Dialogue de gestion ?

Les ARS ont reçu du Ministère la feuille de route du plan triennal d’économies et vont entamer leur « dialogue de gestion ». 3 milliards d’économies sont attendus des seuls établissements de santé autour de 4 axes : l’amélioration de leur gestion, le virage ambulatoire, le développement des génériques et l’amélioration de la pertinence des soins. Mais les ARS n’ont nul besoin de solliciter nos établissements qui sont engagés depuis de nombreuses années sur les thématiques qui les concernent.

Rappelons au préalable que l’hospitalisation privée a largement participé à l’effort collectif en 2015, bien au-delà de la baisse des tarifs de 0,65% commune aux secteurs public et privé. La reprise du CICE et du Pacte de responsabilité à hauteur de 1,5% de nos tarifs équivaut à une contribution de 135 millions d’euros. La surévaluation à 2% du volume prévisionnel de notre activité, alors que nous sommes encore en 2014 en sous-exécution de notre enveloppe, équivaut à une contribution de 100 millions d’euros. Ce sont 235 millions d’économies supplémentaires que l’Etat prendra aux cliniques en 2015.

Nous engager dans la chirurgie ambulatoire ? C’est déjà fait ! Mais un temps de transition est nécessaire pour permettre aux établissements de transformer leurs organisations et dégager une diminution de leurs charges. Dans un contexte social déjà tendu, les restructurations nécessitent de la pédagogie et donc un temps incompressible. Quant à nos bailleurs, ils ne diminueront pas nos loyers parce qu’une partie de nos locaux n’est plus utilisée. Si le montant des GHS continue à baisser ainsi, le virage ambulatoire se terminera dans le mur !

Nous engager sur le développement des génériques ? Nous ne sommes pas prescripteurs de médicaments ! Qu’il est plus facile à l’Etat de mettre la pression sur les directeurs d’établissement en transférant sur eux le soin de négocier avec les médecins, les laboratoires, demain les transporteurs, plutôt que de le faire lui-même. Refusons chaque fois que possible tout engagement pour autrui, car nous n’en avons pas la maîtrise et nous devons concentrer nos efforts sur la gestion de nos établissements, pas sur celle du budget de l’Assurance Maladie.

Nous engager sur la pertinence des soins ? Nous souscrivons bien sûr à toute démarche d’amélioration des pratiques, et la question de la pertinence est centrale dans la prise en charge médicale. Mais là encore, ce sont les médecins qui sont décisionnaires. Et pour influer sur leurs pratiques, il faudra que les arguments médicaux prévalent sur les arguments économiques. Nous aurons l’occasion d’échanger sur ce sujet majeur lors de la convention FHP-MCO des 23 et 24 juin prochains.

Ségolène Benhamou
Présidente du syndicat national FHP-MCO

L’ACTU SANTÉ

1er anniversaire de la salle Natura à Toulouse

Quand 29 départements français ne disposent plus de maternités privées, valoriser le travail des 152 maternités du secteur privé, qui prennent en charge 25 % de part de marché, est une nécessité. A la maternité de la clinique Sarrus-Teinturiers, les équipes sont heureuses et les mamans aussi !
Depuis quelques années, de plus en plus de mamans désirent accoucher le plus naturellement possible dans un cadre chaleureux et apaisant, tout en étant encadrées par des sages-femmes et accouchées par des gynécologues. « Nous avons ouvert en février 2014, NATURA, une salle d’accouchement physiologique, la première à Toulouse et l’une des premières en France. Cette ouverture est l’aboutissement d’un véritable projet médical mené par les obstétriciens, les anesthésistes, les pédiatres, les sages-femmes de l’établissement et libérales », déclare Christine Burguere, directrice du pôle mère-enfant. 84 mamans sur les 100 qui ont bénéficié de cette salle se sont rendues à ce premier anniversaire de NATURA. Le signe du succès !
A Toulouse, comme à Pau (Polyclinique de Navarre), à Bordeaux (Clinique Rive Gauche), ou d’autres villes, des cliniques proposent d’accoucher comme à la maison avec la sécurité d’un bloc obstétrical à proximité.

L’observatoire DD du secteur privé

La FHP s’engage en faveur de l’avenir de la planète et lance l’Observatoire de la performance développement durable pour les établissements de santé privés. Grâce à cet outil de diagnostic en ligne, il s’agira d’accompagner les établissements de santé privés dans leur démarche écoresponsable de transition énergétique et de réduction des déchets afin d’anticiper les évolutions réglementaires à l’horizon 2020.
Tout établissement ayant renseigné l’Observatoire pourra directement consulter une synthèse de ses données en ligne et recevra un rapport d’analyse accompagné de préconisations personnalisées, qui lui permettront d’engager un plan d’action, générateur d’économies.

16% des points d’urgence sont situés dans les cliniques

Le ministère envisage une évolution de certains services d’urgences à faible activité au cas par cas, a annoncé au congrès annuel des urgences, Felix Faucon, directeur adjoint de la DGOS. Par ailleurs, les résultats d’une enquête DREES 2013 sur les services d’urgences auprès de 730 établissements viennent de sortir : 78 % des points d’accueils des urgences sont situés dans un établissement public, 16 % dans une clinique et 6 % dans un ESPIC. La quasi-totalité des cliniques ne déclarent que des médecins urgentistes parmi leurs effectifs alors que la proportion est de 60 % dans le secteur public. Le pourcentage des cliniques privées ayant un tableau de bord des lits disponibles dans l’établissement et sur le territoire, du personnel dédié à l’inventaire des lits et à l’affectation d’un patient est nettement plus important dans les cliniques que dans les hôpitaux. (Source : Résultats de l’enquête nationale auprès des structures des urgences hospitalières 2013, dossiers Solidarité et Santé, DREES juin 2015).

E-CLINIC : LA SANTÉ CONNECTÉE

Informer et suivre nos patients

Les experts en « santé connectée » pointent une tendance de co-création entre les acteurs de la « big-tech » mais aussi des start-up, et les acteurs historiques de la santé dont l’hospitalisation privée pour produire des applications ou des objets connectés qui facilitent le séjour du patient ou tracent sa santé.
Le groupe Vitalia lançait en février dernier une application mobile permettant de délivrer aux patients de trois de ses cliniques des informations sur les prestations et d’assurer une assistance personnalisée. Dans un contexte de séjour en ambulatoire, les patients ont tout de même « besoin de contacts avec une autorité médicale ou paramédicale avant et après leur séjour et d’informations. Ils ont de plus la possibilité de créer un espace numérique personnel », déclare Xavier Boutin, directeur général adjoint. Une plateforme spécifique est aussi prévue pour les patients qui ont subi une intervention de chirurgie bariatrique et pour lesquels un suivi et des conseils sont indispensables en vue de la réussite du traitement.
A la Clinique St Augustin à Bordeaux (groupe Médipôle-Partenaires), direction, cardiologues et start up régionales travaillent à la conception d’un bracelet électronique offert à la sortie du patient pour suivre la santé cardiaque des patients opérés. Des premiers prototypes ont déjà été proposés aux praticiens. A suivre de très près…
A quand un « klinik award » comme en Allemagne qui récompense les meilleures applications santé des établissements ? A noter en France, les Trophées de la santé mobile qui récompensaient début 2015 des applications à l’attention du grand public (gérer son calendrier vaccinal, mesurer ses « bons » kilos, accompagner des patients souffrant d’arthrose au genou, etc.).
Le groupe expert « optimisation des organisations » de la FHP-MCO suit le dossier pour vous. Des crédits recherche sont accessibles aux établissements de santé privés. Quand vous lancez-vous ?

WAT’S UP ?

Juin est l’heure des bilans. Votre moral est dans les chaussettes ? Venez le regonfler à la Convention de la FHP-MCO les 23 et 24 juin 2015.

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