Va-t-on vers une déshumanisation de la relation patient-médecin ?

Le dynamisme qu’apporte la santé connectée dans la modernisation des parcours de soin, le développement des startups et la meilleure observance des patients est bien réel. En France, 6 millions d’internautes ont déjà téléchargé une application de santé. Qu’ils cherchent à veiller sur leur santé au quotidien ou qu’ils soient des populations à risque, ces e-patients sont les forces vives de tous les progrès en matière de santé connectée. Doit-on craindre que la médecine s’effectuera sans médecin, mais uniquement avec l’usage de l’eSanté in fine ?

Les attentes des patients dans la recherche d’informations médicales

On peut estimer que la première phase de l’essor de la santé connectée réside dans la recherche d’informations médicales sur Internet où l’utilisateur peut se heurter à des données de santé invérifiées. L’optimisation de la recherche médicale sur le net est le premier jalon posé par l’e-santé.  Une étude menée conjointement par l’Observatoire Vidal et le CNOM a mis en perspective les récentes attentes des français. (1) Sur 436 patients atteints de maladies chroniques, 33 % d’entre eux aimeraient avoir les conseils d’un médecin pour être orientés sur les sites médicaux à utiliser.  Il en ressort d’abord que les patients voient dans la santé connectée une aide pour mieux vivre et le médecin doit toujours être le référent majeur. En effet, il est, dans ce sens, la pierre angulaire qui valide ou non la probité du contenu médical présent sur un site pour fournir la meilleure information au patient 2.0.
Selon la même étude, plus d’un malade chronique sur 2 souhaiterait l’aide d’un médecin pour naviguer dans l’e-santé.

Va-t-on vers une médecine sans médecin ?

On se dirige clairement vers une digitalisation du secteur médical à grande échelle pour mieux prendre en charge une patientèle toujours plus nombreuse et qui n’est pas forcément renseignée sur les usages des technologies d’information et de communication.
Afin d’automatiser la relation patient-médecin en intégrant progressivement les avancées technologiques, l’idée de tester un dossier médical partagé plus sécurisé est revenu à la surface. Une nouvelle phase expérimentale a été initiée en décembre dernier dans neuf départements. Il devrait être généralisé en 2019 si les tests s’avèrent concluants. (2)
Face à ces incertitudes du marché de la santé connectée, la réaction attendue doit idéalement provenir du médecin, selon Jacques Lucas, Vice-Président du CNOM. Selon lui, face au « tsunami numérique » que représentent les évolutions en e-santé, le professionnel de santé doit s’approprier ce domaine et l’intégrer en complément de son expertise. Cette intégration de la santé connectée dans le milieu médical dépendrait d’un référentiel de déontologie remis à jour et d’une possible labellisation des objets connectés. Cela permettrait à terme de former les internes et médecins de demain à de nouvelles pratiques.

Si le corps médical suit la tendance haussière de la santé connectée, sa relation avec ses patients évoluera tout en étant profitable pour tous les partis.

  1. http://esante.gouv.fr/en/node/4066
  2. https://www.quintonic.fr/bien-etre/magazine/sante/votre-dossier-medical-personnel-en-ligne

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