un coût moindre : nous sommes LA solution. N’ayons de cesse de le rappeler et crions-le haut et fort le 15 mars prochain en manifestant aux côtés des praticiens libéraux !

Ségolène Benhamou
Présidente du syndicat national FHP-MCO

« Une évolution maîtrisée de l’augmentation des dépenses »
C’est en ces termes que la ministre de la Santé annonçait les économies attendues dans le secteur hospitalier. Les chiffres virevoltent et donnent la migraine à la FHF. Sur les 10 milliards d’euros d’économies prévues d’ici 2017 sur la sécurité sociale, 3 concernent directement le secteur public (860 millions sur la masse salariale, 1,2 milliards sur les achats, 450 millions sur les rapprochements d’hôpitaux, 400 millions sur le développement de l’ambulatoire et 600 millions sur la réduction des DMS). A la FHP-MCO, on a déjà une vraie gueule de bois : 125 millions d’euros (reprise du CICE), 83 millions (reprise du Pacte de responsabilité), ponction de nos tarifs de 1,75 % avant coefficient prudentiel (-0,35 %), 80 millions sur la chirurgie et 25 sur la dialyse.

Deux fois moins de GHM sont nécessaires aux cliniques (qu’aux hôpitaux) pour obtenir 50 % du CA
La FHF voit dans son travail d’analyse du PMSI les preuves que cliniques et hôpitaux publics ne soignent pas les mêmes patients. En médecine, 11 GHM sont nécessaires aux cliniques pour effectuer 50 % du CA contre respectivement 63 pour les ESPIC, 80 en CH, et 114 en CHU-CHR. En chirurgie, 43 GHM sont nécessaires aux cliniques pour obtenir 50 % du CA, contre 68 en CH, 74 pour les ESPIC et 95 en CHU-CHR. En obstétrique, 2 GHM suffisent à réaliser 50 % du CA des cliniques, ESPIC et des CH et 3 GHM en CHU-CHR. Lors du séminaire du conseil d’administration FHP-MCO en septembre dernier, le Dr Michèle Brami, médecin conseil à la FHP-MCO, présentait des travaux qui démontraient que l’hospitalisation privée accueille les mêmes patients que l’hôpital à capacité égale et à niveau d’autorisation comparable. C’est bien l’histoire et le régime des autorisations du système sanitaire (et souvent son application discriminatoire) qui induit une orientation des patients dans les structures.

Des services d’urgence privés très organisés
À partir des relevés effectués sur un jour d’activité en juin 2013, la DREES décrypte les 736 services d’urgences. 99 % des services d’urgences privés disposent d’un tableau de bord des lits disponibles en interne (vs 90 % en CH, 89 % en CHU-CHR et 86 % des ESPIC). Leur réactualisation est plus fréquente dans le secteur privé : 50 % au moins quatre fois par jour contre 30 % au global (80 % des services privés disposent de personnel dédié, contre 20 % pour le secteur public, CQFD). En revanche, les infirmiers d’accueil et d’orientation sont prioritairement présents en CHU-CHR (95 %) puis en clinique (71 %), en CH (66 %) et en ESPIC (64 %). Les médecins d’accueil et d’orientation sont présents dans 19 % des CHU-CHR, 6 % des cliniques, 12 % des CH et 7 % des ESPIC.

80 % des Français satisfaits de l’accès aux soins
Le droit à l’accès aux soins est bien appliqué en France selon 80 % des Français, apprend-on dans le dernier baromètre du CISS. L’organisation soutient le tiers payant généralisé : 25 % de Français ont renoncé à la consultation d’un médecin en raison de son coût, rappelle-t-elle. S’ajoutent 39 % qui déclarent avoir renoncé à consulter du fait de l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous assez proche de chez eux et dans un délai acceptable. Enfin, 1 Français sur 5 ignore les dispositions autour de la fin de vie, ou encore 10 % ignorent leur droit de voir leur douleur soulagée.

Les médecins toujours en rage
La longueur du cortège des manifestants dimanche 15 mars à Paris aura valeur de test notamment deux jours avant l’examen de la réforme par la commission des affaires sociales et à une semaine des élections départementales. A l’appel d’une cinquantaine d’organisations, les médecins seront a priori nombreux et organisés en trois parties : les internes et chefs de clinique devant et les seniorsen deux temps derrière. « Nous serons peut-être obligés de remettre le couvert.», a déclaré Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, préparant ses troupes à un marathon. Manuel Valls, quant à lui, soutient sa ministre : « Et je veux dire ici devant vous, pour ceux qui éventuellement s’inquièteraient, le soutien total du Premier ministre au texte de loi sur la santé que porte la ministre de la Santé, Marisol Touraine », a déclaré mardi le Premier ministre dans son discours de présentation de la nouvelle feuille de route du plan pauvreté du gouvernement.

Pour vos tablettes
Le montant de la dotation annuelle de financement des MIGAC s’élève à 6 298,4 millions d’euros pour l’année 2015, contre 6 139,7 millions d’euros en 2014 (+2.6%). L’ODMCO (objectif des dépenses d’assurance maladie commun aux activités de médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie) a été fixé pour 2015 à 50 518,4 millions d’euros, contre 49 444,1 en 2014 (+2.2%).


Ça brûle !
En décembre 2015, la France va accueillir à Paris et présider la 21e Conférence des parties de la convention-cadre des États Unis sur les changements climatiques (COP 21). C’est une échéance cruciale, devant aboutir à un nouvel accord-cadre international sur le climat, applicable à tous les pays, dont l’objectif est de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°c. C’est une grande opportunité pour le secteur sanitaire de faire connaître les bonnes pratiques pertinentes au regard de cette thématique que nombre d’entre vous ont mis en œuvre : mesures et réduction des consommations d’énergies, gestion des déchets, bilan de gaz à effet de serre, etc. La FHP-MCO et son partenaire le C2DS prévoient de largement communiquer sur vos projets, vos expériences, vos efforts, vos résultats. Nous vous invitons d’ores et déjà à vous manifester auprès de nous : thierry.bechu.mco@fhp.fr
Pour en savoir plus sur la campagne : www.twoforten.fr

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