Face à l’intox, apportons l’info !

« C’est la mort annoncée de la médecine libérale et c’est une bonne chose, parce que la médecine libérale est incompatible avec un système d’assurance maladie comme le nôtre ». Brigitte Dormont, économiste, professeur à Dauphine, une des architectes du projet de loi de santé, s’exprimait ainsi sur France Culture dimanche dernier. Cette position tranchée n’a rien d’accidentel pour cette intellectuelle influente au sein d’une douzaine de lieux de décision du monde sanitaire.

Pourtant, notre système de santé repose précisément sur la gratuité des soins (notre Sécurité sociale) et la liberté de choix. Et c’est la dualité hospitalisation publique / hospitalisation privée et médecine libérale qui permet cette liberté de choix, entretient une saine émulation entre les acteurs et garantit aux patients la meilleure qualité et sécurité des soins. Ce modèle dual est d’ailleurs plébiscité par les Français : 81 % d’entre eux pensent qu’il « peut servir de modèle à d’autres pays » ou encore 90 % sont satisfaits des soins prodigués par les médecins généralistes, selon le Baromètre d’opinion annuel que vient de publier la DREES.

Alors d’où vient cet acharnement à vouloir faire disparaître la médecine libérale ? Que notre système de santé ait besoin de réforme : oui. Que le paiement à l’acte ait besoin de compléments de rémunération adaptés aux nouvelles exigences de prise en charge des patients : oui. Que nous devions collectivement supporter un effort équitable : oui. Mais de là à supprimer une des composantes du système ! Le Conseil national de l’Ordre des médecins s’en est ému auprès de Marisol Touraine par tweet en demandant à la ministre de désavouer Brigitte Dormont.

Au-delà, l’hospitalisation privée souffre d’une surabondance d’ambassadeurs de l’hôpital public, intellectuels, mandarins, disposant de temps pour convaincre et d’entrées pour bénéficier d’auditoires. Des voix – peu nombreuses – s’expriment pour contrebalancer les débats avec des arguments solides et des perspectives différentes, il faut les soutenir. Si certains sont aveuglés par le dogmatisme, d’autres sont seulement ignorants de la réalité de notre système de santé. À nous d’en être les ambassadeurs auprès des intellectuels, des médias, des décideurs politiques et économiques, pour faire connaître et reconnaître notre secteur. Bref, face à l’intox apportons l’info factuelle afin d’éclairer des débats objectifs !

 

 

 

 

 

 

 

Ségolène Benhamou
Présidente du syndicat national FHP-MCO

Un bilan positif des contrats d’accès aux soins
Les CAS portent leurs fruits selon un premier bilan de l’Assurance maladie. Le taux de DP « baisse depuis 2012 et tout particulièrement en 2014 notamment sous l’effet conjugué des mesures de l’avenant 8 ». Les taux de DP des spécialistes passe de 27,7 % en 2012 à 23 % en 20214. Le taux d’actes au tarif opposable passe quant à lui de 46,2 % à 51,6 %. Les 8750 médecins qui avaient signé un CAS à fin 2013 ont reçu un versement en moyenne de 5500 euros. Soit une facture qui s’élève selon Le Monde à 30 millions d’euros. 310 nouveaux contrats ont été signés au premier trimestre 2015.

Le Trésor s’en mêle
La direction générale du Trésor a planché sur la refonte du régime de prise en charge à 100 % des ALD. Elle plaide pour « une réforme systémique plus ambitieuse régulant la dépense publique et le reste à charge à partir de paramètre à définir ». « Pas question de remettre en cause le dispositif des ALD », lui rétorque la ministre de la santé. Les soins en ALD représentent 63 % des dépenses de la branche maladie.

Deux bonnes idées commerciales…
… développées par l’hôpital ! La loi permet désormais aux CHU de développer leur offre d’expertise, de conseil et d’appui à l’international en créant notamment des filiales spécialisées. « La capacité d’exportation de l’expertise française », argument défendu par Emmanuel Macron a prévalu sur la critique d’une « logique d’hôpital-entreprise à l’étranger » portée par des parlementaires communistes.
L’hôpital de Créteil, avec l’appui de la start-up Happytal met en place une conciergerie nouvelle mode. Les patients commandent via une conciergerie installée dans le hall, via téléphone ou Internet, des services permettant de faciliter leur séjour : livraison de journaux, de fleurs, de repas en chambre, mais aussi organisation de garde d’enfants, lavage de linge, envoi d’un faire-part, etc.

Loi sur le renseignement : les médecins seront-ils une profession protégée ?
Le Conseil de l’ordre et l’UFML demandent à ce que la profession de médecin soit intégrée à la liste des professions bénéficiant d’un encadrement pour les écoutes administratives comme les avocats, les magistrats et les journalistes. Ce que recommande également la CNIL. Pour rappel, les dispositions spécifiques se justifient « par la nécessité de veiller à la conciliation du respect du secret attaché à l’exercice de certaines professions ». Les médecins sont déjà protégés par le secret médical, avancent certains députés quand d’autres demandent à ce que le secret médical soit inclus logiquement dans le dispositif.


Chauffage géothermique façon Shadok…
La deuxième étape de notre tour de France des pratiques vertueuses en amont de la Conférence sur le climat qui se tient à Paris fin novembre, nous entraîne à l’Hôpital privé Orléans Nord à Saran (45) qui couvre désormais 30 % de ses besoins de chauffage et 85 % de ses besoins de climatisation grâce à une pompe géothermique. En effet, lors de la construction, le choix a été fait de placer cette pompe couplée à une pompe à chaleur (thermo-frigo pompe) directement sur une nappe superficielle. Composée d’un évaporateur, d’un générateur à compresseur et d’un condensateur, cette pompe remplace la chaudière à fioul ou gaz traditionnelle et fonctionne un peu comme un réfrigérateur. Les nouveaux bâtiments (38 000 m2) qui regroupent trois cliniques, soit 500 lits, ont été conçus pour atteindre un niveau de performance équivalent au label Très haute performance énergétique et le projet s’inscrit dans une démarche HQE. Une initiative à saluer car le chauffage des bâtiments représente pas moins de 20 % des émissions de gaz à effet de serre à lui seul.

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