L’évaluation vaut pour tout le monde !

Lors de nos débats à la convention FHP-MCO de juin dernier, fusait l’idée d’évaluer nos ARS. Une proposition immédiatement adoptée et plébiscitée par l’auditoire. S’il est légitime que la tutelle évalue les établissements de santé, il l’est tout autant qu’elle soit elle-même évaluée. Partant de là, pourquoi n’apporterions-nous pas notre pierre à l’édifice ? Notre démarche vise à améliorer le fonctionnement des instances qui nous gouvernent, en s’assurant qu’elles respectent les règles qui garantissent la transparence du système de santé et l’équité de traitement entre tous les acteurs. En clair, il s’agit d’une démarche qualité lancée par les acteurs de soins eux-mêmes !

Les administrateurs de la FHP-MCO, réunis en séminaire stratégique jeudi et vendredi, ont entériné la mise en place d’un indicateur d’évaluation des ARS, avec deux axes de travail.

Le premier consistera à identifier des critères objectivables, sur la base d’éléments factuels et mesurables, en référence aux textes réglementaires et aux recommandations. Il balisera les différents champs des autorisations sanitaires, de la démocratie sanitaire, des allocations de ressources FIR-MIGAC et de la vie contractuelle.

Le second volet, plus subjectif, visera à recueillir l’évaluation, par les établissements de santé privés, de la qualité des relations avec leur agence.

Nous souhaitons mettre en place une démarche solide et espérons lancer le premier indicateur début 2016.

Lors de ce séminaire, vos administrateurs n’ont pas perdu de temps à refaire un constat déjà partagé sur le bilan 2015. Ils se sont attelés à l’élaboration de plans d’actions pour préparer la prochaine campagne tarifaire et les réformes à venir, et je les remercie pour leur participation active. Outre cet indicateur, d’autres actions syndicales ont été votées et nous vous en ferons rapidement un retour sous la forme d’une feuille de route.

Ségolène Benhamou
Présidente du syndicat national FHP-MCO

L’ACTU SANTÉ

Le projet de loi entre au Sénat

C’est aujourd’hui que démarre l’examen en plénière du projet de loi de santé. La commission des affaires sociales du Sénat a déjà allégé le projet en supprimant 50 articles. « Une réforme ne peut pas se faire contre une profession », déclare son président Gérard Larcher. Il rappelle que les marqueurs politiques du gouvernement comme la généralisation du tiers payant demeureront mais que 65 % des amendements du Sénat sont en règle générale retenus. Le vote solennel au Sénat est prévu le 6 octobre et en cas de désaccord en commission paritaire (7 députés et 7 sénateurs), le dernier mot revient aux députés. « La ministre de la Santé Marisol Touraine a un objectif, l’étatisation de la santé, et c’est pourquoi elle a fait l’unanimité des professionnels contre elle », déclarait le patron des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau à l’AFP.
Quid enfin de la tenue d’une grande conférence de santé début 2016, une fois la loi votée ?

PLFSS 2016, le rapport de la Cour des comptes attendu mercredi

La FHP-MCO analysera avec beaucoup d’attention le rapport annuel de la Cour des comptes publié chaque année en amont des travaux parlementaires du PLFSS. Parions que nous y trouverons de nouveaux arguments pour construire le lobbying auprès des parlementaires qui vont démarrer leurs travaux, rappelons-le, avec la contrainte d’un ONDAM à 1,75 % d’augmentation.

Orthoptistes & ophtalmos

La ministre de la Santé Marisol Touraine a déposé deux amendements à son projet de loi santé pour faciliter les prises de rendez-vous chez l’ophtalmologiste, qui varient de 60 à 111 jours en moyenne. Une démarche anticipée par la Clinique Mathilde à Rouen qui vient d’inaugurer dans sa toute nouvelle aile, 8 box d’orthoptistes afin d’optimiser le travail de ses ophtalmos.

Un « tripadvisor » de la santé

Hospitalidee.fr invite les patients à donner leur avis et leur ressenti après un séjour à l’hôpital ou en clinique, comme on le ferait pour un hôtel ou un restaurant. Bonne ou mauvaise idée, elle est lancée et l’outil existe ! Les garanties de modération avancées par le concepteur ne semblent pas être toujours respectées au final à la lecture des commentaires des premiers établissements concernés. La FHP-MCO appelle donc à une surveillance de la profession de ces nouveaux outils communautaires où le meilleur peut côtoyer le pire.

Cash investigation

A regarder ce soir sur France 2 à 23h Cash investigation : « Santé : la loi du marché ». La chaîne annonce « un an d’enquête dans les coulisses des hôpitaux publics et des laboratoires ». On en parlera sans doute demain devant les machines à café…

 

E-CLINIC

Une offre consolidée en télé-dialyse

Télé-consultations, télé-surveillance, télé-assistance, télé-expertise : de nombreux centres de dialyse se sont depuis quelques années lancés dans l’aventure de la prise en charge des séances de dialyse à distance, alors même qu’aucun acte de télémédecine ne peut être soumis à facturation.
La clinique Saint-Exupéry à Toulouse, qui gère neuf centres de dialyse distants, a été soutenue par l’ARS Midi-Pyrénées en 2013 pour expérimenter cette technologie dans un de ses nouveaux centres situé à Saint-Gaudens (31) et ouvert en 2014. Le centre distant, relié à la clinique par un réseau sécurisé haut débit, est équipé d’un chariot mobile autonome doté d‘un écran tactile et d‘une caméra IP haute définition pilotable à distance. Cette caméra permet de zoomer avec précision sur des parties du corps tout en gardant une très bonne qualité d’image, indispensable aux professionnels de santé. Les communications se font à l’aide d’un logiciel médical de visioconférence spécifique et le dossier patient informatisé permet de mettre à disposition toutes les données médicales du patient en temps réel. Le médecin peut, comme s’il était sur place, consulter et éventuellement modifier tous les traitements administrés au patient.
« Ce n’est pas la méthode qui est innovante », souligne Vincent Lacombe, directeur de la clinique, « de nombreux centres ont recours à la télé-dialyse, en revanche, ce qui est peut-être particulier chez nous, c’est le ‘package’ de services que nous proposons ». En effet, la télé-dialyse à la clinique Saint-Exupéry comprend, outre les télé-consultations, dont une séance par semaine doit être obligatoirement effectuée, un ensemble de services complémentaires, tels que la télé-assistance médicale et technique au personnel médical, la télé-maintenance des systèmes de traitements d’eau, la télé-surveillance des séances de dialyse et des générateurs de dialyse. « Pendant une séance de dialyse, avec l’assistance d’un spécialiste, nous pouvons ainsi agir ou faire agir à distance très rapidement, avec une plus grande pertinence. La sécurité prime avant tout », confie Fabien Espaze, responsable informatique.

La clinique Saint-Exupéry souhaite permettre aux patients télé-dialysés de pouvoir profiter d’autres services à distance : entretien avec l’assistante sociale, télé-éducation thérapeutique, suivi diététique, etc. Pour Vincent Lacombe, « en attendant une rémunération juste de ces actes, il est important de construire, brique après brique, un système de ‘télé-prise en charge’ le plus complet possible. Nos patients doivent bénéficier d’une offre de soins de proximité, de grande qualité et sécurité, qui permette de rompre l’isolement dont ils souffrent ».

 

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