Vers la culture du résultat ?

Les 132 pages de recommandations en direction du gouvernement que comprend le rapport Véran viennent de sortir. Une d’entre elles propose un véritable changement de paradigme : l’entrée dans l’ère des indicateurs cliniques de qualité fondés sur les résultats, une suite à l’étape déjà historique qui a généralisé le principe de la mesure de la qualité par des indicateurs de processus.

Répéter que le patient est au centre du système n’est pas suffisant. En effet, si son état est diagnostiqué au départ, l’amélioration ou la dégradation de sa santé à sa sortie n’est pas mesurée de manière organisée. C’est pourtant in fine l’unique point qui intéresse l’usager et le citoyen financeur du système sanitaire. Si le Ministère de la Santé reprend la balle au bond, ce changement exigera du temps et beaucoup de pragmatisme. La France accuse un important retard par rapport aux pays comparables en ce qui concerne les indicateurs de résultats. Ces derniers établissent et affichent des indicateurs de mortalité (globaux ou par pathologie), des indicateurs de réadmission, des indicateurs relatifs aux événements indésirables ou aux infections nosocomiales. Notre secteur doit accompagner cette approche.

Deux autres recommandations ont retenu notre attention. Tout d’abord celle d’un financement à l’épisode de soins pour les actes chirurgicaux lourds ou des soins médicaux aigus nécessitant une prise en charge en amont et en aval, impliquant des professionnels de ville et des professionnels des établissements de santé. Cette nouvelle approche a déjà fait son chemin dans les esprits : elle fait l’objet de travaux de la HAS et d’une demande d’un projet d’expérimentation de la part de la FHP-MCO. Enfin, la Commission Véran recommande de sortir tous les médicaments onéreux des GHS en cancérologie et de mettre ainsi fin au débat de la liste en sus.

Cette version finale du rapport était fort attendue, mais le calendrier électoral fige les travaux pour quelques mois encore. Nous espérons que la nouvelle équipe saura impulser une culture vertueuse du résultat.

Ségolène Benhamou

Elue Présidente de la FHP MCO en décembre 2014, Ségolène Benhamou est PDG de l’hôpital Privé Nord Parisien à Sarcelles qu’elle dirige depuis 2005. Elle est membre du Comex de la FHP. Passionnée par les questions santé, elle est impliquée dans la vie de plusieurs organisations, notamment Santé Cité. Elle défend l’équité de traitement et la transparence des décisions des tutelles.

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