Un premier G20 dédié à la santé dans le monde

Les 19 et 20 mai derniers, le premier sommet des Ministères de la Santé a eu lieu dans le cadre d’un G20 spécialement dédié. C’est Angela Merkel qui a formulé la demande d’intégrer la santé dans le planning politique et d’interpeler l’ONU et l’OMS. Une nouvelle initiative qui est perçue comme nécessaire afin de faire le point sur les enjeux et tendances mondiales autour des risques sanitaires, pandémies ou catastrophes naturelles. C’est entre autres l’épidémie d’Ebola qui a lancé le premier signal d’un rassemblement et d’une coordination mondiale. La pandémie a en effet infecté 28 000 personnes et causé 11 000 décès. (1)

Un G20 santé pour renforcer la coopération internationale

En conséquence d’une propagation d’un virus non maîtrisé, jusqu’à 30 millions de personnes pourraient succomber à ladite pandémie. (2) Cela confirme la volonté de concerter les services de santé entre chaque pays. Pour la chancelière allemande, il convient de penser au global afin que la mauvaise santé d’un individu n’influe par sur celle des autres. Pour ne pas voir une nouvelle épidémie se répandre, la réponse sanitaire apportée doit être collégiale et non étatique. Il a été question de moderniser les systèmes sanitaires de chaque pays et de faire un focus sur les zones reculées et plus vulnérables. Par exemple, au Libéria, seulement 2 médecins pour 1000 habitants étaient disponibles au moment de la crise d’Ebola.

Profiter de l’expansion de l’e-santé pour apporter des réponses

Antoine Flahaut, directeur de l’Institut de la Santé Globale à Genève s’est exprimé quelques temps avant le G20 santé. Il apporte sa vision des choses et estime que les connaissances en médecine personnalisée et de l’e-santé doivent contribuer à résoudre les problématiques sociales et sanitaires. La Big Data en santé et toutes les technologies associées ont un rôle important dans l’identification des populations et zones à risques, pour une meilleure allocation des aides au développement. (3) Il cite 3 exemples évocateurs qui donnent du crédit à la santé connectée dans la résolution et la prévention de problèmes sanitaires :

  • La génomique pourrait permettre d’identifier plus rapidement les souches bactériennes en cas d’infection alimentaire.
  • Il est possible, par les surveillances satellites de limiter les risques d’inondation. De ce fait, on pourrait contenir les infections comme la fièvre de la vallée du Rift qui touche les animaux comme les hommes. (4)
  • L’usage des drones pour agir localement, apporter des vivres et sauver des vies.

Les pistes d’études explorées à l’occasion

Le premier rassemblement des grands ministères de la santé appartenant au G20 s’est donc effectué sous l’impulsion allemande. « Together Today for a Healthy Tommorow » : tel était le message-clé de cette entreprise. (5) Les politiques convoqués à ce sommet sont parvenus à trouver des débuts d’accords en soulignant des urgences à traiter. En effet, il en ressort que le département de la recherche et développement doit être davantage mis en valeur par les politiques publiques. Les acteurs du G20 ont reconnu qu’il fallait développer en priorité de nouvelles thérapies antimicrobiennes, vaccins et autres soins alternatifs afin de contenir les épidémies et surtout mieux les prévenir. L’exemple cité pour éclairer ces propos a été la tuberculose, dont le bacille contamine plus d’un tiers de la population mondiale. (6) La rapidité du diagnostic pour cette épidémie est un point essentiel soulevé par les représentants politiques de chaque pays.

Le sommet du G20 spécialisé dans la santé a été l’occasion de mettre en lumière la nécessité d’une meilleure coopération internationale. Agir sous le signe de la concertation mondiale permettra de mettre en œuvre des politiques sanitaires adaptées. Les deux leviers d’actions évoqués ont été notamment d’utiliser la technologie pour mieux prévenir les risques et les traiter et de miser sur une R&D plus importante pour encourager les progrès médicaux à grande échelle.

(1) https://www.letemps.ch/monde/2017/05/04/premier-g20-sante-berlin-but-renforcer-loms
(2) https://hbr.org/2017/03/the-world-is-completely-unprepared-for-a-global-pandemic
https://www.letemps.ch/images/video/sciences/antoine-flahault-sante-globale-va-beneficier-sante-personnalisee
(3) https://www.letemps.ch/images/video/sciences/antoine-flahault-sante-globale-va-beneficier-sante-personnalisee
(4) http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs207/fr/
(5) http://keionline.org/node/2781
(6) http://www.who.int/features/factfiles/tuberculosis/fr/

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